Cazeneuve en défenseur de la Sécu et des fonctionnaires, Fillon en prend pour son grade

Le Premier ministre promis au bail le plus court accordé à Matignon était attendu ce mardi après-midi, à l’Assemblée nationale pour son discours de politique générale. Les députés n’ont pas été déçus : Bernard Cazeneuve leur  a délivré en 45 minutes la harangue avant le combat d’un  général  à ses troupes.

François Hollande et Bernard Cazeneuve

François Hollande et Bernard Cazeneuve

Assuré du soutien de la quasi-totalité des socialistes qui, en remplacement de Bruno Leroux venaient d’élire leur président de groupe, Olivier Faure, député de Seine-et-Marne, l’ex de la place Beauvau  s’en est pris sans détour au candidat investi par la droite.

François Fillon

François Fillon

Dès les premières minutes de son allocution, le nouveau chef du gouvernement a attaqué le programme de François Fillon sans jamais le nommer, à commencer par son projet controversé de  réforme de l’assurance maladie : « Certains se situent dans une perspective de déremboursement, mon gouvernement agira inlassablement pour renforcer les droits des citoyens à se faire soigner », a-t-il lancé, sur de son effet car l’homme de la Sarthe est attaqué sur ce sujet dans son propre camp au point d’être obligé de retirer cette proposition de son site ce qui a provoqué l’ironie de la ministre de la Santé. Marisol Touraine a twitté « Souvent Fillon varie, bien fol qui s’y fie ».

Ce n’était qu’un début. A suivi la suppression de 500 000 fonctionnaires : « Proposer de supprimer des centaines de milliers de postes de fonctionnaires en quelques mois, c’est remettre tout simplement en cause la capacité de l’État à assumer ses missions les plus élémentaires. C’est condamner l’État à assurer la sécurité avec moins de policiers »,  a taclé l’ancien ministre de l’Intérieur. « On peut réformer sans abîmer, on peut moderniser sans détruire », a-t-il enfin assuré, patelin. Sur son banc, François Fillon s’est contenté d’un léger sourire.

“Conforter notre pacte républicain”

cazeneuveSous des sarcasmes réguliers de la droite,  à 130 jours du premier tour de la présidentielle et deux mois et demi de la fin de la session parlementaire, Bernard Cazeneuve s’est placé dans les pas des « réformes engagées par les gouvernements de Jean-Marc Ayrault  qui, à la même heure dupliquait le discours à la tribune du sénat et de Manuel Valls, son prédécesseur. « Je me présente devant vous aujourd’hui avec un engagement, celui de faire de chaque journée une journée utile à notre pays», de contribuer « au confortement de notre pacte républicain » et «placer au coeur de mon action la notion de respect», a-t-il lancé  du haut de la  tribune. Devant un hémicycle pas totalement rempli, invoquant Mendès-France et Jaurès, le chef du gouvernement a exalté le « courage et le sang-froid » du pays face au terrorisme, une « société vivante et solidaire très différente du portrait désabusé qu’en font les polémistes et les prophètes du déclin ».

Après avoir  dénoncé les « innombrables atrocités » et « massacres » du régime syrien contre des civils à Alep «avec l’appui » de la Russie, qui peuvent constituer des «crimes de guerre voire des crimes contre l’humanité», le locataire de Matignon a souhaité que la campagne présidentielle permette des «débats de fond» et éclaire les « différences de conception ». D’ici là, « je vous propose de nous consacrer aux grandes causes. Et il n’en est pas de plus grande que de servir notre pays », a-t-il conclu, salué par une longue ovation debout de la majorité.

En réponse le chef de file des députés LR, Christian Jacob a dressé « le réquisitoire d’un «quinquennat qui ne mérite aucune oraison », et lui a prédit « la confiance rétrécie d’une Assemblée de gauche qui attend (…) sa chute ». Les députés  UDI n’ont pas été en reste. Ils ne veulent pas « servir de roue de secours dans les cinq derniers mois », selon leur président Philippe Vigier, élu d’Eure-et-Loir.

F.C.

 

 

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  1. C’est bien connu que la France ne fait que des frappes chirurgicales et millimétrées, en ne visant que des camps d’entraînement et des dépôts de munitions. Méfiance Monsieur Cazeneuve, quand vous parlez de crimes de guerre ou contre l’humanité, cela pourrait bien un jour vous revenir en pleine figure, que ce soit au Proche-Orient ou en Afrique.

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