Jazz or Jazz: Alexandra Grimal signe un magnifique opéra jazz

Un fond de scène  blanc griffé d’une éclaboussure d’encre noire… Des silhouettes debout aux contours émoussés qui se découpent dans la pénombre… Au centre du plateau les instruments qui sommeillent,  baignés par la lumière d’ambre rasante d’un crépuscule ou d’une aurore diffuse… Ainsi s’ouvre, ce jeudi, salle Barrault du Théâtre d’Orléans, “La vapeur au-dessus du riz”,  “opéra clandestin”, très belle  création de la saxophoniste Alexandra Grimal en résidence à la scène nationale orléanaise et l’une des figures de proue de Jazz or Jazz puisque qu’on la retrouvera au sein de l’Orchestre National de Jazz programmé lors de ce même festival.

La vapeur au dessus du riz Alexandra Grimal cl. Marie Line Bonneau

– Humble et haute partition chorale 

Sous un titre qui est en fait la première traduction chinoise du “Ki” symbolisant l’énergie vitale, l’œuvre d’Alexandra Grimal est une partition chorale de toute beauté.

A la fois grave et d’une violente intensité, tour à tour fragile et d’une prenante fraîcheur, cette partition déploie à merveille la beauté des timbres des instruments , l’écriture contemporaine et l’improvisation, l’insoutenable densité de l’être dans des chants à la dérive, un délicieux parfum d’enfance dans du parlé chanté s’émerveillant devant la vie troublante.

– Un récit musical à fleur de sensible

Composée de longues séquences, climats musicaux où chaque interprète se livre avec une fougue , une maestria et un minimalisme enchanteurs sur un fil rouge envoûtant, “La vapeur au-dessus du riz” se présente telle une invitation au voyage où la potion de jolie survie est celle d’un habile dosage de l’acoustique et de l’électronique.

Ici, cordes et  bois, voix  et percussions, caressent ou saisissent. Tous célèbrent, en tutti ou à l’écoute les uns des autres, lors de merveilleux chorus, un imaginaire tout à fait personnel sur les récifs duquel déferlent, à n’en plus finir,  des récits haletants. Étourdissant et magistral.

Jean-Dominique Burtin.

Opéra clandestin (version concert)
Coproduction la Scène nationale d’Orléans
Alexandra Grimal conception, composition, saxophone soprano, voix
Antoine Cegarra livret
Chiara Taviani partition physique (chorégraphie)
Fabienne Verdier espace
Lynn Cassiers musique électronique, voix
Sylvaine Hélary flûtes, voix
Théo Ceccaldi violon, alto, voix
Atsushi Sakaï violoncelle, voix
Bruno Chevillon contrebasse, musique électronique
Sylvain Lemêtre percussions, voix
Céline Grangey ingénieure du son

programme

 

 

Commentaires

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  1. Merci aux organisateurs de Jazz or jazz d’offrir, le même soir et à la même heure, une musique populaire avec Calipso Rose et une Alexandra Grimal dans un “opéra clandestin” relevant d’un “jazz” déviant pour initiés.

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