Blois : la santé trouve sa place dans la campagne présidentielle

À l’initiative de la Mutualité française Centre et du Club de la presse du Val de Loire, une « place de la santé » réunissait mercredi 22 mars au restaurant-bar Vinomania à Blois acteurs de santé, associatifs, et représentants des candidats à l’élection présidentielle. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le sujet intéresse fortement. Divers échanges et un débat auront-ils permis de faire passer les messages ?

(de g. à d.) : Michel Chassier (FN), Jean-Pierre Door (L.R), Serge Lepeltier (En Marche).

Financement de la Sécurité sociale, concurrence médicale, tarification des activités dans les hôpitaux publics, prévention, désertification médicale, maisons de santé pluridisciplinaires, numerus clausus… Les sujets n’ont pas manqué, dans la matinée du 22 mars à Blois au restaurant-bar Vinomania transformé pour l’occasion en vaste « Place de la santé », organisé par la Mutualité Française Centre.
Les différents candidats à l’élection présidentielle avaient tous été sollicités afin d’envoyer un de leurs représentants. Seuls Marine Le Pen (représenté par Michel Chassier), Benoît Hamon (Denys Robiliard), Emmanuel Macron (Serge Lepeltier) et François Fillon (Jean-Pierre Door) étaient effectivement sur la scène au moment du débat.

Cela ne l’a pas empêché d’être plutôt riche et parfois même vivement animé, notamment sur l’épineuse question de la désertification médicale, du nombre de médecins, du numérus clausus… ! « La pénurie de médecins a été organisée ! » lance un des participants dans le public, « dire qu’il n’y a pas assez de médecins c’est faux ils ne sont simplement pas dispatchés correctement. Alors on dit aussi les maisons de santé pluridisciplinaires (MSP) sont la solution mais on voit bien que ce n’est pas vrai, et ça coûte cher. Il faut recruter des médecins, passer le numerus clausus de  8.000 à 12.000 : quel candidat propose ça ?! », a-t-il tonné, soulevant des approbations dans le public.

Sur ce point, le député sortant (PS) de la 1ère circonscription (Blois) Denys Robiliard, représentant de Benoît Hamon, prend l’exemple de la MSP de Saint-Georges-sur-Cher : « les médecins ont choisi, entre eux, quelles spécialités ils allaient faire venir, en fonction de leur connaissance du terrain. Ils ont organisé le financement, l’ARS (Agence régionale de la santé) est venu en soutien et ils ont intégrer la plateforme PAIS. Résultat, c’est ouvert du lundi au vendredi de 8h à 20h et de 8h à 12h le samedi. On peut y venir sans rendez-vous. Grâce à cela, on a diminué les frais de transport, et désengorgé les urgences de Blois. Il faut entendre ce que disent les jeunes médecins : ils ne veulent plus s’installer seuls. Alors oui, il y a des MSP qui ne fonctionnent pas, mais d’autres qui fonctionnent bien et il faut le dire. Concernant le problème de démographie médicale, on l’a vu arriver, mais on n’a rien fait. Pour autant il faut désormais traiter le problème de manière responsable ». Michel Chassier, représentant de la candidate Marine Le Pen, après quelques hésitations, répond « clairement oui pour les MSP ». Jean-Pierre Door (L.R.) représentant du candidat François Fillon, estime que « c’est un outil que les étudiants en médecine souhaite ».

Les associations à l’écoute des propositions sur l’accès aux soins

Dans le public, Marthe Clair-Demetrios, secrétaire régionale de l’association des Petits frères des Pauvres. Elle a participé aux ateliers qui ont scruté les programmes des candidats à l’aune du thème de la santé. Que retient-elle d’une matinée comme celle-ci ? « La santé est une préoccupation majeure des candidats, et elle l’est aussi des associations. Pour nous, la préoccupation est aussi celle du financement de la santé ». Les Petits frères des Pauvres (PfP) accompagnent des personnes âgées isolées. « Beaucoup renoncent à ce soigner, soit parce qu’ils n’ont pas accès aux soins, soit parce que c’est trop cher, soit parce qu’ils se déplacent très difficilement. Nous, nous voyons les choses concrètes sur le terrain. Nous sommes là pour porter leurs voix, pour alerter », témoigne-t-elle. À l’issue de cette « Place de la santé », elle fera un compte rendu pour les membres des PfP en région Centre-Val de Loire. « Ça nous permet aussi de rencontrer d’autres associations, et de confronter nos problématiques, notamment sur l’accès aux Ehpad (Établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes, Ndlr) pour les personnes âgées les plus vulnérables ». La santé, une partie des programmes qu’elle n’avait « pas forcément regardée », mais qui, au regard de la soixantaine de participants, intéresse beaucoup les futurs électeurs.

F.Sabourin.

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