L’Orchestre Symphonique d’Orléans: Mozart au chœur !

Le programme du deuxième concert de l’année proposé  ce week end, par l’Orchestre Symphonique d’Orléans était essentiellement composé d’œuvres pour chœur et orchestre choisies à différentes périodes de la vie du grand compositeur, avec pour finir le célébrissime requiem. Ces œuvres interprétées en l’église Saint Paterne, constituaient une belle illustration, dans la production prolifique du compositeur, de ses compositions à thème religieux et de son approche originale de cette musique de cérémonie.

Que ce soit dans les commandes de l’église ou plus tard dans son requiem, Mozart révèle son génie musical dans une écriture très lumineuse, ou le message religieux s’inscrit dans une musicalité riche, pleine d’une énergie vitale qui transcende l’humanité. Car Wolfgang Amadeus Mozart place sa foi au-dessus de tout, sauf de son art. La religiosité se sou­met à la tonalité, ainsi la musique ne doit-elle raconter rien d’autre qu’elle-même et ne doit pas devenir une forme d’illustration de la foi.

Ce concert fut une brillante illustration de cette vision toute mozartienne, dans l’avènement du siècle des Lumières, du lien entre la foi et la musique, illustration simplement entrecoupée d’un joyeux Divertimento, joué debout par un orchestre enthousiaste, sous la conduite passionnée de son chef, nous offrant un bel intermède où se croisent un esprit contemplatif et une promenade bucolique avant de finir par une course endiablée.

Et puis vint en deuxième partie, cet étonnant requiem de Mozart, son requiem au double sens de l’expression, puisqu’il le laissa inachevé avant de mourir à 35 ans, illustration brillantissime de sa conception d’une musique plus forte que la mort. Quel défi que ce chœur et ces solistes chantant une liturgie où la joie et la vie surpassent la solennité de l’ultime cérémonie. Car Mozart, homme en proie aux doutes et aux angoisses, nous offre dans ce requiem une approche sereine et apaisée de la finitude: son écriture musicale inscrit par sa richesse, le triomphe de la vie comme une illustration de l’éternel retour, et sa fantaisie magnifique foisonne comme les fleurs sauvages au pied du marbre d’un monument funéraire.

L’interprétation très inspirée de ce chef d’œuvre par le chœur et de l’orchestre d’Orléans, dirigé par un chef se dépensant corps et âme, a donné au public remplissant l’église Saint Paterne durant ces deux jours, une grandiose illustration de l’inestimable génie mozartien.

Gérard Poitou

“Mozart de la jeunesse aux dernières œuvres”

Concerts des 5 et 6 mars 2017

Au programme:
Ave verum corpus pour chœur et orchestre, KV. 618 : 35 ans – 1791 – Vienne
Divertimento pour cordes en Ré Majeur, KV.136 : 16 ans – 1772 – Salzbourg
Dixit et Magnificat pour solistes, chœur et orchestre en Do Majeur, KV.193 : 18 ans – 1774 -Salzbourg
Requiem pour solistes, chœur et orchestre en Ré mineur, KV.626 : 35 ans – 1791 – Vienne

Orchestre Symphonique d’Orléans
Direction: Marius Stieghorst
Chef de chœur: Jean Christophe Michel
Solistes: Estelle Micheau, Adélaïde Rouyer, Steve Zheng, Julien Clément

 

 

 

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