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Canal d’Orléans : las, les mariniers montent au créneau

Face au potentiel touristique et économique inexploité du Canal d’Orléans, une dizaine d’associations de mariniers du Loiret s’est constituée en collectif. Elle entend ainsi peser et faire avancer ce dossier fleuve en obtenant enfin des différents décideurs la réhabilitation du canal et sa réouverture à la navigation de plaisance.

Jean-Louis Sénotier, président de l’association Les Chemins de l’eau et l’un des porte-parole du tout nouveau « Collectif canal d’Orléans »

Cela aurait-il assez duré ? Depuis le temps qu’on en parle, que des travaux se font puis s’arrêtent, que des sommes colossales sont engagées (restauration, réfection d’ouvrages, consolidation de berges, nettoyage, aménagement), rien ne se passe…
Pas la moindre étrave dans un petit clapot : le canal d’Orléans reste un morne décor… et ce, au grand désespoir des mariniers ! « C’est une idée de longue date ! Certaines associations comme l’ANCO* militent depuis longtemps ! insiste Jean-Louis Sénotier, président de l’association Les Chemins de l’eau et l’un des porte-parole du tout nouveau « Collectif canal d’Orléans », créé en décembre 2016. Le Conseil départemental a commencé certains travaux mais les a stoppés par manque de volonté politique. Aujourd’hui, cette volonté réapparait sous la pression des communes qui constatent, désolées, que ce canal meurt et se détériore ». 

Un rachat total du canal par le Département ? 

Pourtant son potentiel et ses atouts touristiques (naturels, environnementaux, patrimoniaux, historiques…) ont largement été démontrés et, selon le collectif, le canal ne cesse d’être plébiscité par les Loirétains désireux de pouvoir le pratiquer sous toutes ses formes (navigation, vélo, randonnées pédestres, pêche…). Sans oublier le succès croissant des fêtes et animations que proposent et souhaitent développer les associations. « Le canal est un réel outil de redynamisation des villages et des commerces comme la Loire à Vélo », poursuit Jean-Louis Sénotier. D’ailleurs, depuis 2005, le canal d’Orléans s’inscrit dans une stratégie touristique de mise en place de voies vertes entre Orléans, Montargis et Briare, le fameux « Triangle d’Eau », où il serait alors envisagé de relier Orléans et Montargis par le Canal d’Orléans.

C’est le Département qui l’aménagerait. « Il est prêt à faire les travaux nécessaires s’il devient propriétaire. Des négociations sont en cours entre le Département et l’État car la gestion du canal est liée à une convention jusqu’en 2026. L’État voudrait le vendre à 6,5 M€. Mais c’est trop cher pour le Département qui a déjà beaucoup investi et restauré des maisons éclusières. Maintenant les négociations seraient autour de 3 M€, mais l’idéal serait l’euro symbolique ». Des sommes engagées aussi dans des travaux par l’État lui-même mais aussi l’AgglO et différentes communes qui s’avèreraient inutiles si le canal n’était pas remis en état intégralement et s’il ne vit pas !

Le problème des écluses

à Combleux, la péniche Le Suave, de l’association Les Chemins de l’Eau, sera restaurée et aménagée en musée itinérant sur la marine de Loire et de canal. Elle naviguera entre Fay-aux-Loges et Combleux.

« C’est donc le moment pour le collectif d’apporter notre contribution pour faire avancer le dossier et faire pression sur le préfet, ajoute Jean-Louis Sénotier. La population souhaite cette évolution ». Pour cela, le collectif envisage d’aller voir le Président du Sydicat Mixte de Gestion du Canal d’Orléans (SMGCO), le préfet et le Président du Conseil départemental à qui il apporte son soutien : « Nous ne sommes pas dans une démarche de contestation, assure Jean-Louis Sénotier, mais de dynamique constructive. Nous souhaitons que des priorités soient définies comme la réouverture à la navigation de Combleux à Fay-aux-Loges : nous avons une autorisation de passage des écluses mais à chaque fois il faut demander une dérogation. Et puis ouvrir Combleux c’est permettre une navigation de Fay-aux-Loges à Orléans ».

Encore faudrait-il réparer le pont tournant de Combleux, aujourd’hui bloqué, et l’écluse de l’Embouchure qui est bouchée ! Aussi pour le collectif, avoir un plan de restauration sur dix ans est faisable et nécessaire : « Il ne faut pas faire peur à la population avec les coûts mais sur 10 ans c’est pratiquement inodore pour un Département ».

Partout ça bouge !

Partenaires incontournables pour l’avenir du canal d’Orléans, les associations signataires s’engagent, quant à elles, à faire vivre ce fleuron patrimonial en proposant au public des animations et des activités-découvertes au niveau historique, patrimonial ou encore environnemental. Et déjà les projets abondent : à Vieilles Maison-sur-Joudry, le projet de construction de la flûte berrichonne, La Belle de Grignon, avance bien.

Et à Vitry-aux-Loges, un projet de transbordeur est à l’étude : « Un transbordeur pour faire passer les bateaux de 12 m maxi d’un bief à l’autre permettant de pallier la restauration de l’écluse et du canal dans cette partie. Un prototype devrait voir le jour cette année. Autant de projets qu’il faut accompagner ! C’est pourquoi on y croit à ce rachat ! Sinon, il faudra attendre le dénouement en 2026 ». Soit neuf ans à se languir…

*Association pour la valorisation du patrimoine, du tourisme et de la navigation sur le canal d’Orléans.

E.B.

Commentaires

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  1. Le département du Loiret compte dépenser 80 à 100 millions d’Euros pour le nouveau pont de Jargeau (dont l’utilité n’est pas évidente)…
    Il est dommage que le développement touristique du territoire généré par la réhabilitation du canal d’Orléans ne semble pas être aujourd’hui un objectif du département !

  2. l’article est presque bien. Dommage que la parole ne soit pas donnée au Département, souvent cité, mais jamais exprimé… Le principe du contradicteur, ça ne se fait plus en presse/médias ?

  3. Je suis un amoureux des canaux et j’attends avec impatience de pouvoir louer ma péniche pour partir d’Orléans, mais si cela continue, vu mon age, je n’aurais pas cette joie.
    Alain Vercoustre

  4. Personnellement, je me passe très bien de ne pas pouvoir naviguer sur ce canal, quoique je l’ai fait une fois avec l’Ouzance.

    Ma priorité irait plutôt vers l’entretien et la réparation des turcies et des levées de la Loire, pour mettre 60.000 habitants un peu mieux à l’abri des inondations.

  5. Je suis en train de démarrer une numérisation d’une collection nautique en rapport avec l’archéologie fluviale des bateaux de Loire (pièces issues de chaland, de scrute…), ce projet peut être collaboratif et à potentiel pour tous, des projets en réalité augmentée peuvent être aussi associés.
    Christelle Delcher
    c3D optimisatrice

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