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Le grand oral des candidats devant les maires de France

C’était un des  passages obligés de la campagne présidentielle 2017. À trente jours du premier tour, à l’invitation de l’Association des maires de France (AMF)  les onze  candidats  étaient conviés à la Maison de la Radio à détailler leurs intentions pour les territoires à 800 maires et présidents d’intercommunalités exaspérés par les baisses de dotations qu’ils subissent depuis trois ans. Ils étaient invités à se déterminer sur le Manifeste de l’AMF « pour des communes fortes et vivantes au service des  citoyens » et plus particulièrement sur les 15 engagements  pour « un véritable contrat de mandature ».

Ils ont été accueillis par François Baroin, président  L.R. de l’AMF (Association des maires de France) qui avait à ses côtés son premier vice-président, André Laignel, maire PS d’Issoudun (Indre). Chacun des intervenants disposait de trente minutes pour exposer ce qu’il entend mettre en œuvre sous son quinquennat s’il est élu.

Nathalie Arthaud (LO) a ouvert le bal avec son franc parler : «  De la part du gouvernement, rogner sur les dotations est particulièrement cynique : cela permet de faire porter l’impopularité sur les maires qui sont à portée d’engueulade ».

Jean Lassalle l’a remplacée à la tribune avec son accent rocailleux de Pyrénéen. Le député-maire de Lourdios-Ichère (120 habitants dans la Vallée d’Aspe) a d’abord remercié ses collègues pour leurs parrainages Celui qui en 2013 a accompli un tour de France à pied entend faire « des campagnes et des communes une cause nationale  et  table rase des lois de décentralisation en particulier la loi NOTRe », ce qui lui a valu un tonnerre d’applaudissements.

 

Macron sifflé puis applaudi, Fillon prudent

Une mise en bouche sympathique avant Emmanuel Macron attendu de pied ferme qui lui a succédé et a été accueilli par des sifflets. Le patron d’En Marche ne s’est pas démonté, demandant le respect que, lui, accorde à tous ses adversaires. Un rappel à plus de civilité parfaitement reçu. Ce qui n’a pas empêché que sa volonté de suppression de la taxe d’habitation pour 80 % de ceux qui la payent continue à être contestée. Elle passe mal chez les maires. « C’est un impôt qui est injuste socialement, qui pèse plus en relatif sur les classes moyennes. C’est un impôt injuste sur le plan territorial, il pèse plus sur les villes moyennes, les villes centres, les ruralités”, a dit le candidat avant de promettre que « L’État la remboursera à l’euro prêt aux collectivités  sur la base des taux actuels. Je ne suis pas venu ici pour vous dire qu’on ne va pas faire des économies dans les cinq années à venir », a-t-il annoncé d’emblée avant de réaffirmer son objectif de « 60 milliards d’économie dont 10 milliards » concernant les collectivités locales. Déclaration moyennement bien accueillie mais point sifflée. « Je souhaite que vous vous engagiez dans une trajectoire de baisse de vos dépenses de fonctionnement », a-t-il ajouté soulevant une nouvelle salve de protestations. « Quiconque peut vous dire aujourd’hui qu’on ne fera pas d’effort en dépense publique, côté État comme côté collectivités  territoriales ou sociales ne vous dira pas la vérité » a-t-il ajouté suscitant du coup quelques francs applaudissements qui se sont intensifiés lorsqu’il  s’est engagé à ne pas diminuer les dotations aux collectivités locales.
 

En début d’après-midi, le candidat de la droite s’est installé sur la même ligne  en annonçant une baisse des dotations aux collectivités territoriales mais, devenu prudent,  François Fillon a annoncé qu’il baisserait les dotations des collectivités territoriales de 7,7 milliards au lieu des 20 initialement prévus dans son projet. Insistant sur le caractère incontournable de la baisse de la dépense publique, il a précisé son objectif, « une baisse de 1,5 milliard par an » ; Puis il s’est bien gardé d’omettre la promesse  « d’un bonus de dotation globale de fonctionnement pour les collectivités qui feront un effort de réduction de leurs dépenses ».  À l’issue de la prestation  de l’un et de l’autre les maires sont restés sur la réserve quand ils n’exprimaient pas  leur insatisfaction. « On est à l’os »  protestaient-ils.
 

Contre la mort des communes

Nicolas Dupont-Aignan

Nicolas Dupont-Aignan, candidat de Debout la France, maire de Yerres dans l’Essonne  s’en est pris à tous les gouvernements depuis 20 ans. « Nous sommes en train  d’assister à la mort de nos communes », s’est-il écrié. « Je propose une autre politique qui vise à donner de l’oxygène et plus de liberté aux communes, cellule de base de la République en remettant l’État sur les dossiers fondamentaux car ce dernier se mêle de choses qui ne le regardent pas » a-t-il ajouté. Puis il a visé François Fillon et Emmanuel Macron qui proposent des économies « Ils proposent de baisser les dotations. Comment allons-nous faire alors qu’on sait que les dotations aux communes ont été considérablement réduites ? ». Puis il a conclu : « Il faut changer de cap ».
 

 

Bien que de bord opposé, Benoît Hamon, le candidat socialiste ne souhaite pas passer outre l’avis des élus locaux. « Mon engagement est simple, il n’y aura aucune baisse des dotations aux communes pendant la durée du quinquennat. Cette mesure centrale repose sur une conviction profonde, les collectivités ne sont pas une charge mais un levier puissant pour dynamiser l’activité économique ».
 

Jean-Luc Mélenchon

Jean-Luc Mélenchon, représenté par François Cocq, élu de Champigny-sur-Marne (94)  porte-parole de la France insoumise, souhaite lui, abroger la réforme territoriale. Et mettre fin au binôme métropole-région « qui crée de la compétition et de la mise en concurrence entre les territoires. Il s’agit de rendre aux communes leur liberté de conforter le principe de leur libre administration en stoppant la baisse de leurs dotations » a-t-il dit.

 

« Les maires ne sont pas là pour inaugurer les chrysanthèmes » s’est écrié à son tour  David Rachline, représentant Marine Le Pen en déplacement au Tchad. Le  sénateur-maire de Fréjus a dit que  le FN souhaite ne garder que trois niveaux : l’État, le département, la commune. Ce sera une « grande réforme gage de proximité et d’économies et les communes à laquelle Marine Le Pen est viscéralement attachée retrouveront leurs compétences » a-t-il martelé avant d’ajouter à l’intention de l’AMF,  « votre charte, à l’exception de l’intercommunalité nous la signerons »

François Asselineau, (Union populaire républicaine) le candidat surprise a accusé l’Union européenne d’être à l’origine des difficultés des communes et Philippe Poutou , candidat du Nouveau parti Anticapitaliste (NPA) a également rejeté   « la dernière réforme territoriale car les intercommunalités éloignent la démocratie ». Il a conclu en avouant qu’il n’était pas habitué à s’exprimer devant autant de costumes  cravates rassemblés dans un même lieu.
  

F.C.

Commentaires

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  1. Les promesses de campagne n’engagent que ceux qui y croient et il faut plutôt craindre la perte des prérogatives des communes et donc des pouvoirs des maires : éloignant ainsi les habitants du premier niveau d’exercice de la démocratie et de la participation citoyenne !

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