Orléans-Tours: deux “sœurs jumelles” au-delà du périphérique…parisien

C’est seulement en fin de journée que la poignée de députés présents est enfin sortie du périphérique. Périphérique parisien s’entend. Puis qu’une fois à l’intérieur de la capitale, il n’existe plus qu’”un” métro, “un” Zénith, “un” périphérique…et  qu’”une” métropole, centre du monde…

Serge Grouard (LR) à la tribune de l'Assemblée mercredi.

Serge Grouard (LR) à la tribune de l’Assemblée mercredi.

Justement, le projet de loi sur le statut du Grand Paris a daigné accrocher à son article 41 la création de nouvelles métropoles dont Orléans et Tours. Retardée par la déclaration de politique générale du nouveau Premier ministre Bernard Cazeneuve mardi et sur l’état d’urgence, le débat sur cette dernière réforme d’aménagement du territoire du quinquennat de François Hollande avait été repoussé à mercredi soir, après les questions d’actualité. Quant à l’article 41, il était dans un premier temps prévu dans la nuit mais devra probablement attendre jeudi pour être discuté. Avant que l’équipe de la région Centre ne descende sur le terrain parlementaire avec à l’aile gauche Jean-Patrick Gilles (PS-Indre-et-Loire) et à l’aile droite Serge Grouard (LR Loiret), qui ont tous les deux tiré dans le même sens, le débat général sur le statut de Paris s’est, à l’inverse, déroulé sur le clivage traditionnel rive-droite rive-gauche.

Une réforme “électoraliste et politicienne”

Tour à tour, Nathalie Kociusko-Morizet, Claude Goasguen et Pierre Lellouche, en l’absence d’un autre député de Paris François Fillon,sans doute absorbé par d’autres chantiers, ont taillé en pièces cette réforme, selon la droite, « électoraliste et politicienne ». Et tous de pointer le doigt en direction de la maire de Paris, Anne Hidalgo qui, cela tombait bien, toute de noir vêtue, assistait au débat depuis les tribunes. 

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Anne Hidalgo, attentive au débat sur Paris et son statut.

Pour la majorité, la députée du 12 ème arrondissement, Sandrine Mazetie (PS), a renvoyé l’opposition à l’époque Tibéri et plaidé: « c’est une clarification des compétences entre la mairie centrale et les mairies d’arrondissement ». A l’heure où Pierre Lellouche,(LR) dont la démonstration a tranché par sa clarté, s’exprimait, Anne Hidalgo quittait les tribunes.  « Après 16 ans d’administration socialiste, les impôts ont augmenté de 25% et 16 000 fonctionnaire de plus ont été embauchés », a t-il lancé. Après avoir porté le fer sur les voies sur berges interdites aux voitures et sur la fusion des quatre premiers arrondissement, « piste d’atterrissage préparés pour la maire sortante…incapable de se faire élire dans le quinzième », Pierre Lellouche a estimé, « Paris continuera d’être gérée d’une main de fer par Mme Hidalgo ».

Bien loin du périphérique parisien,à 100km de cette guerre de tranchée, la région  Centre-Val de Loire fait figure –pour cette fois- de havre de paix à la douceur sinon angevine au moins ligérienne. « On est loin des petits jeux politique que je n’aime pas, il y a une avancée du gouvernement qui méritait d’être saluée » a apprécié Serge Grouard (LR) à l’adresse de Jean-Michel Baylet qui s’était d’ailleurs éclipsé. L’ancien maire d Orléans s’est bien gardé de s’aventurer sur le terrain du statut de Paris                                                                               lui-même.

Le grand centre enfin pourvu de métropoles

 Avec cette article 41, le député du Loiret et ancien maire d’Orléans jouait sur du velours. Avant lui à la tribune, le Tourangeau Jean-Patrick Gille (PS) qui avec Philippe Briand (LR) a fait pression sur Jean-Michel Baylet pour que Tours accroche le wagon des nouvelles métropoles, a carrément parlé à propos de Tours et d’Orléans, « de deux soeurs jumelles ». Bigre !

Elles devront maintenant imaginer un « pacte métropolitain » comme l’ont fait les deux autres « jumelles » de Lorraine, autrefois rivales, Nançy et Metz.  Une nouvelle fois, Serge Grouard a plaidé pour ce « grand centre » dépourvu de métropoles contrairement au pourtour de la France et qui, avec cette loi offrira ce statut non seulement à Orléans et Tours mais aussi à Dijon, Clermont-Ferrand et Saint-Etienne, ces deux dernières « noyées » dans l’énorme région Auvergne-Rhône-Alpes et son imposante agglomération lyonnaise. Ne restera plus ensuite qu’à desservir ces métropoles centrales par une ligne à grande vitesse…Au train où vont les réformes en France, la liaison ferroviaire entre Orléans et Chartres sera certainement terminée avant que le débat sur la LGV n’arrive à l’Assemblée!

Future président de la métropole d’Orléans, Olivier Carré (LR) a fait son entrée dans l’hémicycle en fin de journée après la bataille, mais il se rattrapera sans doute lors de l’examen de l’article 41, sans doute ce jeudi, qui propulsera Orléans et Tours.au rang des villes qui comptent. Aude-là du périphérique.

Ch.B

 

Commentaires

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  1. Tout cela semble très mal parti, avec ce mélange des genres, dans un même projet de loi, entre le “Grand Paris” et le grand pari des nouvelles petites métropoles.

  2. Tours retrouve enfin son rang historique.
    La hache de guerre semble pour le moment enterrée et du coup, l’humiliation subie par Tours lors de l’attribution de titre de capitale régionale est du coup atone. Ce titre devenant subitement bien secondaire, Tours va pouvoir de nouveau prendre son essor de manière non entravée…

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