Football Champagne, Orléans-Reims 2-2

 

 

Il y a soixante ans, au moment où la Quatrième République se mourait, des rives du Mékong à la baie d’Alger, en des combats douteux, le Stade de Reims brillait en un football champagne, forcément champagne, sur les terrains d’Europe et de Navarre, face au Real Madrid et au Racing.

Le but d'Aholou qui redonne espoir à l''USO.

Le but d’Aholou qui redonne espoir à l”USO.

Jeu à la nantaise

Relégués de ligue 1 depuis cet été, les Champenois, désormais entraînés par un spécialiste de la remontée et de l’ascenseur, le Nantais Der Zakarian, arrivaient chez la lanterne rouge orléanaise sans leur capitaine Weber, suspendu, et privés de leur tumultueux défenseur, adepte de la batte de baseball comme outil de règlement des différends conjugaux, ce mauvais Conte à ne pas dormir debout.

Quant aux Orléanais, aussi généreux que maladroits devant le but adverse depuis des lustres, ils avaient bénéficié dans la semaine des conseils avisés d’une autre gloire du jeu à la nantaise, Raynald Pedros, ex-mousquetaire du jeu à une touche de balle incarné par l’emblématique Coco Suaudeau, continuateur à la Beaujoire du beau jeu à la José Arribas, bien avant qu’il quittât l’âme nantaise.

 

La bûche ou le sapin. US Metro-pole

Armand égalise sur pénalty.

Armand égalise sur pénalty.

Match de gala sous la brume, match couperet avant Réveillon, avec honneur de la retransmission, tout cela justifie bien de jouer décalé, d’oublier que cela va “comme un lundi” pour repartir du bon pied plutôt que de s’y tirer une balle. Moins dramatique qu’à la Toussaint 1954, le choix n’est plus entre la valise et le cercueil, mais entre la bûche et le sapin, le renoncement à la Francois Hollande ou le sursaut au risque de s’égosiller comme à une fin de meeting d’Emmanuel Macron.

A l’heure où ses élus ferraillent à l’Assemblée nationale pour arracher le statut de métropole, bien plus attrayant que celui de simple communauté urbaine, les footballeurs orléanais tentent, comme leurs homologues du Tours FC, embourbés dans les bas fonds des rives du Cher, de sauver les meubles avant la trêve des confiseurs. Car en France, sauf dérive de droit commun à la Conte, pas de Boxing day, cette délicieuse spécialité anglaise bien plus digeste que le pudding : le match en plein coeur des fêtes de fin d’année. De ce côté de la Manche – je ne parle pas de l’état des finances de Mme Lagarde éclaboussée par un arbitrage à la maison, dans un match joué sur Tapie vert – tout juste un petit tour de coupe de la ligue à se mettre sous la dent avant Noël.

 

Biscuits de Reims

img_0003Un premier corner dès la première minute, mais Sami reprend au-dessus, avant une réplique immédiate des Rémois. A la 10e une belle frappe d’Armand est détournée en corner, mais celui-ci ne donne rien. Un coup franc rémois sur une faute de Houla provoque une tête à bout portant, stoppée sur sa ligne par Sissoko à la 12e. Sur son dégagement, Armand mène le contre qui manque de peu le cadre. A la 20e, après un avertissement sans frais sanctionnant Houla, les Orléanais se font peur tout seuls avec une série de ratés dignes d’un Bêtisier de Noël, mais c’est à nouveau Armand qui se signale par un tir lointain mais cadré à la 22e, peu avant un but logiquement refusé pour hors-jeu de Houla.

Mais alors que Sami joue juste, Bouby pratique davantage le gagne-terrain que le foot, comme le lui signalent, très guêpins, les drouguis.

La sortie d’un blessé rémois casse le rythme, avant que la mi-temps ne se termine sur les chapeaux de roue en une série de contres rondement menés de part et d’autre, dont un dans le temps additionnel conclu par un tir sans gros danger de Bareto, avant un sauvetage de Chemin, placide et central tel Peillon.

 

Bulles et pétillements. Le double sacre de Reims.

 

La 2e mi-temps recommence sur le même tempo avec un coup franc dangereux des Rémois à la 47e avant un déboulé d’Armand, mais le public de La Source est douché et prend le Bouillon avec le but de Charbonnier, le remplaçant, à la 50e. Les 3 900 spectateurs -certes quatre fois moins nombreux qu’à un meeting de Macron – sont réduits au silence, d’autant que l’arbitre refuse obstinément de voir une main dans la surface rémoise une minute plus tard. Orléans pousse fort, mais tire peu. Seidou est transparent, Nabab inefficace. Seuls Bareto, Armand et Aholou tentent de secouer la defense rémoise. Pire, à la 55e, sur un corner à priori anodin, Sissoko se troue et encaisse une beau but de la tête de Peuget pour le 2-0 qui semble plier le match.

 

Une équipe à réaction. Coaching gagnant.

 

Olivier Frapolli , l’entraîneur de l'USO.

Olivier Frapolli , l’entraîneur de l’USO.

Sur le renvoi, Nabab rate son un contre un, et Bouby tire à côté. Pourtant, à la 69e, alors que le public se résigne déjà à la défaite annoncée, Aholou d’une belle tête redonne espoir à l’USO, qui réduit la marque à 1-2.

Une minute plus tard, un coup franc à nouveau tiré par Bouby donne un corner, avant la rentrée de Ziani. Un placage au sol manifeste provoque le penalty, Armand le transforme à contre-pied : 2-2 !

A la 78e Armand a même la balle du 3-2, mais le gardien s’interpose, avant une spectaculaire cravate de Traoré sur Ziani. Attila (Turan) rentre, mais Saint-Aignan veille dans le match des villes cathédrales : les esprits s’échauffent, les cartons pleuvent, et Nabab sort enfin au profit d’Ayari à la 87e. Armand a encore une occasion aux 18 m. Bouby cherche et trouve la faute le long de la touche pour un dernier coup franc à la 89e, mais les Orléanais gâchent par une faute.

Le temps additionnel ne donne rien, for l’honneur : rien n’est perdu, la dernière place est même abandonnée, les matchs retours seront rudes, mais la fin de saison passionnante. Et pourquoi pas jusqu’à un barrage ? Il resterait encore à expérimenter une solution : pour sauver Tours et Orleans, faire comme pour la liste des métropoles, proposer un amendement qui ferait passer la Ligue 2 à 22 clubs.

Paul Jozet

Stade de la Source, temps froid pelouse humide,3 902 spectateurs, arbitre  Eric Wattelier. Buts pour l’US Orléans, Ahilou 69 ème, Armand sur pénalty 75 ème. Pour Reims, Charbonnnier 47 ème et Peuget, 55 ème. 

Orléans: Sissoko,Sami,Pinaud,Seidou,Chemin,Barreto,Ahiolou,Houla,Bouby,Armand,Nabab, Delclos, Ziani.

Reims: Carrasso,Amiot,Bouhours,Traore,Disasi,Rigonato,Berthier,Peuget,Rodriguez,Kyei,Siebatcheu,Charbonnier.

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