Le Loiret veut réciter son tourisme autrement

Développer le tourisme dans le Loiret ? Un pari à peu près aussi audacieux que d’installer une station balnéaire dans le Limousin ? Là c’est pousser un peu loin le bouchon. Mais à entendre les réflexions des sondés par le cabinet MAHOC, le renaissance de ce secteur dans le Loiret serait à peu près mission impossible. “C’est monotone, plat, triste“, disent-ils du Loiret.

Les assises du tourisme à Sully.

“On a peur de s’y ennuyer”, une fois que l’on a situé le département sur une carte. D’autre voient “Meung-sur-Loire en passant depuis l’autoroute”, ou encore, “c’est gris, des villages avec une boulangerie…“. Voilà par le côté noir de l’enquête développée par Christine Le Gargasson de Mahoc. En synthétisant les retours sur les réseaux sociaux (qui font maintenant figure de sondage ce qui es parfaitement usurpé), de ceux qui y ont vraiment fait étape ou consacré un séjour, le bleu revient un peu. En tête des plus beaux sites, le triptyque, cathédrale Sainte-Croix d’Orléans, parc Floral de la Source et château de Sully-sur-Loire.

Une vision clientèle

Une table ronde lors des Assises du tourisme à Sully-sur-Loire (Loiret).

C’est d’ailleurs à deux pas du château, à l’espace Blareau, que se sont tenues jeudi 30 mars dernier les Assises du tourisme où l’on s’est dit les choses sans détour.  Depuis deux ans qu’il est arrivé à la direction de l’ARDT (Agence de Réservation et de Développement touristique), Davy Masson avec l’aval de son président Claude de Ganay veut changer la donne. “Il faut passer d’une vision institutionnelle à une vision clientèle”, autrement dit, “faire du marketing” dit Davy Masson qui déménage et pas seulement à cause de son look de guitariste de rock. “Il faut parler de segmentation de clientèle, on ne s’adresse pas à un touriste qui cherche un quatre étoiles comme à celui qui fréquente un gite deux épis”.

Loiret terre de mission

Meung-sur-Loire: le château.

Le Loiret est sans conteste une terre de mission pour le tourisme. “Vous vous rendez compte qu’Orléans n’était même pas représenté au conseil d’administration de l’ARDT“. Aujourd’hui Martine Grivot chargée du dossier à la Ville y siège. D’ailleurs cette volonté départementale de redonner une nouvelle image aux attraits du Loiret, correspond aussi au nouveau départ du SPL d’Orléans et à sa nouvelle directrice, puisque désormais la compétence tourisme ira à la Métropole. Les deux organisations devront s’insérer dans la nouvelle donne institutionnelle, la loi NOTRe qui fait de la  région le pilote en la matière et interdit maintenant au département de subventionner des hôtels par exemple.

Un guide du tourisme

Davy Masson, directeur de l’ARDT.

En juin le Loiret se dotera pour la première fois depuis 2012 d’un schémas de développement touristique, une sorte de guide de ses stratégies politiques. “Il sera soumis en juin prochain au vote de l’Assemblée” a indiqué en préambule Hugues Saury, le président du Département. En charge du dossier, le vice-président Frédéric Néraud a rappelé que  dans une démarche participative, les sept réunions sur les territoires qui  avaient permis d’entendre les professionnels (associations, Offices de tourisme, hôteliers, restaurateurs…). “Les acteurs se sentent isolés” a t-il lancé, “en attente d’une stratégie départementale”. 

À entendre les premières conclusions du cabinet  Mahoc, le Loiret part de très bas, le chantier est immense. Côté positif de la balance, le Loiret, proche de l’immense réservoir de visiteurs potentiels venus d’île-de-France, doit valoriser ses atouts: “le visiteur attend des lieux plus intimisme que les grands châteaux, des sites à taille humaine, le calme et la nature doivent être valorisés, l’eau est très présente, le Loiret est l’exemple même du slow tourisme… En fait les atouts du Loiret sont dans l’air du temps, le calme et la discrétion, il faut que le Loiret fasse voir ses différences au sein du Val de Loire”.

L’esthétique, le patrimonial

Les réseaux sociaux qui véhiculent ces réflexions insistent sur “l’esthétique, le patrimonial”.  Et pour montrer leur différence, les acteurs du tourisme doivent aussi se donner la main. Encore faut-il le faire savoir. Alors 80.000 exemplaires d’une nouvelle revue sur le département vont être mis à disposition dans toute la France, y compris chez les coiffeurs, les salles d’attente, dont 30.000 dans le bassin parisien. “Le numérique en complément servira à rendre l’offre plus lisible”, explique Davy Masson.

Les internautes regrettent, entre autre, que l’on ait mis fin aux expositions de prestige à Chamerolles (sous la halle), ou à la caravane de Loire qui mettait le feu à tout le Loiret. “Question d’argent, cela coûtait très cher”, répond Pauline Martin, grand argentière du Conseil départemental et maire de Meung-sur-Loire, elle aussi investie dans le tourisme.

Des actions cconcrètes

Le Château de Gien. qui va rouvrir après d’importants travaux.

Frédéric Néraud l’a promis jeudi, “le schémas sera fait d’actions concrètes“. La loi NOTRe et le numérique rebattent les cartes du tourisme et un consultant a estimé que le Loire n’avait pas moins d’atouts tourisme que les autres (festival de Loire, de Sully en événementiel, et en matière de sites, cathédrale d’Orléans, Saint-Benoit, château de Sully, de Gien, de Chamerolles, canal d’Orléans, de Briare…). Sans parler des activités comme la Loire à vélo ou l’observation des oiseaux.  Le canal d’Orléans qui lui aussi pourrait être vraiment aménagé pour la petite Reine sera t-il repris par le Département, un vieux serpent de mer? “Il faut arrêter de penser à ce que ça coûte mais d’abord à ce que cela peut rapporter”, dit Davy Masson. “Il faut créer le récit du territoire“, a lancé un consultant au cours d’une table ronde. Si l’on fait abstraction du côté “mode” de la formule, très usitée en politique, la piste n’est pas stupide.

Ch.B

Commentaires

Toutes les réactions sous forme de commentaires sont soumises à validation de la rédaction de Magcentre avant leur publication sur le site. Conformément à l'article 10 du décret du 29 octobre 2009, les internautes peuvent signaler tout contenu illicite à l'adresse redaction@magcentre.fr qui s'engage à mettre en oeuvre les moyens nécessaires à la suppression des dits contenus.

  1. Rencontre intéressante au demeurant ! Je suis surpris toutefois que ce dossier essentiel n’ait pas fait l’objet plus tôt de rencontres, d’abord pour réfléchir et se déterminer pour agir.Depuis 1993, j’ai organisé des rencontres à très haut niveau dans ma vie professionnelle pour joindre l’utile à l’agréable et conjuguer AG et partie touristique, en particulier faire connaître davantage la partie Est d’Orléans. Des Congressistes d’un W.E, si on leur fait découvrir les bons endroits, reviennent en touristes…Le citoyen peut-être parfois “l’ambassadeur” de sa Ville ou sa Région…
    Faut-il encore disposer de structures d’accueils permettant de recevoir 1000, 1500 personnes un même W.E dans la Cité ! Il n’y a pas de pôle Conférences qui le permette (Salles multiples, un/deux amphi capables de recevoir 1500 personnes etc…Hôtels en proximité…). La Ville de TOURS a compris cela depuis longtemps. Elle est choisie par beaucoup d’entreprises de renom, des Associations Nationales ou Internationales pour y organiser des rencontres qui ont des retombées touristiques. La Ville d’ORLEANS écrin remarquable a aujourd’hui des ressources et des atouts sur ce plan pour fixer le touriste. Reste à offrir dans une stratégie conquérante, des ressources pour organiser des grandes rencontres dans la Cité Tout le monde sera “gagnant ” dans cette affaire, l’hôtellerie, le commerce local, l’emploi…On dépense des fortunes parfois pour des causes qui n’ont pas les mêmes enjeux et retombées…

  2. Il faudrait qu’il y ait également une vraie prise de conscience de cet enjeu de la part de la population locale; installé récemment à Orléans avec ma famille après avoir vécu en région parisienne, je suis choqué par la proportion de panneaux publicitaires, de détritus qui jonchent le sol et de jardin remplis d’immondices dans ce département. Sans parler des constructions sauvages et des parpaings laissés apparents jusque dans la ville d’Orléans… Peut-on vraiment parler de “slow tourisme” dans ces circonstances?

  3. Pas surpris du diagnostique posé !

    Mais tout est dit ici :

    “le visiteur attend des lieux plus intimisme que les grands châteaux, des sites à taille humaine, le calme et la nature doivent être valorisés, l’eau est très présente, le Loiret est l’exemple même du slow tourisme… En fait les atouts du Loiret sont dans l’air du temps, le calme et la discrétion, il faut que le Loiret fasse voir ses différences au sein du Val de Loire”.

    “Il faut arrêter de penser à ce que ça coûte mais d’abord à ce que cela peut rapporter” et embarquer les Loirétains dans cette démarche de fierté et de promotion ! Regardons comme exemple Orléans il y a 15 ans, une ville grise peu accueillante, sans image, elle est devenue une ville superbe et se structure pour accueillir, divertir, elle est devenue la fierté de ses habitants !

    Comme quoi rien n’est inexorable et que tout est lié à une vision politique engagée et courageuse . Le Loiret a déjà des atouts patrimoniaux (Châteaux et pas que sully, villes, musées) et naturels (Loire, Sologne, Gâtinais…) , quelques sujets d’avenir tel que le Canal d’Orléans par exemple… mais également des pépites inexploitées et des prestataires de qualité mais un peu trop isolés, Bref il y a tout y compris le pilote !

    #yaplusqua

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Code de sécurité *






Recevez chaque jour les nouveaux articles par e-mail

Votre e-mail ne sera communiqué à aucun tiers et servira uniquement à vous envoyer les titres chaque jour par e-mail