Paris : les meilleures expos à voir

Avedon et la France

Le photographe américain Richard Avedon (1923-2004), ne s’est pas cantonné à la mode. Il a aussi photographié des orphelins du  Viêt Nam, des ouvriers de l’Amérique profonde et surtout les célébrités qui ont marqué le XXème siècle. Il se considérait d’ailleurs avant tout comme un portraitiste et c’est ce qu’il fut à en juger par le foisonnement de portraits qu’on lui doit. Ce qui le fascinait ? Rendre l’âme et la personnalité de ses modèles. Pour cela il cherchait  par tous les moyens à entrer en relation avec eux, quitte si besoin à inventer des scénarios pour les surprendre ou les bousculer.

Cela donne un Yannick Noah bondissant nu au milieu de nulle part ou un Daniel Cohn-Bendit qui ne sourit pas pour une fois, pour ne citer que quelques-unes des célébrités françaises exposées en grand format à la BNF qui a choisi de ne montrer que son travail réalisé dans l’Hexagone,  où il a séjourné à plusieurs reprises. La première fois, c’était dans les années 40, pour le magazine Harper’s Bazaar, pour lequel il a réalisé une série mode. Puis en 1968 il revient pour concevoir et mettre en page « Diary of a century », une monographie de Jacques Henri Lartigue, qu’il a largement contribué à faire connaître comme un artiste marquant du XXe siècle et dont il a découvert l’œuvre en 1963 au Moma de New York. En 1980, il est à nouveau à Paris pour Egoïste auquel il collabore pendant plusieurs années. Ses photographies, parues dans le magazine français sont souvent drôles, inattendues,  comme celles du bal Volpi à Venise, une série qui clôture l’exposition et met en scène le déclin du « vieux monde ».

« La France d’Avedon, vieux monde new-look » à la BNF François Mitterrand, quai François Mauriac, jusqu’au 26 février

Di Rosa, plus jamais seul

Hervé di Rosa est un homme éclectique, tout à la fois artiste, collectionneur et archiviste de son époque. On connaît le Miam, ce musée international des arts modestes qu’il a fondé à Sète en 2000. Une salle de la Maison rouge en retrace l’histoire en abrégé.

De quoi avoir une idée de ce travail démesuré qu’il mène depuis toujours: inventorier toutes les formes de productions plus ou moins artistiques, de l’artisanal à l’industriel, de l’autodidacte au savant, du supposé fou au prétendu primitif. Une collection fantastique qu’il a rassemblée au fil du temps et de ses voyages, en menant  depuis toujours un travail d’archiviste, de conservateur, de sociologue et d’ethnologue. Il y a là toutes sortes d’images et autres objets incongrus, dans des variétés et des quantités incroyables. Son idée ? Réunir ce qu’il appelle « une encyclopédie de formes » ? A côté la Maison rouge expose son travail, classé non par ordre chronologique, mais au gré d’une fantaisie à l’égal de celle de cet artiste infatigable et imprévisible qui a zigzagué toute sa vie entre périodes, styles et techniques différentes: de la sculpture monumentale en bois en passant par la figure comique en résine ou l’assemblage, pour ne citer que quelques-unes de ses expérimentations. On en ressort avec l’idée que la notion d’art n’a plus depuis longtemps de définition arrêtée. Et c’est justement de que veut affirmer ce diable de bonhomme.

« Plus jamais seul » à la Maison Rouge, 10 bd de la Bastille, du mercredi au dimanche à partir de 11h, jusqu’au 22 janvier 2017.

Tintin est au Grand Palais

Trente ans après avoir célébré Hugo Pratt, le Grand Palais abolit toute distinction entre – art majeur – et – art mineur – en convoquant sous  ses cimaises Georges Remi dit Hergé, gamin de Bruxelles et auteur, dessinateur, scénariste, peintre et collectionneur de génie.

Il y a là une flopée de planches originales, mais aussi les peintures et les photographies qu’il a collectionné avec passion en s’entourant de Warhol, Lichtenstein, Fontan, Dubuffet, etc. Ainsi que des interviews ou témoignages qui expliquent ses choix, ses hésitations, sa curiosité. Au passage, on apprend qu’il a mené en parallèle une brillante carrière de graphiste publicitaire ou comment la rencontre avec Tchang, un jeune étudiant chinois qui l’a initié à la culture de son pays est déterminante dans l’élaboration du Lotus bleu, considéré comme son premier chef d’œuvre, après quatre albums déjà parus. Avec 250 millions d’albums vendus dans le monde, dans une centaine de langues, et plus d’un million d’euros atteint par une double planche du Sceptre d’Ottokar récemment cédée en ventes publiques par le chanteur Renaud, le dessinateur belge peut se targuer d’avoir changé l’esthétique du XXe siècle.

Grand Palais. 3 avenue du Général Eisenhower, 75008 Paris. Jusqu’au 15 janvier 2017. www.grandpalais.fr  

Et aussi

⇒ Courez à la fondation Vuitton admirer la collection exceptionnelle que le Russe Sergueï Chtchoukine a achetée au début du XXe siècle, dont 22 Matisse, 29 Picasso, 12 Gauguin et 8 Cézanne. Sans parler des Courbet, Monet, Derain, etc. C’est époustouflant et  rare de voir autant de chefs d’œuvre réunis. Fondation Louis Vuitton, .

⇒ Et ne pas rater à  la BNF : « Lumières sur la ville ». Le Paris des années 50 vu en noir et blanc par Nicolas Yantchevsky, digne cadet inconnu de Brassaï. Jusqu’au 4 décembre 2016 à la galerie des donateurs de la BNF.

Bénédicte de Valicourt   

Commentaires

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  1. Je vais – bien entendu – courir à la BNF voir “Lumières sur la ville”.
    Ah ! Dommage ! C’est fini depuis deux jours !

  2. et aussi et pour qqs temps encore:
    -L’esprit du Bauhaus – du 19 octobre 2016 au 26 février 2017 .www.lesartsdecoratifs.fr
    -Le Grand Orchestre des Animaux du 2 juillet 2016 au 8 janvier 2017 à la fondation Cartier

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