Dreux ne veut plus entendre parler du FN…même sur France 3

 
“Dreux la vie d’après”, c’est le titre d’un documentaire réalisé par Corinne Bianrosa, journaliste et réalisatrice qui a voulu retrouver le berceau du Front national. Elle a tourné un magazine sur le FN trente ans avant. La production voulait organiser un débat autour du sujet dans un cinéma de Dreux. Mais le cinéma “indépendant” à qui elle l’a proposé a refusé, sous la pression semble t-il de la mairie, qui ne veut plus entendre parler de cette période noire de la sous-préfecture d’Eure-et-Loir, au temps des Marie-France et Jean-Pierre Stirbois.

“Nous dénonçons là une forme de censure d’autant plus incompréhensible que le film montre les aspects positifs de l’engagement citoyen à Dreux « laboratoire des fraternités » après avoir été « laboratoire du FN ». Il nous semble inquiétant que le traumatisme des années 80 perdure à ce point en 2017 qu’on ne puisse seulement même évoquer cette part de l’histoire de la ville, et que la peur puisse continuer à guider les esprits. Il nous parait également pour le moins curieux que l’équipe municipale en place s’arroge le droit de mettre la main sur une partie de la mémoire collective des drouais”, explique l’auteur du documentaire. Le producteur du document, Gilles Perez, avait contacté le cinéma Cinécentre pour y organiser une projection et un débat avec Corinne Bianrosa, l’auteur du film; “Cela nous paraissait très important de donner la parole au citoyen pour évoquer le traumatisme vécu à l’époque”; Mais la direction du cinéma a refusé. Pression de la mairie, désireuse de ne pas ranimer les blessures d’antan? Contacté par Magcentre, le cabinet de Gérard Hamel, le maire de Dreux, n’a pas souhaité s’exprimer.

Le 11 septembre…1983

C’est ici que tout a commencé en région Centre. Si la France entière connaît le nom de Dreux, c’est parce qu’il y a trente ans, le Front national réussissait dans cette ville d’Eure et Loir une entrée fracassante sur la scène politique … Nous sommes le 11 septembre 1983, et le FN allié au RPR (droite républicaine de l’époque) , entre au conseil municipal après une campagne violente basée sur le rejet des immigrés.

Durant plus de 10 ans, le couple artisan de cette victoire va focaliser l’attention des médias dans l’hexagone et au-delà. Jean-Pierre Stirbois, alors numéro deux du FN et stratège de Jean-Marie Le Pen, puis sa femme Marie-France vont diviser profondément cette petite ville de province de 30 000 habitants où les besoins en main d’œuvre ont fait qu’un habitant sur quatre est d’origine étrangère. Aujourd’hui, le Front national, se revendique comme  le premier parti de France avec 6 millions d’électeurs aux dernières élections régionales.

Mais à Dreux, en Eure et Loir, la liste frontiste patine avec un score en dessous de la moyenne nationale. Lors de précédentes élections municipales, le parti de Marine Le Pen n’a pas réussi à trouver assez de candidats pour constituer une liste.

Pourtant, dans cette ville désormais la neuvième plus pauvre de France, le nombre d’habitants d’origine immigrée a doublé en trente ans.

Que s’est-il passé pour que Dreux ne soit plus le « laboratoire » des idées du Front National ?

Corinne Bian-Rosa raconte l’histoire d’un combat collectif contre l’intolérance et les préjugés.

Lundi 6 février sur France 3, après le Grand Soir 3

 






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