Blois : Bernard Cazeneuve en apprenti du CFA Bâtiment

Le Premier ministre Bernard Cazeneuve était à Blois jeudi 19 janvier, pour inaugurer le Centre de formation pour apprentis du Bâtiment (CFA-BTP). Il y fut question de filières d’excellence, d’apprentissage comme voie possible d’épanouissement, d’orientation, de la place des femmes dans le bâtiment, de liens entre l’Éducation nationale et les entreprises, bref : rien de vraiment nouveau sur le sujet sous le soleil hivernal blésois. Le Premier ministre fait calmement “le job” et défend le bilan du quinquennat qui s’achève.

Bernard Cazeneuve lors de l’inauguration du CFA BTP de Blois.

Les historiens sont formels : l’histoire ne se répète pas. Cependant, elle bégaie, souvent. Jeudi 19 janvier à Blois, le CFA BTP a été officiellement inauguré par le Premier ministre Bernard Cazeneuve (avec la ministre du Travail Myriam El Khomery et Clotilde Valter, secrétaire d’État chargée de la formation professionnelle et de l’apprentissage) en présence des élus du département, sous la conduite de Franck Prêtre, secrétaire général de BTP CFA Centre-Val de Loire et de Christophe Delmur directeur du CFA BTP de Loir-et-Cher. Une belle inauguration sous le froid soleil d’hiver, en présence des apprentis sur leur 31. Une inauguration placée sous le signe de l’apprentissage, de ses vertus, de son excellence, de la reconversion professionnelle et de la place des femmes dans les métiers du bâtiment. Une inauguration où, au moins dans les discours, les participants ont dit tout le bien qu’ils pensaient de cette autre voie pour réussir sa vie en France : apprendre un métier manuel, l’aimer, le faire aimer, et en vivre.

Bernard Cazeneuve aime visiblement “donner du temps au temps” en région Centre-Val de Loire. C’est à la fois proche et loin de Paris. En tant que ministre de l’Intérieur il était à Romorantin et à Blois il y a à peine un an. En tant que Premier ministre il était à Orléans pour inaugurer le Centre hospitalier régional le 2 janvier. A Blois puis Orléans jeudi 19 janvier, il a savouré cette escapade en terre “amie”, celle du président de Région François Bonneau.

“Quand on est fier de notre métier, on veut toujours faire plus, on veut toujours faire mieux”

Franck Prêtre, secrétaire général de BTP CFA Centre-Val de Loire.

“Quand les jeunes ont visité pour la première fois le CFA BTP tout neuf, ils m’ont dit – et je ne l’oublierai jamais – ‘c’est pour nous, ça ?’ “ Franck Prêtre, secrétaire général de BTP CFA Centre-Val de Loire, sorti de terre entre 2014 et la rentrée 2016 résume à lui seul la fierté non feinte des apprentis lors de l’intégration dans des locaux enfin dignes des nombreux discours vantant les mérites de l’apprentissage entendu à longueur de temps. 

Une table ronde a réuni quelques uns d’entre eux, ainsi que des chefs d’entreprise maîtres d’apprentissage, au cours de laquelle ils ont pu dire à la fois leurs difficultés à trouver entreprise à la mesure de leurs ambitions (crise oblige, et difficultés pour un entrepreneur de rémunérer un apprenti en formation et absent la moitié du temps) ; et pour certains le véritable parcours du combattant d’une reconversion professionnelle où se mêlent Pôle Emploi, Éducation nationale, Droit individuel à la formation, et vœux d’apprentissage… “Qui n’existe pas à la fin de la 3e le regrette Baptiste, meilleur ouvrier de France catégorie charpente, qui “ne voulait pas faire un bac S” mais apprenti, au grand damne de ses parents.

Parents, grands-parents : c’est pourtant visiblement un gage de transmission, et de détermination pour certains jeunes apprentis : “Quand les parents accompagnent un jeune qui vient pour un contrat d’apprentissage, pour moi c’est un équilibre”, témoigne Pascal Martineau, dirigeant d’une entreprise de charpente d’Indre-et-Loire. Médaillé d’or régional, le MAF (meilleur apprenti de France) Nolan Poirrier insiste : “quand on est fier de notre métier, on veut toujours faire plus, on veut toujours faire mieux”. La plupart des apprentis participant à la table ronde témoignent d’une rencontre déterminante, soit avec un aïeul qui était déjà dans le métier, soit un stage découverte en fin de collège particulièrement bien choisi qui leur a donné le goût d’un métier manuel.

Ce qui marche donne l’envie d’entreprendre

(c) J. Dutac.

“Il ne faut pas seulement dire son amour du métier, il faut prendre aussi des décisions politiques”, dira quant à lui dans son discours le Premier ministre Bernard Cazeneuve. “8.000 apprentis sont intégrés dans les services de l’État chaque année, nous veillons à ce qu’ils aient un meilleur accès aux logements, aux transports. Depuis 2016, les apprentis ont les mêmes droits sociaux que les salariés. Les TPE qui embauchent un apprenti reçoivent une aide de 1.100 € par trimestre. Les certification professionnelles ont été réformées”, ajoute-t-il. L’objectif est encore et toujours de rapprocher les jeunes des entreprises : “le portail de l’alternance est fait pour faciliter les rapprochements”, insiste-t-il encore. “Les résultats sont bons, le nombre d’apprentis repart à la hausse : plus 2 % en 2016 début 2017, ce qui témoigne d’une meilleure santé des entreprises. Grâce à la restauration de deux points de la marge des entreprises nous retrouvons la situation d’avant 2008”. Avant de conclure : “Ce qui marche c’est ce qui donne envie d’entreprendre. Redonner des perspectives et de l’espérance. Ce qui marche c’est aussi l’enthousiasme, bien mieux que l’auto-dénigrement. Choisir son chemin, s’épanouir, trouver un emploi quand on est jeune : et demeurer tels qu’en eux mêmes”. Pour les apprentis présents à la table ronde, c’est comme prêcher à des convertis. Mais pour les autres, hors les murs…? 

F. Sabourin.

 Le nouveau CFA-BTP de Blois en chiffres :

8.803 m². 600 jeunes en formation. Les travaux se sont déroulés de 2014 à la rentrée 2016. Bâtiment écologique et basse consommation : chaudière bois, éclairage natural, toiture végétalisée.

Financement :
Coût total 24,745 M€.
Région Centre-Val de Loire : 9,750 M€.
CCA-BTP : 7,1 M€.
Etat : 7,5 Me (Grabd emprunt pour les invsetissements d’avenir).
Agglopolys : 225.000 €.
Département : 150.000 €.

 

 

Originally posted 2017-01-20 01:17:04. Republished by Blog Post Promoter

Commentaires

Toutes les réactions sous forme de commentaires sont soumises à validation de la rédaction de Magcentre avant leur publication sur le site. Conformément à l'article 10 du décret du 29 octobre 2009, les internautes peuvent signaler tout contenu illicite à l'adresse redaction@magcentre.fr qui s'engage à mettre en oeuvre les moyens nécessaires à la suppression des dits contenus.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Code de sécurité *




Recevez chaque jour les nouveaux articles par e-mail

Votre e-mail ne sera communiqué à aucun tiers et servira uniquement à vous envoyer les titres chaque jour par e-mail