Salon international de l’Agriculture : beaucoup de talents et de craintes

A l’heure du laitier, le 54e  Salon  international de l’Agriculture de Paris, a été inauguré par François Hollande pour la cinquième et dernière fois de son mandat. Accompagné du ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll, le Chef de l’État, président à la campagne mais pas en campagne, accueilli par la présidente  par intérim de la FNSEA (Fédération nationale des exploitants agricole), Christiane Lambert,  s’est montré attentif et solidaire d’un monde agricole  secoué  par des crises à répétition.

 

« Aujourd’hui s’ouvre un Salon qui n’est pas comme les autres, marqué par une profonde tristesse et par la gravité des crises que nous traversons », a-t-il déclaré avant d’inaugurer sur le pilier du hall 1, celui des animaux, une plaque commémorative en  hommage à Xavier Beulin, et de saluer son travail de syndicaliste et  de chef d’entreprise : « Il avait alerté sur l’importance des crises climatiques, sanitaires et économiques que traverse l’agriculture. Ce message doit être entendu par l’ensemble de la société », a dit le président de la République.

Pour le Président une paisible  der des ders

Pour sa der des ders en tant que  président de la République, François Hollande a pris son temps, déambulant  pendant près de neuf heures dans les allées noires de visiteurs peu soucieux des difficultés du monde agricole, ravis de tant de talents et de savoir-faire, désireux de goûter et de ressourcer le lien indéfectible qui existe entre agriculture et alimentation.

Cependant au fur et à mesure de son avancée, le cortège présidentiel fortement encadré par un cordon de sécurité, n’échappait pas aux suppliques de professionnels asphyxiées par les charges et étranglés par les prix. « Rien n’a bougé sur l’Europe, rien sur les prix », lui lançaient les laitiers. Cris d’angoisse sans acrimonie auxquels François Hollande répond par une mise en garde contre les promesses de certains candidats : «  À ceux qui remettent  en cause l’Europe, il faut rappeler ce qu’était l’agriculture avant l’Europe. Certes il faut repenser la politique agricole commune mais il faut la préserver ».

À l’évidence, la superbe vitrine à laquelle participe avec talent notre région ne parvient pas à masquer la morosité et l’inquiétude des producteurs qui aiment leur métier et veulent en vivre. Derrière la fierté du beau travail accompli apparaît un lassitude qui voudrait ne plus exister. Dettes, trésorerie peau de chagrin… Les éleveurs le disent et les officiels sont bien obligés de les entendre . Sur le stand de l’Interbev, interprofession du bétail et des viandes, le président de la filière, Dominique Langlois,  évoque les craintes que suscite le CETA, cet accord de libre échange franco-canadien . Puis il enchaîne sur les images atroces prises clandestinement dans certains abattoirs : « Elle ne reflètent pas la profession. Les attaques dont nous sommes l’objet sur le bien-être animal sont insupportables . Nous préparons un pacte sociétal écrit en collaboration avec les ONG environnementales et sur le bien-être animal. Mais  au milieu de tous ces problèmes nous  enregistrons une satisfaction, l’indication de l’origine ‘France’ sur les produits contenant du lait et sur ceux contenant au moins 8% de viande. C’était une de nos revendications au précédant salon ».

Inutile de chercher les volailles sur pattes que l’on trouvait  dans le hall 4. Pour cause de grippe aviaire, elles ont été déclarées personna non grata pour la  deuxième année. Le découragement commence aussi à poindre chez les volaillers exposant au Salon  qui constituent une filière très organisée et à la réputation internationale. Les lapins en profitent pour prendre leurs aises. Nombreux sont les enfants qui s’extasient devant la taille du géant des Flandres ou dulapin- bélier dont les oreilles sont tombantes.

Les candidats à la présidentielle attendus de pied ferme

Point d’hostilité  sur le parcours du président qui s’en va mais de la bonhommie et beaucoup de selfies. Par contre le traditionnel défilé des candidats à la présidentielle  qui commence dès demain  dimanche est attendu de pied ferme. A moins de deux mois du premier tour, tous souhaitent se concilier le monde agricole et rural en pleine mutation et celui-ci connaître les intentions de ceux qui briguent le sommet de l’État.

F.C.






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