François Hollande, d’un tweet, a gracié Jacqueline Sauvage…

Jacqueline Sauvage

Jacqueline Sauvage. (c) J. Dutac.

Que concèderons-nous encore à la modernité ! “J’ai décidé d’accorder à Jacqueline Sauvage une remise gracieuse du reliquat de sa peine. Cette grâce met fin immédiatement à sa détention »

D’un seul tweet sur son compte personnel le chef de L’État a accordé ce mercredi après-midi sa liberté à Jacqueline Sauvage condamnée à dix ans de prison pour le meurtre de son mari violent et incestueux à la Selle-sur-le-Bied dans le Loiret.

Le décret  a été rapidement transmis à la prison de Réau en Seine-et-Marne où cette femme était emprisonnée et les portes  se  sont ouvertes  devant les deux voitures  venues la chercher.  Aucune déclaration et la demande par la famille du respect de l’intimité.

Après la confirmation de la peine par  la cour d’appel,le président de la République avait déjà accordé une grâce partielle à cette condamnée devenue, malgré elle, un symbole des femmes battues , victimes de violences conjugales.

Cela avait permis à ses avocates de déposer deux fois une demande  libération que, la justice a rejetée, arguant que Jacqueline Sauvage se sentait davantage victime que coupable. François Hollande en a jugé autrement. « Le Président de la République a estimé que la place de Mme Sauvage n’était plus aujourd’hui en prison, mais auprès de sa famille », a fait savoir l’Élysée, précisant que le président de la République  avait pris sa décision après avis du ministre de la Justice  saisi le 9 décembre à la suite de l’échec de la deuxième demande de  libération.
Dans une lettre adressée une semaine plus tôt au Président, les trois filles de Jacqueline Sauvage se disaient « désespérées » de ne pas avoir leur mère près d’elles, « inquiètes pour son état de santé » et « craignant pour sa vie ». Elles disaient aussi « ne plus savoir comment intervenir face à toutes ces interminables procédures qui n’aboutissent pas ».

Un comité de soutien, présidé par la comédienne Éva Darlan, avait parallèlement exhorté « solennellement » le Président Hollande à la « libérer en lui accordant la grâce totale et immédiate ».
À l’annonce de cette libération, Me Nathalie Tomasini, l’avocate de Jacqueline Sauvage, submergée par l’émotion  déclarait rayonnante et émue : « Je suis tellement heureuse, c’est le résultat d’un an de travail acharné ». La décision a  également été unanimement saluée par les politiques de tous bords.

Les magistrats font la grimace

En revanche, elle a heurté l’Union syndicale des magistrats (USM) : « En accordant une grâce partielle (le 31 janvier), François Hollande avait mis en avant le respect des décisions de justice et l’indépendance des magistrats. Et quelques mois plus tard, on piétine allègrement ce que l’on avait dit », déclarait Céline Parisot, secrétaire générale de l’USM. « Ce qu’il y avait comme message dans cette grâce partielle, c’était qu’il fallait libérer Mme Sauvage. Mais la justice est indépendante et elle ne l’a pas fait, alors le président la remet dehors. C’est très hypocrite », a-t-elle fustigé. Et  de rappeler que Jacqueline Sauvage a « été condamnée au nom du peuple et par le peuple français. Soit il y a une justice indépendante, soit on estime qu’on peut défaire les décisions de justice à son gré. ».

F.C.

Commentaires

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  1. Il restera dans cette triste affaire, deux procès en Assises, qui ont tous deux conclu à 10 ans d’emprisonnement. Seuls ceux qui ont assisté aux procès peuvent dire pourquoi une peine si lourde, les jurés n’ayant pas le droit de parler.
    Quant à l’USM, il a perdu une belle occasion de se taire. La grâce partielle de FH était la possibilité offerte à la justice de réparer ces deux verdicts incompréhensibles pour le peuple. La justice a dédaigneusement rejeté, par deux fois, cette perche tendue par le Président. Alors, Mesdames et Messieurs les juges qui avez maintenu cette femme en prison, vous avez bien mérité ce camouflet !

    • Des “verdicts incompréhensibles”… Quand on ne comprend pas on se tait. Je m’étonne de tous ces prétentieux qui s’imaginent en savoir plus que les magistrats professionnels et les jurés qui ont eu au cours de deux procès entre leurs mains les procès verbaux d’enquête, les témoignages, les analyses médicales etc. avec débat contradictoire. La Justice c’est quelque chose de sérieux. Depuis quelques jours l’ignorance conduit un certain nombre de gens, et même de grandes figures politiques, à s’égarer dans des appréciations de l’ordre du commérage futile. Cette ignorance vulgaire / populaire érigée en vertu est inquiétante. Va-t-on gracier un malade en le décrétant guéri, parce que la populace réclame qu’il le soit, contre l’avis du corps médical et des analyses biologiques ? C’est absurde, certes…

  2. et c’est par un “tweet”( message bref) que nous apprendrons le nom du prochain/haine employé des fonds financiers-présidant, vive la con-nectique!

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