Blois : les travaux du centre-ville déclenchent un vent glacial…

Suite à une conférence de presse d’Yvan Saumet, président de la CCI, sans équivoque d’un point de vue critique sur la lenteur des travaux du centre-ville et les conséquences sur un commerce au bord du gouffre, le maire de Blois Marc Gricourt n’a pas tardé à réagir à une remise en cause qu’il juge “surprenante et choquante”.

Les travaux du centre-ville souvent pointés du doigt dans les difficultés rencontrées par les commerçants.

Les travaux du centre-ville souvent pointés du doigt dans les difficultés rencontrées par les commerçants.

C’est certain : ces deux-là ne passeront pas leurs vacances de Noël ensemble. Yvan Saumet, président de la CCI de Loir-et-Cher, et Marc Gricourt, maire de Blois, s’échangent des “amabilités” plutôt du genre “bûche glacée” au sujet de la situation du commerce en centre-ville blésois.

Jeudi 15 décembre, le président de la CCI, accompagné de Sophie Malapert (commerçante blésoise élue de la chambre consulaire depuis quelques semaines) de Bruno Queste (Fédération blésoise des commerçants et artisans) et de Philippe Bahu (Association Blois-Rive gauche, les commerçants du quartier Vienne), a tenu une conférence de presse sans équivoque pour pointer du doigt les lenteurs en matière de redynamisation du centre-ville commerçant blésois. Et d’accuser les travaux qui trainent, empêchant les commerçants de travailler correctement.

“On va essayer d’aider les élus en leur montrant ce qui se fait ailleurs”

Blois commerce

Blois, la rue du Commerce.

Le sujet n’est pas nouveau, loin s’en faut ! Bien avant le lancement des travaux de l’ACVL (aménagement cœur de ville Loire) en août 2014, le commerce de centre-ville avait l’allure d’un bronchitique chronique. Il n’est pas le seul : d’autres villes de même strate souffrent du même malaise. Concurrence des zones commerciales périphériques, concurrence du commerce via Internet (et des sites de ventes de particuliers à particuliers), baisse du pouvoir d’achat des Français, paupérisation des centre-villes. A quoi s’ajoutent les difficultés pour les élus à se saisir des problèmes à bras le corps, et trouver des solutions…

« Nous avons participé au comité de pilotage », clame haut et fort Yvan Saumet ne remettant absolument pas en cause le projet ACVL. « Ces travaux étaient indispensables. C’est la durée qui ne va pas. Nous avons réussi à passer de cinq à quatre ans mais je considère que trois ans était le maximum. On nous a assuré que ce n’était pas possible. Or c’est faux. Il s’agit d’un choix politique »,
a-t-il indiqué lors de la conférence de presse (propos rapportés par nos confrères de la N.R). Des propos qui ont rapidement dépassé ce cadre-là. Yvan Saumet s’étonne, en outre, que la reprise des travaux (après la trêve de Noël) se fasse “quatre jours seulement après le début des soldes !”. Bruno Queste plaide en faveur des commerçants : “Beaucoup vont jouer leur année sur un mois et demi. Il faudrait plutôt leur faciliter la tâche”. Un point de vue paradoxal : d’un côté les travaux ne sont pas assez rapides, et quand ils s’arrêtent pour les fêtes de fin d’année, ils reprennent trop tôt… De quoi alimenter le moulin de la réputation des commerçants de n’être “jamais contents”.

Par ailleurs, Yvan Saumet annonce la tenue d’un colloque en mars prochain sur les centre-ville et leurs problématiques bien particulières. “On va essayer d’aider les élus en leur montrant ce qui se fait ailleurs”.

“Les élus qui n’ont pas attendu la CCI de Loir-et-Cher pour aller à des colloques sur les questions qui préoccupent les villes moyennes” 

Marc Gricourt a dû en avoir des miettes de croissants au travers de la gorge, jeudi matin au Conseil régional pendant la session budgétaire. Le lendemain, vendredi 16 décembre, il a répondu aux attaques d’Yvan Saumet. “On est, de la part du président de la CCI et de certains, qui ne font pas l’unanimité du monde économique du centre-ville, dans une posture clairement politique, de critique sans réponse de leur part pour venir en aide aux acteurs économiques qui souffrent”. Tout en reconnaissant que “Les travaux de réaménagement du centre-ville peuvent aussi avoir un impact”, le maire de Blois défend les entreprises et ses services : “La durée des travaux s’appuie sur un calendrier serré : à l’origine 5 ans, ramené à 4 ans à la demande des acteurs économiques et moi-même. Cela a été possible par une mobilisation forte de nos services et des entreprises. La remise en cause du travail, du sérieux et de la rapidité d’intervention des entreprises par le président de la CCI est surprenante et choquante. Les responsables de ces entreprises apprécieront. (…) Le suivi du chantier est effectué de façon remarquable par les agents de la Ville et l’élu en délégation sur les travaux. C’est là aussi une remise en cause des compétences et de l’efficacité de nos agents que je ne peux accepter”.

La rue Denis-Papin, quasiment terminée.

La rue Denis-Papin, au moment de l’arrêt des travaux pour les fêtes.

Toujours selon le premier magistrat blésois, “On est, de la part du président de la CCI et de certains, qui ne font pas l’unanimité du monde économique du centre-ville, dans une posture clairement politique, de critique sans réponse de leur part pour venir en aide aux acteurs économiques qui souffrent”. Le maire de Blois, qui n’a visiblement pas apprécié la charge d’Yvan Saumet et des représentants du commerce blésois, conclut son communiqué indiquant que : “Le chantier ira à son terme, conscient qu’il impacte plus fortement certains acteurs économiques, mais c’est une obligation politique qui nous incombe pour l’avenir. Préparer l’avenir, c’est s’engager, pour cela dans un projet largement partagé, avec des élus qui n’ont pas attendu la CCI de Loir-et-Cher pour aller à des colloques sur les questions qui préoccupent les villes moyennes et dans le respect des engagements pris, que ce soit en terme financier ou de calendrier”.

Affaire à suivre, après la “trêve des confiseurs”. Mais le maire de Blois et le président de la CCI pourraient bien s’échanger, à la place des vœux, quelques marrons glacés…

F.Sabourin.

 

 Philippe Bahu, président de l’association des commerçants “Blois-Rive gauche” (quartier Vienne) et dirigeant de la supérette Diagonale avenue Wilson, réagit lui aussi à l’échange entre le président de la CCI Yvan Saumet, et la réponse du maire Marc Gricourt :

“(…) D’éminents représentants de la municipalité blésoise s’indignent de la prise de parole d’Yvan Saumet, président de la CCI de Loir-et Cher, sur les difficultés économiques rencontrées par les commerçants du centre-ville de Blois…
Surtout, on lui reproche d’avoir osé émettre l’hypothèse que l’on pourrait (devrait), si une réelle volonté politique le motivait, réduire le temps des travaux consacrés au chantier de l’ACVL de 4 à 3 ans. Enfin on le taxe d’avoir une démarche à connotation politique, forcément anti-municipalité, et dans l’intention de nuire aux responsables locaux…
Soyons clairs, Yvan Saumet vient d’être brillamment réélu à la tête de la CCI 41 pour représenter et défendre les acteurs économiques du territoire, auxquels appartiennent tous les commerçants du Loir-et-Cher, et ceux du centre-ville de Blois en particulier. Donc à ce titre, il est de sa responsabilité de s’alarmer quand la situation l’impose, et de mettre en évidence les carences de l’équipe en charge du dossier concerné.
Ensuite, son analyse quant à la conduite des travaux de l’ACVL peut heurter la susceptibilité de nos édiles, je le conçois parfaitement.
Toutefois se contenter de montrer son indignation me parait plutôt insuffisant et à la limite méprisant ! L’argumentaire pour justifier la longueur des travaux est peu convaincant voire inexistant, et ne résiste pas une analyse objective.
Enfin, taxer Yvan Saumet d’être dans une démarche à caractère politique, voire politicienne, c’est nier sa légitimité en matière économique, et son droit de s’exprimer pour défendre son point de vue et celui de ceux qu’il représente. Pensez-vous vraiment que les commerçants blésois peuvent s’exprimer librement ? Non, évidemment, et c’est ce qui motive l’intervention de représentants élus légitimement, et donc habilités à prendre la parole en leurs noms.
En conclusion, on a pris l’habitude de se retrancher derrière d’hypothétiques comparaisons relatives à des strates, mot à la mode et usité à loisir, sans que cela n’ai la moindre signification (on compare la population en nombre mais pas en structure, ni même sa répartition géographique…), et on se félicite d’être dans la moyenne plutôt que de rechercher à être parmi les meilleurs…
L’économie du centre-ville de Blois mériterait que le débat prenne un peu de hauteur, et surtout que chacun se départisse de ses positions dogmatiques et idéologiques…”

 

Commentaires

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  1. Monsieur SAUMET ne pourrait-il pas également demander un allègement des taxes pour les entreprises auprès de ses “amis” du département. Voilà qui serait plus utile, plus constructif et qui montrerait combien lui-même et M. Leroy sont sensibles au développement économique du Loir et Cher.

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