Blois : en janvier à la Halle aux Grains

La Bonne éducation : 

La bonne éducation. (c) Arthur Pequin.

La bonne éducation. (c) Arthur Pequin.

Deux vaudevilles en un acte, d’après Eugène Labiche : décalé et déjanté. Après la création d’Animal(s) en 2015 et accueilli à Blois, Jean Boillot poursuit son cycle sur le théâtre d’Eugène Labiche en mettant en scène La Fille bien gardée et Maman Sabouleux, deux vaudevilles en un acte réunis sous le titre La Bonne éducation.  Ces deux pièces explorent un même thème très singulier chez l’auteur : l’enfance. Loin des salons bourgeois qui lui sont habituels et de la raillerie directe du milieu des rentiers qui est sa marque de fabrique, Labiche pose ici, avec cette belle gaieté qu’on lui connaît, une question plus sombre, plus politique : Comment les adultes prennent-ils soin de leurs enfants ? Comment la société prépare-elle son avenir ?
Sa réponse rapide, légère et cynique est percutante : les adultes ne s’occupent pas de leurs enfants, ou bien pour les soumettre à leurs désirs. La société dépeinte est irresponsable et n’a que faire de son avenir ; une certaine ressemblance à bien des égards à notre société libérale actuelle ? Mais si ce tableau est bien sombre, Labiche use de son irrésistible force comique pour éviter le pathos et les pesanteurs d’un sujet finalement grave. Et Jean Boillot a trouvé chez l’inventeur du vaudeville cauchemardesque, un théâtre d’acteur auquel il a su donner le rythme et la couleur indispensable à ces deux pièces en gardant le cynisme de ses personnages, nous offrant ainsi un spectacle jubilatoire.
Halle aux Grains vendredi 6 janvier. 20H30 / Samedi 7 janvier. 19H30. Tarifs :  de 19€ à 13€ – 9€/7€ (- 27 ans). Tel : 02 54 90 44 00 / www.halleauxgrains.com.

Vanessa Wagner et le Spirito Choeur Britten. Schumann intime : 

Vanessa Wagner.

Vanessa Wagner.

« Jardin pensif, affectueux, frais et fidèle, / Où se baisent les lys, la lune et l’hirondelle, Armée en marche, enfant qui rêve, femme en pleurs ! ». Ainsi Proust évoque-t-il Schumann, dans un de ses rares poèmes. C’est un coin retiré et peu fréquenté de ce jardin que dévoilent le chœur Britten et Vanessa Wagner en proposant l’intégrale des lieder pour voix de femmes. À l’exception de Lied (dans le recueil Gedichte, op. 29), composé en 1840, la fameuse « année des lieder » durant laquelle Schumann composa 138 chansons, ces pièces ont été écrites à la fin de la vie du compositeur, qui cessa de produire en 1854.
Ce programme est complété par Scènes de la forêt, neuf courtes pièces pour piano (dont le célèbre Oiseau-prophète) que Schumann envisagea un temps d’accompagner de textes.
Le chœur Britten a été créé en 1981 pour une représentation de A Christmas of Carols de Benjamin Britten. Il s’est forgé un son spécifique, qu’il met au service du patrimoine musical comme de la création contemporaine. Il est dirigé par Nicole Corti, qui a par ailleurs été chef des chœurs à Notre-Dame de Paris.
Quant à Vanessa Wagner, cette talentueuse pianiste a obtenu le premier prix du Conservatoire de Paris en 1990 et une Victoire de la musique en 1999. Elle développe avec succès un large répertoire, qui va de Rameau à Dusapin. Elle est également connue et reconnue en Loir-et-Cher pour être directrice artistique du festival de musique de château de Chambord.

HAG / 1h20 mardi 10 janvier 20H30. Tarifs :  de 19€ à 13€ – 9€/7€ (- 27 ans). T. 02 54 90 44 00 / www.halleauxgrains.com

Jours étranges : 

Jours étranges. (c) Caroline Ablain.

Jours étranges. (c) Caroline Ablain.

Re-création, version « filles », d’une pièce culte !
Dominique Bagouet est, aux côtés de Daniel Larrieu, Jean-Claude Gallota, Maguy Marin ou François Verret, l’un des principaux représentants de ce qui a été nommé la « nouvelle danse française », ensemble de jeunes chorégraphes qui, à la fin des années 70 et au début des années 80, dessinèrent les contours d’une danse d’auteur, animée d’une grande liberté de création.

Jours étranges a été créé en 1990, deux ans avant la mort, à 41 ans, de Dominique Bagouet. Burlesque et violente, la pièce évoque l’adolescence, celle du chorégraphe (la musique, cinq chansons de l’album Strange days des Doors, y renvoit directement) et celle de tout un chacun, avec ses désarrois, ses découvertes, ses tentatives et ses révoltes imprécises.
Catherine Legrand, qui fut interprète et assistante de Dominique Bagouet, fait ici œuvre de vraie fidélité et, avec les six magnifiques danseuses qu’elle a choisies (là où originellement les deux sexes se partageaient également les rôles), redonne la parole à une pièce où les questions comptent autant que les réponses et le jeu autant que la chandelle.

HAG, jeudi 12 janvier à 20H30. Tarifs  :  de 19€ à 13€ – 9€/7€ (- 27 ans). Tel : 02 54 90 44 00 / www.halleauxgrains.com

La Fonction de l’orgasme :

La fonction de l'orgasme.

La fonction de l’orgasme.

Une vraie-fausse conférence, pour un « seule en scène » !
À l’origine de ce spectacle il y a une lecture, celle de La Fonction de l’orgasme, dans laquelle Wilhelm Reich (grand agitateur d’idées) expose que l’énergie sexuelle, qui trouve son accomplissement naturel dans l’orgasme, est le premier moteur (plus ou moins enrayé) des comportements humains, tant psychologiques que sociaux ou politiques. « Le fait que l’homme, écrit-il, est la seule espèce qui ne suive pas la loi naturelle de la sexualité est la cause immédiate d’une série de désordres dévastateurs ». Publié en 1927, puis 1942, l’ouvrage est une des sources théoriques du mouvement de libération sexuelle des années 60.

Épais tapis rose et douillet, marchepied bleu, projections vidéo et ballons de baudruche, musique et lumières, La Fonction de l’orgasme (version spectacle) mêle conférence, enquête, monologues joués. Car, autant que de présenter la pensée de Reich, Constance Larrieu communique l’enthousiasme et les questions provoquées par sa lecture. À coups de digressions, témoignages et changements de registre, elle dessine non seulement le livre de Reich, mais aussi le personnage de sa lectrice, prenant ainsi le spectateur au jeu. Intellectuellement stimulant, drôle et surprenant : voici un objet de théâtre réjouissant, et pour trois représentations.

Théâtre Nicolas Peskine. Jeudi 19, vendredi 20 janvier. 20H30. Samedi 21 janvier. 19H30. Tarifs :  de 19€ à 15€ – 9€/7€ (- 27 ans). Tel : 02 54 90 44 00 / www.halleauxgrains.com.

La Sape à Bloizzaville

La sape à Bloizzaville.

La sape à Bloizzaville.

Événement : la nuit de la sape à la HAG ! Depuis plusieurs mois…
 L’équipe de la Halle aux grains, des artistes — le photographe Charles Fréger, la styliste Pascale Barré, le chorégraphe DeLaVallet Bidiefono, le comédien Criss Niangouna, le bassiste Armel Malonga et son groupe composé d’une dizaine de musiciens — un web-journaliste Romain Ledroit, une centaine de participants, habitants et authentiques sapeurs, se sont associés. Tous se sont rencontrés, réunis, ont travaillé pour créer et produire ensemble un événement qui sera assurément l’un des rendez-vous les plus joyeux, festifs et flamboyants que nous vous proposons en ce début d’année 2017 !

Au programme :
Viser le beau : création chorégraphique de DeLaVallet Bidiefono
Samedi 28 janvier. 20h30 – Dimanche 29 janvier. 17h

Défilé et grand bal des sapeurs avec l’orchestre d’Armel Malonga et Criss Niangouna en maître de cérémonie
Samedi 28 janvier à partir de 21h30
Entrée libre dans la limite des places disponibles

Conférence . La Sape : culture ou extravagance ? Par Elvis Guérite Makouezi. Samedi 28 janvier. 18h. Bibliothèque Abbé-Grégoire. Entrée libre dans la limite des places disponibles

Swagger : film d’Olivier Babinet, proposé par Ciné’Fil ; samedi 28 janvier.16h. Cinéma Les Lobis. 

Galerie de portraits : exposition des photographies de Charles Fréger du 9 au 31 janvier rue Saint-Lubin, rue de Tourville et sur le site Internet. HAG samedi 28 janvier. Tel. 02 54 90 44 00 / www.halleauxgrains.com.

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