Les assistants parlementaires scandaient : “nous ne sommes pas des Pénélope !”

L’Assemblée nationale.

“Nous sommes précaires parce que nous travaillons avec des élus. Nous n’avons pas d’instance de dialogue social, pas de comité d’hygiène et de santé, de comité d’entreprise, de convention collective. Pourtant, nous sommes des salariés comme les autres”, a souligné Florence Faye, la secrétaire générale de l’Union syndicale des collaborateurs parlementaires du Sénat (UNSA-USCP-Sénat).  Ils se battent depuis des années pour obtenir un statut digne de ce nom. En vain. Et voilà que Pénélope Fillon leur offre  une occasion unique. Les collaborateurs parlementaires l’ont saisie et, parce qu’ils ont de l’humour, ils scandaient vers 13h30 devant le palais du Luxembourg « Nous ne sommes pas des Pénélope ! ».

 

Quelques 2.500 collaborateurs travaillent à l’Assemblée nationale et un millier au Sénat. La moitié d’entre eux sont titulaires d’un bac+4 et plus, a indiqué Maxence Gille (Agap, Association de gauche des collaborateurs parlementaires du Sénat). Leur salaire médian est de 2.914 euros brut pour un âge moyen de 43 ans.

Ils étaient une centaine auxquels s’étaient mêlés des sénateurs socialistes, communistes, écologistes et PRG qui dénonçaient « le plan social silencieux » qui les frappera en juin à la suite des élections législatives et en septembre après les sénatoriales. Ils ont déjà fait leurs calculs : 1000 à  l’Assemblée nationale, 300 au Sénat. « Quand il y a fin de mandat, le collaborateur est licencié pour motif personnel, c’est-à-dire que la responsabilité du licenciement pèse sur lui. Or ce n’est pas de son fait ».  dénonçait Frédéric Faravel (CGT CP). Les collaborateurs parlementaires considèrent que ce doit être un licenciement pour motif économique qui doit être appliqué. « Cela aurait  d’importantes conséquences pour nous puisque les conditions d’accompagnement ne sont pas les mêmes. Nous pourrions bénéficier du contrat de sécurisation professionnelle qui offre un accompagnement dans la recherche d’emploi et un indemnisation chômage de 75% au lieu de 57,4 % » a-t-il ajouté.

 

Il a aussi contesté la position des services de l’Assemblée nationale et du Sénat qui considèrent que la jurisprudence les empêche de considérer les licenciements en fin de mandat comme des licenciements économiques. “Si les parlementaires estiment qu’il faut changer la loi, c’est à eux de le faire. Il est temps qu’ils prennent leurs responsabilités”, a-t-il lancé.

Enfin, tous se sont prononcés pour un renforcement de la transparence, un meilleur encadrement de la profession et des outils de modernisation du dialogue social. “Le jour où des inspecteurs du travail viendront vérifier nos conditions de travail, peut-être que des parlementaires indélicats – il n’y en pas beaucoup – ne feront plus n’importe quoi”, a dit  Frédéric. Faravel. « Les intérêts démocratiques coïncident avec nos revendications”

En aparté, comme Le Monde du 7 février le signalait déjà, ils soulignaient  « qu’un collaborateur ne peut pas travailler pour le compte d’un parti politique ou pour une campagne électorale. Cela lui est interdit. S’il veut le faire, il  doit prendre des jours de congé ou le faire sur son temps libre », allusion  à la déclaration de François Fillon qui a déclaré  que son fils, assistant, faisait “des fiches pour la campagne de Nicolas Sarkozy ». Encore une obligation que l’ancien Premier ministre ignorait. 

F.C.

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