Philippe Vigier (UDI) veut réduire “la fracture médicale”, les députés disent “non”

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La gauche est-elle encore la gauche ou n’obéit-t-elle qu’à des lobbies, au hasard ceux de médecins. Philippe Vigier, le député d’Eure-et-Loir, président du groupe UDI, qui n’est pas catalogué comme un Trotskiste, a pourtant vu sa proposition de loi retoquée le 24 novembre dernier par la majorité socialiste de l’Assemblée. Que proposait Philippe Vigier, lui-même médecin?

vigier versailles

Tout simplement d’encadrer (un peu) l’installation des médecins. Quel sacrilège! Pourtant, sur tous les tons, nos politiques déplorent à longueur d’années et à juste titre, la désertification médicale. La région la plus touchée est d’ailleurs la région Centre-Val de Loire. Laissés libres de s’installer où bon leur semble, une bonne quantité de médecins, de spécialistes, vont s’exiler, les pauvres, sur la côte d’azur où le taux de médicalisation atteint des sommets. Et pendant ce temps-là dans les régions touchées, la collectivité finance des maisons médicales pour attirer le chaland médecin… avec l’argent du contribuable qui est aussi patient.

Déjà en 2012…

Pas question de toucher à la médecine dite “libérale” plaident les conservateurs sur tous les bancs du Parlement. Quelle médecine libérale lorsque le praticien n’est en réalité qu’un “employé ” de la Sécurité sociale et des mutuelles qui remboursent visites et prestations des patients? En réalité, il s’agit d’une médecine libre…de s’installer, mais non “libérale”. Où a t-on vu qu’un “employé” est libre de s’installer là où il en a envie, et non pas là où sont les besoins? 

Philippe Vigier

Philippe Vigier

Philippe Vigier proposait “pour garantir un accès au soin égal sur l’ensemble du territoire” différentes mesures pour réduire la “fracture médiale” de nos territoires. Sa précédente proposition avait été rejetée en 2012. Celle du 24 novembre a été retoquée à son tour par une majorité de députés, mais certains socialistes ont voté pour. Voilà pourtant une proposition qui “intéresse les Français”, mais réjouissons-nous, Marisol Touraine, la Ministre de la Santé, prépare une proposition incitative, car il convient d’inciter, pas des forcer les médecins. Valérie Corre, la seule députée PS du Loiret qui n’a pas voté la proposition,  “bien que favorable au principe d’obligation d’installation des médecins, considère que cela ne peut se faire au détour d’une proposition de loi. Cette réforme mérite un vrai débat avec les citoyens, les étudiants, les médecins, les syndicats, les hôpitaux,… tous les acteurs concernés par ce changement nécessaire”.

Et l’on s’étonnera encore lors des prochaines élections que les électeurs se tournent vers l’extrême-droite.

Ch.B

L’article consacré à ce dossier par le site Localtis,

site d’information des collectivités locales

” Le texte rejeté par l’Assemblée nationale ne cachait pas son approche très coercitive de la lutte contre les déserts médicaux. Pour Philippe Vigier, “les mesures prises jusqu’à présent sont insuffisantes pour répondre au défi majeur de l’accès équitable pour tous sur l’ensemble du territoire. Il faut apporter enfin une réponse à la fracture médicale qui s’aggrave dans notre pays. Dans cette perspective, une approche globale et un véritable pilotage de la démographie médicale sont nécessaires”.

Les mesures proposées par le texte sont en phase avec cet objectif : stage obligatoire de douze mois pour les internes dans une maison de santé pluridisciplinaire ou un hôpital local, mise en place d’internats régionaux au lieu de l’actuel examen national classant, affectation obligatoire dans une zone sous-dotée pour une durée d’au moins trois ans, autorisation d’installation délivrée par l’agence régionale de santé (ARS) pour les médecins, dentistes, sages-femmes, infirmiers libéraux…
Si l’Assemblée a finalement écarté la proposition de loi, cette approche très directive a cependant séduit nombre de députés, y compris de la majorité. Evoquant le débat récurrent entre incitation et contrainte, Catherine Lemorton, présidente (PS) de la commission des affaires sociales, a ainsi affirmé : “Nous avons donc choisi de continuer l’incitation. Dont acte. Nous ne serons peut-être même plus députés, les uns et les autres, quand le système sera forcé de changer, mais soyez certains que cela arrivera un jour. Et je dirai alors devant ma télé : ‘Bravo ! Nous aurions dû le faire avant’.”

Hausse globale de 6% pour le numerus clausus

Pour sa part, Marisol Touraine a vigoureusement défendu son choix d’une approche incitative. Après avoir rappelé les nombreuses mesures mises en place à ce titre depuis 2012 (voir nos articles ci-contre), la ministre des Affaires sociales et de la Santé a réaffirmé que “le gouvernement poursuit une ambition claire et assumée : inciter les jeunes médecins à s’installer dans les territoires sous-dotés”. Elle a également estimé que cette politique “commence à porter ses fruits” et doit être “poursuivie et amplifiée”.
Marisol Touraine est aussitôt passé des paroles aux actes, en annonçant l’augmentation, dès l’année prochaine, de 478 places du numerus clausus applicable à l’entrée en deuxième année d’études de médecine. Cette mesure – qui concernera 22 facultés de médecine – correspond à une hausse de 11% du numerus clausus sur les facultés concernées et de 6% sur l’ensemble des facultés de médecine. Elle intervient après une première hausse de 131 places sur dix facultés, décidée l’an dernier.
Les réactions à cette annonce ont été mitigées, même si tous les représentants des médecins se disent satisfaits du maintien de l’approche incitative. Outre les réserves des syndicats d’internes et d’étudiants en médecine – qui doutent des capacités des facultés concernées à absorber cette hausse dans de bonnes conditions -, l’interrogation porte sur l’impact d’une telle mesure, qui ne produira pas ses effets avant huit ou dix ans, compte tenu de la durée des études médicales.
Marisol Touraine a néanmoins affirmé son intention d’aller plus loin, en annonçant la prochaine mise en place “de nouvelles règles de zonage”. La ministre entend aussi traiter la question des médecins n’ayant pas soutenu leur thèse dans les temps et qui souhaitent cependant exercer la médecine. Par ailleurs, un bilan des mesures incitatives mises en place depuis 2012 devrait être présenté “dans les prochaines semaines”, tandis qu’une mission parlementaire sur la démographie médicale “permettra de faire un point, et le cas échéant d’aller plus loin”.”

Jean-Noël Escudié / PCA

 

Commentaires

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  1. Mesdames Corre et Touraine ont eu moins d’état d’âme pour voter inconditionnellement les lois El Khomery et Macron ! Elles ne méritent pas d’être réélues .

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