Blois : Les Sept dernières paroles du Christ en Croix

C’est par cette œuvre magistrale de Joseph Haydn que l’Association Jeux d’Orgue a ouvert sa saison 2017 à la cathédrale Saint-Louis le 9 avril dernier. Une légende tenace voulait qu’elle résultât  d’une commande de l’évêque de Cadi pour la cathédrale, alors qu’elle provenait en réalité du chanoine de Santa Cueva pour son église. Haydn la considère comme la meilleure de ses œuvres écrite à ce jour.

La genèse dans ses différentes versions n’est pas facile à établir. L’originale pour orchestre est donnée à Santa Cueva le vendredi saint de 1787 et éditée chez Artaria la même année. À une époque où le respect des droits d’auteur n’était point en usage, Haydn s’empressa de réaliser et faire imprimer une édition pour quatuor. Pas de sa main, il existe aussi une version pour piano   « non désapprouvée ». Remarquons la subtilité du discours : l’auteur ne dit pas « approuvée ». Des récits content  que l’œuvre a aussi été donnée à la cathédrale de Cadix selon un cérémonial grandiose et passablement compliqué… En dépit de ses recherches, votre épistolier n’a pas trouvé trace d’une version pour orgue réalisée par qui, datée de quand ? Donnée ce soir, elle est fidèle à l’original et très bien écrite. La version pour oratorio avec soli, chœur et orchestre fut réalisée par Haydn après son second retour d’Angleterre en août 1795. Pour le texte, le compositeur collabora avec en particulier le baron Van Swieten, bienfaiteur de Mozart. Il ajouta des parties d’instruments à la version de 1787.    

Dimanche 9 avril, nous entendions une Introduction solennelle, puis sept Adagios d’une dizaine de minutes chacun, enfin le fameux Tremblement de Terre conclusif pour lequel se voit pour la première fois la nuance fff, triple forte. Il est généralement admis que l’enchaînement de sept Adagios sans jamais se répéter, ni générer l’ennui ne pouvait être imaginé que par un compositeur exceptionnel tel que Haydn.

Il a été fait appel à François Raoul-Duval pour un rôle de récitant dans lequel il est parfaitement à la hauteur : voix puissante, expressive, bien timbrée, articulation claire, c’est très bien. Le programme se déroule selon un rituel bien établi. Pour chacune des Sept Paroles, lecture du bref extrait d’un évangile, puis d’un passage de La Passion de Charles Péguy, simple paraphrase ou réflexion sur le texte sacré, loin d’être du meilleur de son auteur. Enfin Vincent Grappy exécute avec le talent qu’on lui connaît la musique Adagio relative aux textes qui viennent d’être lus.

Ce beau concert a été donné devant un tout petit public, et c’est bien dommage. Il convient de populariser davantage les prochaines manifestations du  Festival Jeu d’Orgue.

Roger Bouchard.

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