Orthophonistes : sortir du (mur) du silence ?

En marge de la visite inaugurale de François Hollande aux jardins à la française du château de Chambord le 19 mars dernier, deux représentantes du syndicat des orthophonistes de Loir-et-Cher avaient remis au Président de la République un rapport demandant que soit tenu son engagement de reconnaître le diplôme des orthophonistes à sa juste valeur, à savoir Bac+5 et non Bac+2 comme actuellement. Lundi 27 mars à Paris comme dans plusieurs grandes villes de France, les orthophonistes et étudiants manifestaient leur colère face au mépris du ministère de la Santé. Pour la dernière fois sous le quinquennat de François Hollande se tenait le Conseil Supérieure de la Fonction Publique Hospitalière.

Un cabinet d’une orthophoniste libérale, à Blois.

À l’ordre du jour, le décret proposé par Marisol Touraine reclassant les rééducateurs (dont les orthophonistes) à des salaires ne correspondant pas au niveau de diplômes. Ce décret avait déjà été rejeté par les organisations syndicales en 2015, puis en mars 2017. Le gouvernement n’en a pas tenu compte et l’a reproposé à l’identique.

C’était pourtant une occasion pour le Gouvernement de tenir la promesse faite par François Hollande aux orthophonistes lors de sa venue à Chambord (19 mars), à  savoir proposer enfin des grilles salariales à hauteur du diplôme (master bac+5) afin d’enrayer le manque d’attractivité des postes salariés et éviter que l’orthophonie ne disparaisse totalement des soins à l’hôpital.

Dans le Loir-et-Cher, le temps d’orthophonie vacant en salariat (hôpital, CMP, CMPP, Sessad, IME…(1) ) est de 15 équivalents temps plein, ce qui est supérieur au temps d’orthophonie actuellement pourvu.

Les postes d’orthophonistes dans les structures de Loir-et-Cher nécessiteraient donc une revalorisation conséquente des salaires pour être attractifs et couvrir les besoins de soins des patients. “Les orthophonistes déplorent que de nombreuses structures aient supprimé ou transformé des postes faute de candidats et délèguent les soins orthophoniques au secteur libéral, déjà surchargé”, explique Hélène Sagne, présidente du syndicat départemental des orthophonistes en Loir-et-Cher.
 
L’intersyndicale des orthophonistes et étudiants de la région centre s’est déplacée lundi 27 mars dernier devant le ministère rue Duquesne, une délégation a été reçue mais “le discours tenu par la ministère Marisol Touraine est un nouveau déni de démocratie ainsi qu’un mépris pour la profession et tous les patients concernés par les soins orthophoniques”, ajoute-t-elle .

Si le Président F. Hollande ne prend pas d’arbitrage en leur faveur, le Gouvernement n’aura pas tenu sa promesse pour redonner de l’attractivité au métier d’orthophoniste (à l’hôpital le salaire de référence est le SMIC pour 5 ans d’études). La disparition des orthophonistes à l’hôpital coûte avant tout aux patients. “Derrière les beaux discours sur l’accès aux soins, la réalité est toute autre : les soins orthophoniques ne sont plus possibles pour tous les patients qui en ont besoin, à l’hôpital comme à la ville”, indique-t-elle encore.

Les orthophonistes indiquent enfin qu’ils seront présents dans les débats de santé publique et sur le terrain des campagnes électorales. “En région Centre-Val de Loire, Marisol Touaine aura à expliquer la préméditation de l’extinction du métier d’orthophoniste conclut la présidente du syndicat des orthophonistes de Loir-et-Cher.

F.S (avec H. Sagne).

(1) CMP : centre médico psychologique : psychiatrie enfants et adultes dépendant de l’hôpital donc du sanitaire. CMPP : centre medico-psychopédagogique : enfants de 2 à 19 ans, associatif, relève du médico-social. Sessad : service d’éducation speciale et de soins à domicile (sur orientation Maison départementale du handicap et concernant les handicaps moteurs et sensoriels comme la surdité et la cécité par exemple).

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