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Le Brexit aux Voix d’Orléans: Alex Taylor demande la nationalité française

Quelles conséquences du départ du Royaume Uni de l’Union Européenne ?: un débat nourri de passions et de regrets pour Alex Taylor et Jean-Paul Pollin.

Alex Taylor Jean Paul Pollin

Deux jours après que Thérésa May a adressé sa lettre à Donald Tusk le président du conseil européen, le débat sur le Brexit organisé dans le cadre des Voix d’Orléans tombait à point. Cela dit de débat, il n’y en eu guère entre Alex Taylor, journaliste radiophonique britannique installé en France depuis quelques décennies et Jean-Paul Pollin, ancien professeur d’économie à l’Université d’Orléans et membre du Cercle des Economistes. Les deux intervenants sont en effet d’accords sur tout ou presque : le Brexit coûtera cher, aux Britanniques d’abord, mais aussi à l’Europe, d’un point de vue économique et financier, mais aussi affectif.

Mais avant d’en deviner les conséquences encore faut-il tirer un diagnostic et comprendre pourquoi « on en est arrivés là ». Pour Alex Taylor l’explication immédiate c’est celle d’une « presse de caniveau » en très grande partie europhobe avec ses tabloïds tirant chaque jour à des millions d’exemplaires. Cette « presse dégueulasse » a « intoxiqué » ses lecteurs pendant des mois en usant de manipulations et de propagande » jusqu’à créer une majorité de « brexiteurs » même si 48 % des Britanniques ont choisi le « remain » (70% des jeunes et 80 % à Londres). À tel point qu’Alex Taylor a eu « honte de son pays » et qu’aujourd’hui il ne se « sent plus britannique mais européen ».

En économiste Jean-Paul Pollin voit des explications plus profondes et enracinées dans le temps alors même que ce pays a inventé le libéralisme économique. Il en devine d’abord une « montée des inégalités, sociales et territoriales » et aussi sans doute l’envers du décor d’un « multiculturalisme » que l’on a souvent présenté comme une réussite. Face à la vague populiste, les deux intervenants regrettent le manque de passion des défenseurs de l’Europe, une apathie réelle chez les conservateurs mais aussi chez Corbyn, le « Mélenchon local » pourtant responsable du parti travailliste réputé européen.

La facture ?

Tout départ à un prix. Alex Taylor comme Jean-Paul Pollin rappellent que le Royaume-Uni devra s’acquitter d’un solde à payer compris entre 20 et 60 milliards d’euros. Le plus important sans doute sera supporté par les citoyens britanniques eux-mêmes avec un risque de dévaluation de la livre, avec des droits de douanes qui augmenteront les prix jusqu’à 40% pour certains produits. De même alors que le secteur financier représente 7% du PIB les répercussions pourraient être dramatiques : « la place financière de Londres est menacée » annonce Jean-Paul Pollin.

Alex Taylor comme Jean Paul Pollin développent une vision catastrophique du Brexit, avec un scénario uniquement basé sur le « hard Brexit » avec crise économique à la clef et peut être délitement territorial avec le départ de l’Ecosse et de l’Ulster. C’est peut-être faire fi un peu rapidement du génie britannique qui a toujours surmonté les tempêtes. Pourtant pour Alex Taylor la messe est dite : « je ne suis plus britannique, je demande la nationalité française ! »

JJ Talpin

“les Voix d’Orléans”

Le brexit et après
Débat du vendredi 31 mars 18 h 30
Hôtel Dupanloup rue Dupanloup 45000 Orléans

http://www.orleans-metropole.fr/1496/les-voix-dorleans.htm

 

 

Commentaires

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  1. Ils ont raison l’un et l’autre, chacun dans son domaine : la communication pour Taylor, l’économie pour Pollin.

    Les inégalités sociales ont été exploitées sans vergogne par la presse-caniveau britannique, qui en a rendu faussement responsable l’Europe. Et quiconque n’est pas intoxiqué par les divagations anti-européennes de Marine Le Pen et Dupont-Aignan, voit à la simple lecture de la presse sérieuse que le Brexit commence à coûter cher aux Britanniques. Si l’Ecosse et l’Irlande du Nord veulent rester dans l’UE, c’est qu’elles ont de bonne raisons !

  2. Il fallait s’y attendre: comment vouliez-vous que l’amante de Zeus ne finisse pas un jour par porter …des cornes.

  3. Les français aussi attendent avec impatience de retrouver leur souveraineté et d’en finir une fois fois toute avec cette “europe”

    – qui bat monnaie à notre place;

    – qui fait les lois à notre place, les députés français ayant pour rôle de « transposer » en droit français les décisions de la Commission européenne ;

    – qui a priorité sur les décisions de justice nationales .

    – et qui décide de nos guerres, c’est sans doute presque pire, puisque le centre de décision de défense européenne est plus à Washington qu’à Bruxelles.

  4. Un expatrié prêt à changer de nationalité, est-il la personne la mieux placée pour parler des intérêts nationaux de son pays d’origine. Ne pense-t-il pas d’abord à ses intérêts personnels?

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