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Retromobile, des automobiles pour rêver

L’automobile a mauvaise presse en ce moment. C’est peu de le dire. Il faudra pourtant un jour que l’on différentie voiture et mobilité dans les villes. Car ce n’est quand même pas de sa faute si les responsables politiques sont incapables de penser une politique cohérente de mobilité compatible avec les impératifs de pollution. Alors que les amoureux de la « chose roulante » se fassent plaisir en retrouvant l’espace de quelques jours ces belles carrosseries, témoignages du génie de l’homme.

Johnny Halliday et sa cadillac série 62

Comme tous les ans au mois de février, Rétromobile, le salon de la voiture ancienne ouvre ses portes à Paris aux amoureux de la belle mécanique. Peu de chance d’y croiser la maire de Paris qui ne porte pas l’automobile dans son cœur. Pourtant on y verra de beaux « objets roulants » du 8 au 12 à la Porte de Versailles. Cette année, Ferrari est à l’honneur dans cette Mecque où constructeurs, clubs, marchands, maisons de vente aux enchères, restaurateurs carrossiers et mécaniciens se sont donnés rendez-vous. Comme tous les ans, Artcurial procédera à une vente aux enchères à faire rêver. Les fondus de voitures anciennes et de Rock’n’roll se précipiteront pour découvrir la Cadillac Série 62 de 1953 customisée par Boyd Coddington de Johnny Halliday que le chanteur met en vente avec une Harley-Davidson Softail Springer de 1989 au profit de l’association « La Bonne Etoile » co-présidée par sa femme Laetitia. Totalement « relookée » par le pape des hots-rods, ce somptueux cabriolet a quitté Los Angeles et traversé l’Atlantique pour l’occasion.

Parmi les événements de ce salon : un hommage à l’ingénieur Victor Bouffort, un inventeur mal connu qui fut souvent précurseur dans le domaine de l’automobile ; la présentation de deux blindés centenaires qui participèrent à la Première Guerre Mondiale. Seront exposées six Delage, deux Ballots réunies pour la première fois depuis 1920. A noter également la présence de Brabus, le grand restaurateur allemand de Mercedes.

La DB5, véritable icône

Cette année, le visiteur pourra admirer, grâce à l’exposition initiée par The Classic Car Trust, deux exceptionnelles Aston Martin, la fabuleuse DB4 GT carrossée par Zagato et la DB5 dont le destin est lié à celui d’un certain James Bond. En fait on devrait dire une des DB5 de James Bond puisqu’il y en eut plusieurs utilisées dans l’épopée de l’agent britannique.

Aston Martin DB4 GT Zagato

L’histoire de cette voiture est un véritable roman. Elle apparait pour la première fois en 1964 dans le film Goldfinger. Les producteurs Broccoli et Saltzman souhaitaient une Aston Martin, mais pas une DB3 comme dans l’ouvrage éponyme de Ian Fleming, une plus moderne. Après moult négociations avec la firme de Gaydon, ils obtiennent la première DB5 jamais produite, une Silver Birch extérieurement assez semblable à la DB4 série 5 mais dotée d’un moteur de quatre litres. Mise entre les mains du directeur artistique, Ken Adam et de l’homme des effets spéciaux, John Stear, elle devient la mythique James Bond DB5, doté des treize gadgets que l’on connait, un véritable arsenal de guerre, avec en prime le siège éjectable ! En fait, quatre véhicules furent utilisés par la production.

Deux mitraillettes Remington

La DB5, châssis n° DP/216/1, originale transformée avec l’immatriculation BMT 216A, pour les gros plans ; une deuxième, châssis n° 1486/R, sans gadgets enregistrée sous la plaque FMP 7B, mais utilisée avec la plaque BMT 216A pour les prises de vue larges et les poursuites. C’est ce modèle qui sera utilisée pour Thunderball l’année suivante et plus tard doté des mêmes gadgets que l’originale. Enfin deux autres DB5, châssis n° 2008/R et châssis n° 2017/R seront équipées des gadgets et destinées à la promotion. Le destin de ces voitures est intéressant. Curieusement, en 1968, la toute première, l’originale, a été amputée de ses gadgets par Aston Martin avant d’être remise sur le marché. Mais l’acheteur les réinstalla avant de la revendre en 1970.  Cette voiture disparut mystérieusement dans la nuit du 18 au 19 juin 1997 du hangar de l’aéroport de Boca Raton en Floride et ne fut jamais retrouvée. Elle avait été acquise en 1987 pour 275 000 $ par un promoteur, Anthony Pugliese, lors d’une vente aux enchères de Sotheby’s. La DB5, châssis n° 1486/R, vendue à un  DJ américain, Jerry Lee, pour 12 000 $ en 1964, a été rachetée en 2010 par un banquier de Cincinnati, Harry Yeaggy, pour la modique somme de 4,5 millions de dollars. Quant aux deux autres, la DB5, châssis 2008/R, celle qui est présentée au salon, anciennement propriété du Smoky Mountain Museum elle appartient à un collectionneur suisse. Totalement restaurée, elle est en parfait état. Tous les gadgets fonctionnent. La quatrième, châssis 2017/R, est la propriété du Louwman Museum à la Haye, Pays-Bas.

André Degon.

Retromobile

Du mercredi 8 au dimanche 12 février. Parc des expositions de la Porte de Versailles, 75015 Paris.  Pavillons 1, 2 et 3.

De 10 h à 19 h sauf les mercredis et vendredis de 10 h à 22 h. Tarif : 18 euros.

Site : https://www.retromobile.fr/

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