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Le 15 avril 1912 le Titanic sombrait

Il avait fait escale à Cherbourg qui, à la Cité de la Mer, fait revivre les dernières heures du mythique paquebot.

La Gare en 1912 © Collection Pivain.

Fascinante et douloureuse épopée que celle du Titanic. Le 15 avril 1912 à 2h40, ce fleuron de la prestigieuse compagnie maritime « White Star Line » sombrait dans l’Atlantique nord, au large de Terre-Neuve, après avoir heurté un imposant iceberg. Cette tragédie était oubliée du grand public jusqu’à ce que le réalisateur canadien James Cameron en tire en 1997 un film cultissime au retentissement mondial. France 5 vient de diffuser une émission sur cette tragédie et la Foirexpo d’Orléans qui a fermé ses portes dimanche dernier, consacrée cette année à l’Irlande, offrait à ses visiteurs un focus sur ce paquebot construit par le chantier naval de Belfast d’où il partit pour sa première et fatale traversée de l’Atlantique.

Dans vingt ans, rongée par une bactérie, son épave retrouvée par l’Ifremer en 1985 par 4.800 mètres de fond aura complètement disparue mais on pourra toujours se renseigner sur cette tragédie et, cela peut paraître difficile à concevoir, vivre quasi physiquement ce que furent à bord les dernières heures du Titanic, de ses passagers et de son équipage à la Cité de la mer à Cherbourg dans la Manche.

Cherbourg sur la route de New-York

Ce n’est pas un hasard si Cherbourg a lancé une OPA sur le Titanic et son histoire. C’est pour ce port lové dans l’ultime baie du finistère normand rappeler son passé transatlantique. À la fin du XIXème siècle et au tout début du XXème, des foules de migrants européens partaient de Cherbourg pour la terre promise qu’était l’Amérique. « L’Amérique mille fois rêvée, la terre de liberté où les hommes étaient égaux, le pays où chacun aurait enfin sa chance, le monde neuf, le monde libre où une vie nouvelle allait pouvoir commencer » a écrit Georges Pérec au sujet des passagers partis d’Europe avec leurs rêves et le plus souvent leur misère. Au plus fort du trafic en 1926, Cherbourg accueille 816 escales de paquebots et quelques 200 000 passagers dont un quart étaient des émigrants. Ayant quitté leur pays natal et après un long périple à travers toute l’Europe, ils attendaient là le paquebot qui devait leur faire traverser l’océan .

RMS Titanic

À l’époque les grands paquebots sont les seuls moyens de transport existants entre l’Europe et le continent américain. Idéalement situé à la pointe de la presqu’île du Cotentin, Cherbourg dispose depuis le début du XIXème siècle d’une grande rade artificielle de 1500 hectares qui offre un abri sûr aux navires.

Par ailleurs, depuis 1858 fonctionne une liaison ferroviaire directe et régulière avec Paris. Elle a ouvert le port de Cherbourg au grands flux des migrations humaines vers le Nouveau Monde. Aussi dès 1894, Cherbourg se dote d’un appontement en bois et en 1905 d’une première gare maritime en bois qui sera remplacé en 1912 par une autre en pierre et en 1933 par une nouvelle qui existe toujours et qui donne une idée précise de ce qu’étaient les embarquements.

Dernière escale à Cherbourg

Le 10 avril 1912, 281 passagers se pressent pour rejoindre le port d’embarquement. Le Titanic a pris du retard à cause du paquebot New-York qui a rompu ses amarres et manqué de le heurter. Long de 269 mètres, large de 28, fort de 10 ponts, pouvant accueillir 2527 passagers et 900 membres d’équipage, pourvu de canots de sauvetages seulement prévus pour 1178 personnes, le géant des mers entre en rade à 18h30 et la quitte à 20h30 avec ses nouveaux passagers et leurs bagages, du ravitaillement, des colis postaux et commerciaux. Il est placé sous les ordres du commandant Edward John Smith, un excellent commandant qui doit prendre sa retraite à l’issue de cette traversée.

Titanic, Retour à Cherbourg

À bord la vie s’organise, joyeuse dans un confort supérieur à celui qu’offraient jusque-là tous les transatlantiques quelle que soit la classe choisie. Sur les 1 316 passagers embarqués à Belfast, Southampton, Cherbourg et Queenstown aujourd’hui Cobh ( sud-ouest de l’Irlande), 325 voyagent en première classe, 285 en seconde, en troisième classe 706 dont beaucoup de Syriens et de Libanais, de Slovènes embarqués à Cherbourg.

La nuit du naufrage

Le 14 avril aux environs de 23 heures c’est la fête à bord, musique, danses et bon repas. A 23h40 se produit la collision avec l’iceberg, la coque est éventrée. À minuit un message de détresse est lancé par télégraphe. À 0h25 il est capté par le Carpathia qui se déroute. Entre 00h45 et 2h20, 20 canots de sauvetage sont mis à la mer. À 2h17 la première cheminée s’effondre, les lumières s’éteignent, le Titanic se brise en deux, la partie avant coule. À 2h20 la poupe se dresse à la verticale avant de s’enfoncer dans les profondeurs. À 4h du matin le Carpathia arrive sur zone et la quitte à 8h50 avec 711 rescapés à son bord. Il arrive à New-York le 18 avril aux environs de 21h30.On dénombre 1490 disparus.

Retour à Cherbourg

Le Titanic n’a fait que passer à Cherbourg mais il y a laissé son empreinte. La gare maritime qui n’accueille plus les paquebots pour le Nouveau Monde auxquels l’avion a été fatal lui offre un espace dédié dans ce qui est devenu la Cité de la Mer. Tout y évoque l’univers des transatlantiques et de l’émigration vers l’Amérique du Nord.

Titanic Retour à Cherbourg

Une exposition interactive, accompagnée de décors restituant ceux du bord, de témoignages, de films, de photos d’époque, jusqu’à la lumière soigneusement étudiée et diffusée avec une intensité variable selon l’heure évoquée plonge le visiteur dans l’atmosphère du Titanic, dans son monde à jamais disparu puis dans la catastrophe avec d’abord l’incrédulité des passagers puis l’effroi, puis l’horreur. Tout y est humain et cet humain disparu, évoqué avec finesse et justesse demeure en chacun comme une leçon.

Françoise Cariès

Information pratique:

La Cité de la Mer : Gare maritime 50100 Cherbourg–en –Cotentin. (33) 02 33 20 26 69

www.citedelamer.com

 

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  1. Chez Corsaire : Le livre mythique et prémonitoire : Le Naufrage du Titan

    Chez Regain : La Malédiction du Titanic

    corsaire-editions.com

    regaindelecture.com

  2. Pour info, le Nomadic, l’un des transbordeurs qui a permis d’emmener les passagers du quai de Cherbourg jusqu’au Titanic existe encore aujourd’hui. Après de longues années en activité, il a rejoint Paris et a été amarré en face de la tour Eiffel. Restauré, il est, aujourd’hui à Belfast.

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