Maroc : Fès la sans pareille

Vous voulez oublier, ne fut-ce qu’un week-end ou un week-end prolongé, votre vie trépidante, votre quotidien et vos soucis ordinaires ? A trois heures de Paris, Fès vous garantit un dépaysement total. Au nord du Maroc, nichée entre le Moyen Atlas aux sommets couronnés de cèdres et la chaîne du Rif couverte d’oliviers, elle est l’une des villes médiévales  les  mieux conservées au monde ce qui ne l’empêche pas d’être tournée vers l’avenir. Spirituelle, culturelle, commerçante, artiste, sportive, pétrie de traditions et de modernité, Fès est multiple. Royale et populaire, à plusieurs époques la capitale du pays, elle offre sa diversité à qui vient à elle, accueillante au premier regard, sans détour, sans faux-fuyant.

Fès a une âme.  Au premier contact, le touriste la perçoit  et il se laisse envouter.  La cité  est magique vieille de plus  d’un millénaire, riche de son passé, mais vivante, active, débordante de dynamisme.  Promue en 808 capitale du Royaume, elle fut le berceau de la culture berbère puis  arabo-andalouse et un foyer prestigieux    de la civilisation musulmane.

Trois villes en une

Cette ville de plus d’un million d’habitants se divise en trois parties. Pour l’aborder, commençons la visite  par les quartiers nouveaux, en quelque sorte une mise en bouche.  C’est à Fès que fut  signé le 30 mars 1912 le traité franco-marocain instaurant le Protectorat français au Maroc avant que la capitale soit transférée à Rabat à 200Km en bord de mer. Sous la direction du gouverneur général  Lyautey, au sud de la ville ancienne, un quartier résidentiel des Européens se développa, « la ville nouvelle »  qui s’est transformée maintenant en une ville arabe moderne avec des  immeubles et des villas, des bureaux, des administrations, des centres commerciaux  le long de larges avenues.  Elle rappelle que le Maroc, quelles que soient ses difficultés sociétales est un pays en pleine expansion qui joue un rôle majeur dans l’Afrique de l’Ouest.

Aux alentours du palais royal  que l’on ne visite pas et qui dissimule ses jardins derrière d’imposantes murailles et de fort belles portes de bronze,  se tient le quartier juif appelé Mellah.  Avec ses rues assez larges, ses maisons à balcon et sa synagogue, bâti à partir de 1438, il est le plus ancien quartier juif du Maroc et mérite que l’on prenne le temps d’y flâner.

A  la Médina, véritable joyau, musée à ciel ouvert, tout visiteur se  doit de  consacrer plusieurs jours pour s’en faire une idée et l’apprécier à sa juste valeur.  Premier noyau de la ville connue sous le nom de Fès El Bali elle compte, à l’intérieur de ses remparts que percent 12 portes,   9500 ruelles où seuls circulent les piétons et les ânes porteurs de marchandises. Elle a été érigée sur un terrain où abondent plusieurs sources et ruisseaux  au  croisement stratégiques de plusieurs routes caravanières par Idriss Ier en 808. La ville reçoit rapidement un apport de populations,  des refugiés andalous chassés de Cordoue.  De tous temps et jusqu’à nos jours,  à l’abri de ses hautes murailles, la vie s’est organisée et écoulée  avec ses lieux de culte, ses commerces, son système d’approvisionnement en eau, ses corporations, son aristocratie.

Cette superbe ville fortifiée qu’on ne découvre qu’à pied, inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, est truffée de labyrinthes, de monuments, de vieilles demeures, riches ou prolétaires.   On y découvre que la plus vieille université du monde n’est ni Oxford ni la Sorbonne, mais la  Karaouine fondée en 857 par Fatima el Fihriya, dont le plan actuel remonte au XIIème siècle. Sa bibliothèque vient d’être restaurée On peut également apprécier la medersa (école) Bouananya et ses horloges suspendues.

Portes du Palais Royal

Il faut prendre son temps pour s’imprégner de ses différents souks comme, d’al Attarine , souk aux épices et au henné ou place  Seffarine avec ses fabriques de plateaux de cuivre et de bronze travaillés à la main et bien sûr,   ses célèbres tanneries de cuir de Chouara, d’Ain et de Sidi Moussa récemment rénovées  et toujours actives.  Le spectacle mérite que l’on supporte les puissantes et acres effluves. Il faut aussi se rendre aux poteries où les céramiques aux décors bleus de cobalt continuent à être produites dans une cinquantaine d’ateliers.  Dans ces souks, dans  ces rues étroites, interdites aux voitures, aux mille senteurs on est dans un ailleurs où les émotions et les sensations dominent

Ce qui est merveilleux par-dessus tout  c’est que Fès n’est pas une ville musée. Des fassi  vivent dans cet environnement chargé d’histoire, y  travaillent, y gagnent leur pain. On y voit les boulangers,  les bouchers, les poissonniers , les marchands de primeurs y ont leurs étalages et leurs clientèles.

Avec juste raison  Fès fonde de grands espoirs sur le tourisme.  Le  classement au patrimoine mondial de l’Unesco en 1981 de sa Medina a conduit le Maroc à engager des programmes de sauvegarde de ce bâti millénaire  qui comprend des monuments mais aussi des maisons traditionnelles plusieurs fois centenaires qui n’étaient plus entretenues. Le roi et  l’Agence de développement et de Réhabilitation de la ville de Fès ( Ader Fès) a lancé un  grand programme    de restauration   quinquennal  concernant 4 000  bâtisses menaçant ruine et 27 monuments ou sites historiques sur la période 2013-2017. Il   va se poursuivre  .

Carnet de voyage

S’y rendre :

L’aéroport international Fès Saïs à 14 km au sud du centre-ville est desservi  depuis la France par plusieurs compagnies : Royal Air Maroc, Air Arabia Maroc, Transavia France et Ryanair

Se loger : Quelques belles adresses

Fès offre une gamme complète d’hébergement, des pensions sans prétention aux riads de charme. Mieux vaut réserver en haute saison, notamment pendant le Festival de Fès des musiques sacrées du monde en mai.

Le Palais Faraj : Fleuron du luxe à Fès, le Palais Faraj a ouvert ses portes en avril 2012.  Situé sur la colline sud, l’hôtel composé de 25 suites est organisé autour de deux parties, l’une moderne et l’autre plus ancienne. La plupart de ses chambres, son restaurant et son bar disposent d’une incomparable vue panoramique, sublime le soir, sur toute la médina. La décoration des parties communes et des suites respecte  la pure tradition fassi, tout faisant sa part au  confort contemporain. Zelliges et mosaïques murales, salles de bain en marbre côtoient boiseries et plâtres sculptés.  Une très belle piscine, un espace détente avec  hammam et Spa sont à la disposition de la clientèle.

Le restaurant offre une excellente cuisine, l’une des meilleures de la ville, copieuse et raffinée, Le  chef est une cuisinière car au Maroc les femmes conservent la mémoire de la cuisine traditionnelle et personne ne songe à la leur contester. Elles sont les meilleures.

Le riad El Amine : Cette  maison d’hôtes traditionnelle, témoin d’un passé sauvegardé, située dans la médina dispose de plusieurs suites, de chambres, de deux salons dédiés à la restauration marocaine, d’un salon de détente et d’une bibliothèque, d’un spa et d’une piscine couverte. La Wi-Fi y est gratuite.

Le palais Medina et Spa : hôtel 5 étoiles à prix abordable situé dans la ville nouvelle près du centre commercial Fez Norj est à 13 minutes à pied du palais royal. Il est lové au cœur d’un jardin andalous de 5ha , est doté d’une piscine extérieure et d’une piscine intérieure de détente dans l’enceinte de son spa.

Visiter

On peut se déplacer à pied, en taxi rouge mais pas en calèche. Fès n’en a pas.  Pour visiter la medina et ne pas s’y perdre, il vaut mieux prendre un guide. Six parcours au moins sont possibles et selon l’excellent guide,  Chekib, très cultivé, fin connaisseur de l’histoire de son pays et de sa ville qu’il distille  toujours à bon escient dont nous avons profité, «  la medina est si complexe, si vaste que même les fassi ne parviennent pas toujours à s’y retrouver ». Après une longue marche dans la medina chargé de ses différents achats dont de fort belles écharpes de soie, il est recommandé de s’arrêter au Clock Café, café culturel qui, depuis 2007 propose des animations montrant la diversité culturelle du Maroc, expositions,  débats, contes traditionnels, concerts

Pour un séjour un peu plus long

Une visite dans la région s’impose. Elle est réputée   pour  la qualité de ses productions agricoles que l’on retrouve dans la cuisine traditionnelle de grande qualité et que l’on célèbre en avril lors du festival des arts culinaires de Fès. Au sud de la ville sur la route du Moyen Atlas, non loin d’Immouzer du Kandar, une ferme biologique produit un ensemble de fromages de chèvre de très grande qualité.  A 22km au sud de Fès,dans la région de Séfrou,, renommé pour sa cascade et son art culinaire, on peut acheter de la viande de bœuf séchée , des gâteaux de miel , du safran,de l’huile d’olive extra vierge

Enfin les amateurs de golf trouveront leur bonheur sur l’Oued Fès Golf, magnifique parcours de 18 trous par 72 sur 6243m. Son design très raffiné est signé Jonathan Gaunt, célèbre architecte écossais de réputation mondiale.

Françoise Cariès.






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