Loir-et-Cher : la souffrance au travail des patrons de PME

Poids des responsabilités et des charges, surcharge de travail, stress intense, solitude dans la prise de décision, difficultés économiques constituent autant de motifs de stress pour les chefs de petites et moyennes entreprises (PME). Une conférence organisée par la CGPME de Loir-et-Cher le 29 novembre dernier à Chitenay a permis de mettre en lumière ce phénomène.

CGPME 41

Patrice Duceau (pull rouge) et le colonel de gendarmerie Eric Chuberre.

« La souffrance au travail et le burn out touchent aussi les chefs d’entreprise. Pas de moins de 18 suicides de chefs d’entreprise (dont 3 directeurs de banque) ont été recensés ces derniers mois dans la région (1). Face à cette terrible réalité, nous avons décidé de mettre en place une cellule de soutien psychologique pour les entrepreneurs en phase difficile. C’est Pierre Maino, ex-président de la CMA 41 (Chambre de métiers et de l’artisanat, Ndlr), qui va piloter ce nouvel outil qui bénéficiera du soutien du Conseil départemental », a annoncé Patrice Duceau, le patron de la CGPME de Loir-et-Cher.

S’accorder repos, et vacances

Lors de la rencontre à laquelle assistait une cinquantaine de membres et invités, Éliane Garnier – Bauvais, psychologue, a apporté son éclairage et tracé quelques voies de prévention. « Somatisation, apparition de troubles du comportement et d’addictions (alcool, tabac, drogues) constituent des signaux d’alerte.  Le paroxysme sera le suicide ou la mort par épuisement professionnel (karoschi) » a détaillé la professionnelle.

Si des bilans de santé réguliers, la mise en œuvre de nouvelles façons de travailler (cadre de travail moins rigide, nouvelles organisations, délégation, aide à la décision) ou encore la capacité de dire non permettent de prévenir le risque, la meilleure solution reste bien de savoir décrocher du travail. Les patrons doivent donc envisager plus de temps de repos et de loisir mais aussi s’accorder des vacances.  

Radicalisation dans les entreprises

Patrice Duceau.

Patrice Duceau.

« Il faut aussi communiquer pour ne pas rester seul face à ses problèmes », a insisté la professionnelle en conseillant de consulter quand les choses se dégradent au point que la personne est incapable de tracer une frontière entre vie professionnelle et vie privée.   

Autre sujet d’importance abordé lors de cette conférence notamment au travers le témoignage de Rodolphe Boulay, codirigeant de la Blanchisserie blésoise : l’émergence du fait religieux au sein des collectivités de travail.  « Cette réalité favorisant le recrutement existe en Loir-et-Cher. Récemment, nous avons été saisi par une grosse entreprise d’une situation de ce type. Pour lever le doute, il ne faut pas hésiter à nous solliciter pour signaler un signe de radicalisation d’autant que la démarche restera confidentielle », a exprimé le colonel Éric Chuberre, commandant du Groupement de Gendarmerie de Loir-et-Cher.
Stève Billaud, responsable de l’Unité territoriale 41 de la Direccte, a de son côté précisé qu’un cadre légal permet de traiter ces questions sous l’angle de l’hygiène et de la sécurité via des dispositions dans le règlement intérieur. « Un guide proposant 39 cas concrets est disponible auprès de nos services afin de vous outiller » a-t-il dit.

La soirée s’est conclue un peu plus positivement avec François Jacob, président du Blois Foot 41. « Malgré la présence de nombreuses communautés au sein du club, tout se passe plutôt bien. Nous avons cependant défini un cadre strict et précisé les valeurs du vivre ensemble auxquels chacun doit adhérer », a déclaré ce dirigeant qui est aussi chef d’entreprise à Blois.

Alexandre Bruynel.

(1) En l’absence de statistiques officielles, on estime cependant qu’un à deux chefs d’entreprises, et notamment des dirigeants de PME, artisans ou commerçants se donneraient la mort chaque jour.

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