Orléans : La sécurité et tranquillité publique en débat au conseil municipal

Le bilan de la délinquance à Orléans, présenté par Olivier Geffroy adjoint à la Sécurité et Tranquillité publiques (lire ici) ont donné lieu à quelques débats lors du conseil municipal d’Orléans lundi 13 février.

La présentation du bilan de sécurité et délinquance par Olivier Geffroy a ouvert le débat parmi les élus municipaux. Michel Ricoud (PCF, La Source) estime que « ceux qui trinquent le plus sont souvent les familles les plus modestes. Par exemple dans les rodéos de voitures ou de motos, qui engendrent un stress et une angoisse chez les habitants. La police intervient, j’en conviens. Concernant les trafics de drogue, il n’est pas question de dire que tout va mal et que rien n’est fait. Mais peut-être qu’en matière de prévention on peut faire plus. Des passerelles entre les jeunes des quartiers, une jeunesse ‘anti-flic’ et certains comportements des policiers ».

Corinne Leveleux-Teixeira (PS) insiste sur « le contexte social de ces chiffres de sécurité, qui permet des passages à l’acte. Cependant il faut relativiser la situation orléanaise, en comparaison au Loiret ou au niveau national. S’il faut reconnaître le bon travail et la bonne collaboration entre la Police nationale et Police municipale, il ne faut pas confondre les missions : à la Police nationale les enquêtes au long cours, à la Municipale le volet social, d’écoute et discussion. Concernant la vidéo-surveillance, ça n’a jamais empêché un passage à l’acte, et ça ne permet pas toujours l’élucidation ».

Michel Brard (PS), dans les affaires de cambriolages, s’interroge sur « les voisins vigilants ? Y a-t-il activité ou pas d’activité ? Sur les stupéfiants, quid de la réalité économique des trafics de drogue ? Les habitants constatent que des personnes ne semblent pas avoir beaucoup d’activité professionnelle, mais pour autant pas de soucis matériels. Enfin, les violences faites aux personnes le sont souvent envers les femmes, les enfants, mais songeons aussi aux violences dans les collèges ». Ce que Dominique Tripet (Front de gauche) confirme : « A peine 10 % des femmes victimes d’agressions sexuelles portent plainte, ce qui voudrait dire que le chiffre de 135 violences sexuelles pourrait en réalité dépasser 1.000 ! »

Florent Montillot, adjoint à l’Éducation, prévention et réussite éducative, insiste pour sa part sur les causes des violences physiques : « elles ne sont pas socio-économiques mais d’abord socio-éducatives. Il s’agit d’encadrer les jeunes, et d’assurer la supervision parentale. Il faut sortir les enfants de l’école de la rue, en les replaçant vers la parentalité et l’Éducation nationale. En 2016, 650 enfants de 5 à 11 ans ont été suivis sur le plan individuel, et dans les collèges et les plus de 16 ans, ce sont tous les dispositifs pour lutter contre le décrochage scolaire, la Passerelle notamment. Tout cela avec les éducateurs de la Ville d’Orléans qui sont sur le terrain hors du temps scolaire, pendant les vacances comme en ce moment-même ».

Pour Serge Grouard, ancien maire et actuel adjoint à la stratégie métropolitaine, rappelle que « depuis la distinction entre zone police et zone gendarmerie, les violences aux personnes augmentent entre 1 et 9 % ». Et aussi de rappeler qu’en 2016, en France, « 15.000 policiers et gendarmes ont été blessés en service ».

F.S.






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