Election Présidentielle 2017

Présidentielle: l’Europe, l’une des lignes de fracture

Il faudrait aujourd’hui parodier à la manière du Général de Gaulle, mais à slogan renversée. “L’Europe, l’Europe, l’Europe en sautant comme des cabris”,. Lui brocardait Lecanuet et les ultra-Européens. De nos jours ce sont les souverainistes et les anti-Européens qui s’agitent ainsi. Responsables de tous nos maux, les Le Pen, Dupont-Aignan, Mélenchon pour ne parler que des vrais candidats, voudraient la quitter ou la vider de ses valeurs. “L’Europe, l’Europe, l’Europe”…

Si, comme l’envisagent les sondages, le second tour de la Présidentielle se joue entre un Emmanuel Macron et Marine Le Pen, l’Europe constituera l’une des principales lignes de fracture.

 

Mercredi soir, dans les beaux locaux réhabilité sdu CRIJ rue de la Cholerie à Orléans, le Mouvement européen a mis les choses au point d’emblée par la voix de François Zaragoza, son président pour le Loiret : « nous sommes un mouvement militant pro-européen, 

Catherine Soullie, Emmanuel Constantin et Olivier Jouin.

l’Europe n’est pas achevée et l’avenir que nous proposent certains candidats ne correspond pas à nos valeurs ».  Aussi, pour répondre aux questions du Mouvement sur l’Europe telle qu’il faudrait qu’elle se réforme, ils n’étaient que trois, les « vrais hologrammes » des candidats en Loiret, Catherine Soullie pour François Fillon, Olivier Jouin pour Benoit Hamon (qui remplaçait au pied levé François Bonneau le Président de Région retenu à Paris au meeting du candidat du PS à République), et Emmanuel Constantin pour Emmanuel Macron.

La France seule sur les efforts de guerre

Que ce soit sur les chapitres de la défense et de l’agriculture, les « frontières » entre les programmes des trois candidats ne sont apparues que des lignes de démarcation très légères. Chacun s’est accordé avec Catherine Souille pour dire que « la France ne peut continuer à assumer seule les efforts de guerre », notamment en Afrique ». Reste à savoir comment, dès alors que l’autre grande armée européenne, celle de Grande Bretagne, va se retrouver hors jeu après le Brexit.

Un QG des armées de l’UE

©État-major des armées / Ministère de la Défense

Faut-il une véritable armée européenne et pas seulement quelques brigades franco-allemandes de pacotille? Pour Emmanuel Constantin, il faut « des modèles communs en recherche et développement d’armement », « un QG européen et une coopération permanente ». Quant au   « fond européen de la défense », il existe déjà a indiqué Catherine Souille qui, députée européenne de 2009 à 2011, a siégé à la commission idoine de Strasbourg. Encore faudrait-il qu’il soit alimenté suffisamment.

Un Erasmus européen

Olivier Jouin lui, a rappelé la proposition de Benoit Hamon sur un « service civique des jeunes de l’UE : nous avons une histoire commune, quelque chose à défendre”. Emmanuel Constantin s’est plutôt attardé sur le service militaire d’un mois pour les jeunes Français et sur un « Erasmus européen qui permettrait à 200 000 jeunes Français de toutes conditions de passer plusieurs mois au contact d’autres jeunes européens ».

Un autre consensus relatif s’est dégagé sur la PAC (Politique agricole commune). Pour Catherine Souille ,  “donnons à  nos agriculteurs autant de chances qu’à leurs collègues allemands”, et elle a pris l’exemple de la méthanisation qui apporte un complément de revenus, pratiqué par des milliers d’exploitants outre-Rhin contre quelques centaines en France. « Il faut lutter contre la volatilité des cours », a-t-elle ajouté ; Pour Emmanuel Constantin et Olivier Jouin, la PAC de demain visera plus à la subsidiarité, aux circuits courts, au bio et à la défense de l’environnement.

L’occasion d’une brève passe d’arme entre Catherine Soullie et Emmanuel Constantin sur la Russie dont la première contestait l’embargo et le second la proximité de François Fillon avec Poutine.

Droit d’asile et espace Schengen

Après cette coexistence pacifique sur des thèmes européens relativement consensuels, l’immigration s’est chargée, c’est le cas de le dire, de tracer les frontières. D’un côté Catherine Soullie qui explique que pour François Fillon, “on a atteint les limites de la pression migratoire”, et qu’il faut “fermer l’espace Schengen“, faute de pouvoir correctement “intégrer”.

Au contraire, Olivier Jouin pour Benoit Hamon, voit “des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants fuir la guerre, je ne sais pas faire autrement que de les accueillir, de les accompagner”. Solution avancée, un visa humanitaire pour ceux qui fuient les conflits. Pour le droit d’asile, le représentant d’Emmanuel Macron estime qu’il n’y “a pas de raison d’en changer”. En revanche, pour ce qui est des réfugiés économiques, il rejoint la proposition de Catherine Soullie que les demandes d’asile soient déposées “dans les pays d’origine”. 

Enfin, sur ce thèmes Olivier Jouin a sorti la tarte à la crème que les trois autres partagent à grosses tranches en période électorale et qui devrait être une priorité mais qui disparaît une fois l’élection passée, “multiplier notre aide au développement”, surtout en Afrique subsaharienne.

Ch.B

 

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