Loir-et-Cher : trois entreprises innovantes sur le devant de la scène

Qu’ont en commun la fabrication d’implants pour cage thoracique, des cellules en céramique pour piles à combustible et des petits pots pour bébé bio et frais ? D’être produits par des entreprises qui, un jour, ont pris leur courage à deux mains pour innover. Avec l’aide de la Région.

Innovantes entreprises
Les soirées des entrepreneurs innovants se poursuivent en région Centre-Val de Loire. Mardi 13 décembre, c’était à Blois au Château royal – et sous le portrait de Gaston duc d’Orléans, comte de Blois et seigneur de Montargis – d’accueillir trois d’entre elles qui ont bénéficié d’aides régionales dans leurs projets de développement par l’innovation. La Région Centre-Val de Loire met 20 M€ sur le tapis pour aider les entreprises qui en font la demande à innover, dans des projets souvent lourds à porter seules.

implants sternums

Un des implants pour cage thoracique de Neuro France Implants.

 Neuro France Implants met au point et fabrique à La Ville-aux-Clercs des implants pour cage thoracique. En clair : des sternums sur mesure pour le domaine médical. Patrice Moreau et Karin Wormer, leurs 22 salariés dont 3 ingénieurs en R&D (Recherche et développement) ont mis au point – et breveté – ces implants. « Il faut breveter pour protéger notre savoir-faire », explique le chef d’entreprise vendômois au 1,8 M€ de chiffre d’affaires. « Bon nombre de nos idées se retrouvent rachetées par les américains faute de brevets déposés à temps. Une idée : un brevet ! ».

Sans aide, difficile d’entreprendre et d’innover

innovantes entreprises

(de g. à d.) S. Frachet, F. Pacreau, A. Bégou, P. Moreau, sous l’œil de Gaston d’Orléans.

Francis Pacreau, dirigeant de l’entreprise SRT Micromécanique à Vendôme, a un jour reçu des membres du CEA (Centre de l’énergie atomique) Le Ripault à Monts, près de Tours. Ils avaient entendu dire qu’il utilisait des composants en céramique et s’intéressaient de près au développement d’une innovation qu’il mettait au point : des cellules en céramiques pour piles à combustible. Des compétences rares. « Le projet est de pouvoir ensuite transformer de l’hydrogène en électricité et de l’électricité en hydrogène ». Un projet de développement et d’innovation à 800.000 € que l’entreprise – 17 salariés pour 2,2 M€ de CA – ne pouvait supporter seule, sans l’aide d’institutionnels. « Dont 45 % par la Région » précise Francis Pacreau.

“Comme des papas” : comme des grands

Des petits pots pour bébé composé de produits frais, de saison et 100 % bio, livrés en 24 heures partout en France ? Avec Arthur Bégou, l’un des trois dirigeants de « Comme des papas », c’est possible et l’entreprise, qui a poussé son premier cri en février 2015 dans l’incubateur Food Val de Loire à Contres emploi désormais 6 salariés pour un chiffre d’affaire de 250.000 €. C’est encore maigre, mais le projet se développe, quasi exclusivement sur le net, « où nous voulons être les leaders du marché, car le commerce de produits frais et alimentaire sur le web est en plein développement c’est là où la croissance est la plus forte », s’enthousiasme-t-il. Pas tentés par les hypermarchés, les garçons de « Comme des papas » ? « Nous sommes très demandés, ils aiment le caractère innovant, marketing etc. Mais nous ne souhaitons pas trop y aller pour ne pas nous faire déposséder de notre produit. Notre priorité, c’est le 100 % Internet, être la référence qualité en produits bébé ». Après une première levée de fonds initiale de 200.000 €, Arthur Bégou, Clément Girault et Edouard Ampuy sont à la recherche de 500.000 € supplémentaires pour continuer leur innovation marketing. Les livraisons sont assurées par un système de glaciaires embarquées – Chronofresh-Chronopost – transitant par des hub frigorifiques récemment développés et disséminés un peu partout en France. « Comme des papas » souhaite couvrir l’ensemble de la gamme alimentaire bébé, avant peut-être de passer… au marché des personnes âgées. L’innovation, c’est aussi avoir de la suite dans les idées.

F.Sabourin.

 La question que tout le monde se pose : les jeunes dirigeants d’entreprise peuvent-ils en vivre ? (ou faut-il aimer les régimes secs quand on créé son entreprise ?)
 
Les trois créateurs de « Comme des papas » Arthur Bégou, Clément Girault et Edouard Ampuy ont créé leur entreprise à 22 ans, en sortant de l’Ecole supérieure internationale de Savignac, en Dordogne. Une école portée par la CCI locale forme des cadres dans les métiers de l’hôtellerie-restauration, du tourisme, des loisirs et de l’évènementiel. Les trois jeunes dirigeants, après un premier tour de table, ne pouvaient mettre que 30.000 €. « On nous a rapidement fait comprendre que c’était plutôt 200 à 300.000 € qu’il fallait sortir », explique Arthur Bégou. Une première levée de fonds a donc été opérée. Mais les débuts de l’activité – comme toute entreprise – sont très coûteuses et il faut débourser sans cesse pour lancer le produit. « On peut bénéficier du RSA complémentaire, des aides à la création d’entreprise, mais on a énormément de frais, au début quand on lance son entreprise, on se déplace beaucoup, c’est coûteux ». Soutenus à la fois matériellement et stratégiquement par l’incubateur Food Val de Loire de Contres, les trois jeunes dirigeants arrivent-ils à vivre de leur entreprise ? « C’est une question qu’on nous pose souvent. En deux ans, nous ne sommes arrivés à nous verser que 500 € par mois, ce qui est faible. Heureusement nos familles nous aident car sans ça en effet on n’y arriverait pas. C’est un vrai problème et je n’ai malheureusement pas la solution » avoue-t-il. Est-ce que ça ne dissuade pas certains potentiels entrepreneurs de se lancer, qu’ils soient jeunes ou moins jeunes ? « Sûrement, et à moins en effet d’avoir bénéficié d’une prime de départ d’une entreprise pour d’ex salariés, ou se faire aider par sa famille ou des amis, on voit mal comment s’y prendre en effet ».

Une innovation à suggérer à “d’innovants entrepreneurs”, dans le secteur bancaire par exemple (entre autres) ?

 

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