Loiret: petits meurtres à droite entre frères et Cousin

Rien n’est jamais simple au centre droit de l’échiquier politique. Avec la percée d’Emmanuel Macron et le vrai-faux congrès de l’UDI du dernier week-end, les choses ne vont pas aller en s’arrangeant. A droite, ce n’est pas limpide non plus et la victoire de François Fillon à la primaire n’a pas fait  bouger les lignes, bien au contraire.

Thierry Cousin, lors d'un meeting à Saint-Pryvé-Saint-Mesmin, en faveur de Nicolas Sarkozy.

Thierry Cousin, lors d’un meeting à Saint-Pryvé-Saint-Mesmin, en faveur de Nicolas Sarkozy.

En jeu, les investitures aux législatives. Avant le dénouement en faveur du député de Paris, la désignation par la CNI (Commission nationale d’Investiture) de LR en juin, alors présidée par le très sarkozyste Christian Estrosi, avait fait grincer des dents sur la 1ère du Loiret. Charles-Eric Lemaignen, le patron de l’agglo, a été investi pour s’y présenter en lieu et place d’Olivier Carré (LR), le sortant qui lui laisse sa place. Un maire d’Orléans destiné à présider la métropole en juin 2017 et qui ne pourrait pas cumuler.

Les “magouilles” dénoncées dans le camp Cousin

Un échange de bon procédé et de bonne manière qui n’a pas plu à tout le monde. « Magouilles » ont estimé certains en interne à LR dans la mesure où Charles-Eric Lemaignen, dont la compétence n’est pas en cause, s’était présenté en 2012 sur la sixième. Où  il avait été battu par Valérie Corre (PS)…A cause de l’UDI.

Thierry Cusin ici avec Stéphane Fautrat.

Thierry Cusin ici avec Stéphane Fautrat.

S’il  est un élu LR qui crie au scandale, c’est bien Thierry Cousin, le maire LR de Saint-Pryvé-Saint-Mesmin qui revendique haut et fort la priorité et affirme qu’il ira à l’élection quoi qu’il arrive. Investiture ou pas.  Et Jean-Pierre Door, le président du Loiret du mouvement a beau dire que « ca va s’arranger », le maire de Saint-Pryvé ,issu lui de la première circonscription estime que Charles-Eric Lemaignen n’est pas « légitime ».

Guy Lemaignen dans le camp d’en face

Depuis les primaires, Thierry Cousin a deux arguments supplémentaires. L’un est d’essence familiale. Le propre frère de Charles-Eric Lemaignen, l’avocat Guy Lemaignen, bien connu au barreau d’Orléans, soutient publiquement Thierry Cousin et a même accepté de présider son Comité de soutien, comme il l’avait fait lors des dernières municipales. Guy Lemaignen s’est affiché régulièrement aux réunions des partisans de François Fillon, par deux fois dans la salle des fêtes de Saint-Pryvé où Thierry Cousin était à la tribune aux côté de la députés Marianne Dubois, d’Antoine Carré (encore la famille!) et du sénateur Jean-Noël Cardoux, tous fillonistes. La victoire de François Fillon est donc une bonne nouvelle pour Thierry Cousin. Pour l’instant le candidat de la droite et du centre, après avoir nommé ses proches à la CNI comme co-président (Alain Marleix et Jean-François Lamour), n’a pas encore touché aux investitures.

Jean Arthuis parti chez …Macron

Stéphane Fautrat poursuit sa campagne, ici avec

Stéphane Fautrat poursuit sa campagne, ici avec Karine Charbonnier.

Sur les 577 circonscriptions, 473 ont été réservées à des candidats LR (six dans le Loiret) et 25 aux députés UDI sortants. 79 restent à attribuer. Ce schéma est-il figé ? Sur la sixième du Loiret, Alexandrine Leclerc brigue l’investiture accordée à Stéphane Fautrat, Sarkozyste (mais rallié à François Fillon). Or, la vice-présidente départementale (et adjointe au maire d’Orléans) encartée UDI, l’est à travers l’Alliance centriste de Jean Arthuis et avait soutenu successivement NKM et Alain Juppé à la primaire. Or, Jean Arthuis, l’ancien ministre des Fiances, a annoncé son                                                                                                                                               soutien à…Emmanuel Macron.

Que va faire Lagarde?

Aujourd’hui l’UDI sert-elle à autre chose qu’à faire élire des candidats du centre droit qui n’auraient pas d’investiture avec une casquette LR? Reste que François Fillon s’il veut gagner la Présidentielle aura besoin d’un électorat de ce bord de l’échiquier. Localement, l’UDI s’était rangé à une écrasante majorité derrière Alain Juppé comme Jean-Christophe Lagarde, le président. Selon l’ultimatum lancé par Maurice Leroy (Loir-et-Cher) et Hervé Morin (Eure) dimanche dernier, avec la transformation du Nouveau centre en « Les Centristes » (ce qui rebat fondamentalement les cartes, on en conviendra !), un énième avertissement a été lancé à Jean-Christophe Lagarde de choisir l’alliance avec LR et François Fillon. Lagarde rejoindra t-il Macron et ses troupes avec lui? Encore une fois Emmanuel Macron risque bien de brouiller les cartes au centre et accélérer l’implosions de l’UDI.

Ch.B

 

 

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