La Présidentielle dans le Cher en attente de printemps

Pas de standing ovation à se mettre sous la dent. Pas de lever de bouclier contre la venue de Pierre, Paul ou Jacques. Surtout que seul Jacques Cheminade pourrait entrer dans ce possible triptyque. Ce n’est pas que les politiques de tous bords évitent le Cher mais le manque de structures pour pouvoir accueillir les masses, populaires, laborieuses ou pas, et rassembler les foules font défaut. Sur Bourges, le Prado pourrait faire l’affaire mais avec le calendrier du championnat de France de basket féminin …

Du coup, c’est dans le département d’à côté que le ban et l’arrière ban de la politique nationale défilent. Ainsi, l’Indre est un département très prisé par les candidats du premier carré de l’élection présidentielle. Marine Le Pen et Jean-Luc Melenchon ont remplis le Mach 36 de Déols, dans le deuxième département du Berry. Le premier, le Cher, lui ne suscite pas autant d’engouement. A moins que les candidats comme c’est la tradition ne viennent pousser leur chansonnette au Printemps de Bourges.

Pécresse et Jadot, un petit tour et puis s’en vont

Au centre, Valérie Pécresse

En terre berruyère, on a eu droit aux seconds couteaux de la campagne: Lætitia Avia, une des premières intronisées candidates par le mouvement En Marche, suivi par Charles Rozoy, champion du monde paralympique de natation, et François Cormier-Bouligeon, le coordinateur du projet sport pour porter la candidature d’Emmanuel Macron, Valérie Pécresse pour distiller la bonne parole de François Fillon. Si on ajoute Yannick Jadot pour le soutien à Benoît Hamon, cela fait peu. De plus, si le désormais ex-futur potentiel candidat d’Europe Écologie les Verts a œuvré en tenant meeting, tout comme les représentants d’En Marche, la présidente de la région Île de France n’était que de passage avant de se rendre, pour un meeting, à… Châteauroux. Le temps d’un cliché avec les Fillonistes berrichons, d’un contact avec la presse locale et d’une promenade printanière. Elle a certes joué les VRP de luxe dans l’artère principale de la capitale des Bitturiges mais n’a pas dépassé, sur un bord de trottoirs,  le stade des rencontres fortuites, hormis avec les représentants locaux LR, candidats aux législatives, soutiens et sénateurs inclus. Oubliés, pour le moment, les éventuelles querelles individuelles. Pas certain qu’il en soit de même pour le troisième tour des présidentielles… celui des législatives. 

Quant aux fans du Bleu Marine pas d’écho, pas de vague sur le front de mer. Depuis la manifestation houleuse devant les grilles de la préfecture de Bourges, en Novembre dernier, on fait profil bas. On préfère surfer sur les incivilités de tous les jours parfaitement relayées par les réseaux sociaux. Et si d’aventure, l’actualité n’est pas au rendez-vous, on revient sur les affaires passées. L’opération n’est visible que si l’on y prend garde. Sinon, le coup est presque parfait.

Les réseaux sociaux c’est là le principal outil des nouveaux venus du mouvement En Marche. Présents sur les marchés, pour distribuer des tracts, les Macronistes sont très actifs et utilisent plein pot les nouvelles technologies. Enthousiaste et naïve à la fois, la nouvelle garde de la politique hexagonale.

Être au plus près du terrain, c’est la tasse de thé des militants de Lutte Ouvrière. Dans le Cher, la classe ouvrière s’est toujours exprimée. Le temps où Arlette Laguiller venait à Vierzon est cependant révolu et si la collecte au drapeau doit bien se faire encore rien n’est prévu avant le 23 avril prochain.

Pour les législatives, ça bouge un peu mais pas trop

Nicolas Sansu

Toutes les données ne sont pas encore affichées dans les trois circonscriptions du département. Quelques indications pourtant avec la campagne déjà lancée par le député-maire de Vierzon Nicolas Sansu. Ce dernier vient de terminer un périple sur l’ensemble de la zone concernée. 285 à pieds et presque autant en vélo tel était le programme du député sortant. Rencontres sur le terrain, marche seul le long des routes et marche de réflexion individuelle pour l’élu communiste.

Agnès Sinsoulier-Bigot et Yann Galut (PS) ont quant à eux leur pied à terre de campagne, sur Vierzon et Saint-Amand-Montrond. C’est aussi le cas pour Wladimir D’ormesson, chez les LR, sur Bourges 1.

Chez En Marche il est évident que le résultat de la Présidentielle influera sur les désignations. Cependant, les encartés Modem, à l’image de Franck Piffault le délégué régional, à Vierzon, déjà visible sur les territoires, pourraient parfaitement tenir la route dans des secteurs qui peuvent s’avérer délicat pour les sortants après ce quinquennat. Dans la première circonscription, celle de Bourges-Sancerre, certains élus locaux annoncent, du bout des lèvres mais quand même, qu’ils sont certains de l’investiture. Sauf que rien ne sera dit avant le deuxième tour des présidentielles. C’est Jean-Paul Delevoye qui l’a dit !

Rien de définitif même si les lignes sont lancées de-ci de-là. Pour l’heure la partie immergée de l’iceberg est encore plus importante que celle qui est visible … Une certitude, deux des trois sortants sont en lice pour le renouvellement de leur mandat, Nicolas Sansu et Yann Galut. Pour Yves Fromion, le troisième élu actuel, après quatre élections victorieuses consécutives sur Bourges 1, cette élection se fera sans lui. il ne retournera pas devant les électeurs.

A voir d’ici une quinzaine de jours.

Fabrice Simoes






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