Blois : les programmes économiques des candidats sur le grill à la CCI

La CCI de Loir-et-Cher avait invité ses chefs d’entreprises à venir écouter cinq représentants des candidats à l’élection présidentielle parler des programmes économiques. Un exercice laborieux pour certains. Le manque de culture économique et les inégalités dans la connaissance des mécanismes macro-économiques y sont pour beaucoup.

L’économie, ce sont les entrepreneurs qui en parlent le mieux. Comme des mécaniciens, ils ont les mains dans le moteur toute la journée. Alors quand les représentants de cinq candidats à l’élection présidentielle viennent dérouler les programmes économiques de leurs champions, pas question de les “embrouiller” avec de vagues formules aussi incantatoires qu’imprécises.

Jeudi 13 avril en soirée à la CCI de Blois, Roger Chudeau et Jean-Michel Fouquet (respectivement référent de la campagne de Fillon en Loir-et-Cher et ex chef d’entreprise du vendômois) ont présenté le programme de François Fillon. Christine Jagueneau (En Marche ! 41) celui d’Emmanuel Macron. Kenza Belliard (candidate aux législatives dans la 1ère circonscription de Loir-et-Cher) celui de Jean-Luc Mélenchon. Michel Chassier (FN, candidat dans la 1ère circonscription) celui de Marine Le Pen. Enfin, le député PS sortant et candidat à sa propre succession Denys Robiliard représentait Benoît Hamon.

Des milliards, comme s’il en pleuvait

Sur le diagnostic de la situation économique, sans faire de raccourcis, on peut raisonnablement constater que tous s’accordent : ça ne va pas très bien pour l’économie en France. Seul Denys Robiliard – qui fait le job – plaide en faveur du bilan de François Hollande en ce qui concerne les comptes de l’assurance maladie et de la branche vieillesse, passée de 10 milliards de dettes à seulement 450 M€ (chiffre contesté par la suite par le président de la CCI Yvan Saumet).

C’est dans le déroulé des programmes que cela se gâte un peu : excès de dépenses, coup de rabot sur la fonction publique, gestion de la dette (2.200 milliards d’€, soit 36.000 €/habitant), financement des réformes, investissements, formation professionnelle, recherche et innovation, transition écologique, emprunt de 100 milliards d’euros par-ci, économies de 60 milliards d’euros par-là, allègement de charges sur les chefs d’entreprises (40 milliards d’euros), fin des 35 heures ou accords par entreprises, revenu universel, taxation des robots, sortie de l’euro etc. N’en jetez plus, la cour est pleine ! Durant presque quatre heures, avec un temps de parole limité à 40 minutes pour chacun, les représentants des candidats ont jeté des milliards comme s’il en pleuvait.

Équilibre recettes – dépenses : le plus important

Une partie des représentants des candidats à l’élection présidentielle, à la CCI le 13 avril.

Sur le papier, c’est très beau. Dans la forme de présentation, certains s’en sortent mieux que d’autres, qui ont dû sortir les rames. À ce titre, comme pour un entretien d’embauche, il faut reconnaître qu’être chef d’entreprise « est un plus » pour parler d’économie aux… chefs d’entreprises. Ces derniers, par leurs questions, ont donné quelques sueurs froides à certains représentants des candidats à la Présidentielle. « Vous oubliez le marché », rappelle l’un d’eux, « ce n’est pas nous qui fixons les règles, c’est lui », dit-il à l’adresse d’une candidate, plutôt très à gauche. « Mais ça va servir à quoi de revenir au franc ? » s’inquiète un autre, à l’adresse d’un candidat plutôt très à droite. « C’est la faillite assurée, comment rembourser la dette avec une situation de dévaluation de la monnaie ? Les petits épargnants vont y perdre ! » s’interroge encore un autre. « Le problème c’est l’excès de dépense par rapport aux recettes, pas la dette. On peut avoir beaucoup de dette, si on a suffisamment de recettes on est en capacité de rembourser. C’est comme quand un ménage s’endette pour devenir propriétaire. S’il est en capacité de rembourser grâce à un budget équilibré, qu’importe le montant de la dette », explique un dirigeant avec sagesse.

« On est complètement dans le sujet », avouait Jean-Pierre Foulon directeur général de la CCI à l’issue de ce débat économique, « c’est important pour les chefs d’entreprises de comprendre ce qui se prépare en matière de programmes économiques, ils sont inquiets et on besoin, pour faire leur choix, d’être éclairés ». Si eux possèdent les clés nécessaires pour déjouer les pièges de programmes trop ambitieux, pas assez réalistes, carrément utopiques voire dangereux, tout le monde n’est pas égal devant la macro-économie. Question de culture économique, dont on sait que la France n’est pas la plus riche sur ce sujet…  

F.Sabourin.

Commentaires

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  1. Les représentants de F Fillon ont vraiment parlé économie avec un programme travaillé et réalisable “créer des emplois” “diminuer la dette” sujet absent ou survolé par tous les autres représentants des candidats .
    A remarquer la très bonne tenue de la salle et des candidats nous avons eu des échanges correcte et respectueux ce qui est rare .

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