Menaces terroristes sur le scrutin: faut-il craindre le syndrome Paul Voise, d’avril 2002?

L’effet Paul Voise risque t-il de s’appliquer à cette Présidentielle 2017? La menace terroriste qui plane sur les élections va t-elle consciemment ou non influer sur le vote des électeurs sous l’effet amplificateur des médias, et en particulier de la télévision?

En 2002, l’affaire Paul Voise du nom d’un papy du quartier chaud de l’Argonne à Orléans, montée en épingle par la télévision et surtout par TF1, avait sans conteste influé sur le scrutin du premier tour, le fameux 21 avril. Paul Voise avait été tabassé chez lui. Les médias locaux, la République du Centre, France 3 avaient traité cette affaire comme un fait divers “banal”. C’était sans compter avec TF1 qui en pleine polémique sur l’insécurité, thème rabâché par le Front national, avait dépêché trois jour avant le premier tour, des équipes à Orléans. Et le visage du malheureux Paul Voise était apparu tuméfié sur le écrans de la France entière.  

Paul Voise. @leblogducommunicant.

Devant les caméras des autres TV, le septuagénaire s’était mis à pleurer sur son sort devant les restes de sa masure incendiée par ses agresseurs. On apprendra bien plus tard au fil de l’enquête que la personnalités ambiguë du personnage en matière de moeurs laissaient pour le moins planer le doute sur son récit. Le 21 avril, Jean-Marie Le Pen, qui n’avait pas manqué de fustiger le “laxisme” des pouvoirs publics à à l’appui de cette agression -probablement un règlement de compte dans une affaire de moeurs- devançait Lionel Jospin et accédait au second tour de la Présidentielle. Robert Namias à l’époque directeur de l’information de TF1, exprimera des années plus tard ses “regrets” pour le traitement sensationnaliste de cette affaire.

La menace qui pèse sur le scrutin de 2017 est d’un tout autre genre et n’a rien cette fois de “fabriquée”. Mais la multiplication des chaines d’information incite encore d’avantage à la surenchère de tout événement anxiogène lié à l’élection.  Et rien ne dit que ce climat n’aura pas, peu ou prou, d’influence sur le scrutin.

Ch.B

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