Le marché céréalier en pleine mutation

La récolte  de céréales 2016, récolte record, en particulier de blé en Russie, ne constitue pas une bonne nouvelle pour le grenier à blé de la France  alors que les stocks mondiaux sont déjà abondants. En conséquence les prix devraient rester faibles  jusqu’au milieu de 2017 et ce malgré un léger redressement opéré ces dernières semaines.

Le cours du blé d’Eure-et-Loir a gagné un peu plus de 30 € entre le milieu du deuxième trimestre 2016 et le début du mois de novembre, passant de 129 € la tonne à 161 € la tonne, ce qui le situe au-dessus  du cours de 2015 à la même époque, mais bien loin du pic  enregistré en milieu d’année dernière (193 €/tonne). Le prix du blé, comme celui du maïs est ramené, à un niveau voisin de ce qu’il était avant la flambée des prix de 2007. Est-on entré dans un cycle baissier,  se demande-t-on à l’Assemblée permanente des Chambres d’Agriculture (APCA) ?

Autre souci que l’élection de Donald Trump  à la tête des USA  et ses conséquences sur les marchés financiers, rend plus aigu, si les producteurs européens  risquent d’avoir du mal à couvrir leurs coûts de production, leurs homologues américains verront le montant de leurs aides directes augmenter dans le cadre du Farm Act 2014-2018. 

Enfin et plus grave encore est le rôle que vise  la Russie  sur le marché des céréales.  Devenue premier exportateur mondial de blé,( elle vient d’enregistrer une récolte de 117 millions de tonnes  sans équivalent depuis la chute de l’URSS) elle s’est donné pour objectif de flirter en 2017 avec les 130 millions de tonnes. Les exportations russes devraient donc  atteindre les 30 à 35 millions de tonnes pour la campagne 2016-2017, la dépréciation du rouble constituant un avantage supplémentaire.

Si l’on se rappelle qu’en 1990, la Russie  exportait difficilement 3 millions de tonnes de blé, on mesure l’importance de l’atout dont elle dispose maintenant. Il est à parier qu’elle ne s’en privera pas sur le plan géopolitique en particulier au Proche et  Moyen-Orient. Entre 200 et 2015  ses exportations de céréales en direction de ces pays sont passées de 41 millions à 1,5 millions de dollars. Les signes annonciateurs  d’un axe stratégico-agricole sont apparents  entre  la Russie et l’Égypte depuis 2010 et  pourraient apparaître rapidement en Irak et  en Syrie. 

La Russie à laquelle il faut ajouter  l’Ukraine et le Kazakhstan,  autres pays producteurs et exportateurs, sont en mesure de s’associer dans un pool céréalier mondial qui entrera inévitablement en concurrence avec l’UE et l’Amérique du Nord. Dans une agriculture qui est mondialisée, ce que l’on a tendance à oublier, l’échiquier céréalier  a amorcé une profonde mutation. 

F.C.

Commentaires

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  1. Si “nos” industriels-céréaliers avec Mr Beulin à leur tête ont du mal à vendre … qu’ils DONNENT ! il y a des milliards d’humains qui souffrent de la faim, de la malnutrition et de leurs conséquences sur la santé,la sécurité…
    Avant de chercher à donner de l’argent (revenu universel) il serait plus utile d’assurer à TOUTES ET TOUS LE TOIT ET LE COUVERT Non ?

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