Blois : Un rendez-vous manqué…

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concert Roger Bouchard

Isabelle Flory et Nicolas Risler.

…et ce fut bien dommage, s’agissant de l’accueil d’Isabelle Flory et Nicolas Risler, les deux violonistes du Quatuor Arpeggione le 20 novembre, à l’Hôtel de France-et-de-Guise (Blois). Votre épistolier ne les avait pas revus depuis leur passage en quatuor dans le cadre du Festival des Douves à Onzain. Bonheur de les retrouver, de s’embrasser, de se congratuler. Puis on se met à compter les entrées : une dizaine au total. La publicité a-t-elle été bien organisée ? Les responsables assurent que oui, tant dans la presse écrite qu’à la radio locale… Il se peut aussi que le choix du lieu ait entretenu la confusion, certains auditeurs potentiels pensant qu’il s’agissait d’un concert privé.  Les absents ont eu tort, mais cela ne console pas : de tels artistes auraient mérité mieux !

Répertoire vaste rarement programmé

L’écriture pour deux violons sans basse a tenté des compositeurs à toutes les époques, y compris jusqu’à nos jours. Se lancer dans une fastidieuse énumération serait de peu d’intérêt. Quelques repères simplement : Boccherini, les frères Leclair, Telemann, Viotti pour les baroques et les classiques, Spohr chez les romantiques et, plus proches de nous, Prokofiev (sa Sonate op. 56 enregistrée par les Oïstrakh), Honegger (Sonatine), Bartok (dont un critique a pu dire qu’il est impossible d’entrer dans le monde des Quatuors si l’on n’a pas commencé par étudier les 44 Duos), Martinu, Ligeti… Il est curieux que les récitals pour cette formation qui demande peu de moyens et dispose d’un répertoire aussi vaste soient si rarement programmés. Il eût été d’autant plus dommage de manquer celui d’aujourd’hui.

Un arrière-goût d’inachevé ?

Intitulé Deux Violons en balade, le programme, assez mal documenté dans sa version imprimée, va nous faire parcourir une grande partie de l’Europe, mais pas seulement. Et précisément, c’est vers la Bolivie que nous portent nos premiers pas, avec deux Airs populaires contemporains. Retour chez nous avec deux mouvements de la Sonate op. 3 n°5 de Jean-Marie Leclair l’Aîné, suivi d’un Largo pour Violon seul de G. P. Telemann, puis deux mouvements  du Duo concertant du  Suédois Franz Berwald (1796-1868), puis la Sarabande tirée de la 4e Sonate pour Violon seul d’Eugène Ysaye (1937, dédiée à Fritz Kreisler). Passons en Hongrie avec des extraits des 44 Duos de Bartok et restons-y avec deux petites pièces de Ligeti. Un détour en Pologne  pour deux Etudes-caprices d’Henri Wieniawski (surnommé parfois le Chopin du violon, ce qui est bien excessif !) . Un crochet en Roumanie avec une Bagatelle de Scarlatescu.  Envolons-nous encore pour l’Amérique, du Nord cette fois, avec quelques brefs extraits du folklore conclus par un negro spiritual bien connu.
    
Tout cela est fort bien fait et très agréable, mais le saupoudrage laisse un arrière-goût d’inachevé et de frustrant. Il eût fallu ménager un vrai entr’acte et donner en entier dans chaque partie une vraie grande œuvre encadrée par quelques petites pièces. Il convient d’y réfléchir pour une autre fois, que nous espérons prochaine et, si possible, mieux annoncée.

Roger Bouchard.

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