Une poignée de manifestants radicalement contre Pontourny

La manifestation organisée samedi matin contre le centre de déradicalisation de Pontourny à Beaumont-en-Véron (Indre-et-Loire), n’a pas recueilli le succès espéré. Les manifestants ont eu beau crier “les habitants avec nous”, ils n’ont été que 150 à défiler dans cette commune de  3 000 habitants, dont un petit noyau du Front national.
 

A Beaumont-en-Véron (Indre-et-Loire), la contestation, même limité aux riverains directs, reste virulente. Samedi dernier, environ 150 personnes ont manifesté dans les rues de cette petite commune vouée à la viticulture, proche de Chinon, pour exiger la fermeture immédiate cinq mois après l’ouverture du premier centre français de déradicalisation, vide depuis peu de tout pensionnaire. « On nous a vendu des mensonges, on craint un drame comme à Saint-Etienne du Rouvray, on ne veut plus en entendre parler, c’est une vraie gabegie », explique l’une des porte-parole de l’association de riverains « radicalement digne de Pontourny ». Le centre de « prévention, d’insertion et de citoyenneté », que le gouvernement voulait exemplaire, avait été visité par Manuel Valls, alors Premier ministre en octobre.

“Pas de Beaumont du Rouvray”

La conseillère régionale FN Véronique Péan au coeur de la manifestation.

Bien couverte par les médias, y compris nationaux, la manifestation s’est ébranlée vers onze heures au cris de  : “”On ne veut pas d’un Beaumont du Rouvray! », “Cazeneuve démission”, “moratoire à l’abattoir”.  Les manifestants après une halte et une Marseillaise devant la mairie, ont marché jusqu’au centre, à un kilomètres de là. Devant les grilles fermées du centre , un beau manoir fermé et désert, protégé par quelques véhicules de gendarmerie, les manifestants ont pris la pause, notamment pour un direct TV. La plupart des contestataires sont des riverains mais dans le cortège défilaient aussi des militants du Front national et des « Identitaires » qui disent redouter l’arriver prochaine de « revenants » de Syrie.

Les dérapages en série

Le centre s’était heurté, dès l’origine, à une levée de boucliers d’une partie de la population mais aussi de certains élus. Pour calmer leurs craintes, le gouvernement s’était engagé à n’y envoyer que des volontaires, en voie de radicalisation. Mais les dérapages se sont succédé. Une première polémique avait éclaté peu après l’ouverture avec l’exclusion d’un premier pensionnaire du nord de la France. En janvier un autre a été interpellé en Alsace lors d’un coup de filet antijihadiste. Et le dernier a quitté les lieux la semaine dernière à la suite d’une condamnation pour des violences antérieures. Un déradicalisé qui s’est radicalisé au centre…!

Devant le centre de Pontourny.

La trentaine de salariés qui encadrent les pensionnaires, éducateurs, psychologues…n’a travaillé en cinq mois, que pour neuf jeunes alors qu’on en attendait 25 pour le mois de janvier 2017.

 

 

La balle dans le camp de Bruno Le Roux

Absents de la manifestation mis à part une conseillère régionale FN, Véronique Péan, les les élus de la région ont eux aussi le sentiment d’avoir été menés en bateau. Le 6 février, le conseil municipal de Beaumont-en-Véron, saisi par le maire Bernard Château et le préfet d’Indre et Loire Louis Lefranc, s’est pour la première fois prononcé en faveur de la fermeture du centre. « Cette proposition a été votée à une large majorité. Au départ nous n’étions pas opposé au projet mais les pensionnaires ne correspondent pas  au profil annoncé », explique Vincent Naulet, premier adjoint. « Nous avons donc fait le constat que cela ne fonctionne pas et nous avons changé de point de vue » a -il déclaré à la presse après le passage des manifestants>.


Vendredi, lord du deuxième comité de suivi de Pontourny, les élus locaux dont le député PS Laurent Baumel, réunis à la préfecture d’Indre et Loire se sont contentés de demander un « moratoire » d’un mois, « le temps d’étudier si le dispositif est bien calibré pour répondre aux attentes », affirme Jean-Louis Dupont, maire de Chinon et président de la communauté de communes. Celui-ci devrait être reçu avec d’autres élus par Bruno Leroux, le Ministre de l’Intérieur. Vendredi sur Europe 1, Bruno Le Roux a indiqué qu’il continue à “travailler” pour conserver le centre ouvert.

Ch.B

 

Commentaires

Toutes les réactions sous forme de commentaires sont soumises à validation de la rédaction de Magcentre avant leur publication sur le site. Conformément à l'article 10 du décret du 29 octobre 2009, les internautes peuvent signaler tout contenu illicite à l'adresse redaction@magcentre.fr qui s'engage à mettre en oeuvre les moyens nécessaires à la suppression des dits contenus.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Code de sécurité *




Recevez chaque jour les nouveaux articles par e-mail

Votre e-mail ne sera communiqué à aucun tiers et servira uniquement à vous envoyer les titres chaque jour par e-mail