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Coachella ne perturbe pas le Printemps de Bourges

Le festival états-unien qui a débuté en Californie, le week-end du 14 avril, ne fait aucune ombre au Printemps de Bourges. Petits joueurs, les Américains avec leur festival de moins de 20 ans d’âge,  et sur deux week-ends en plus, totalement copié sur le modèle Berrichon et ses quarante-et-une éditions et pas capable d’aller jusqu’à cinq jours. Sous le soleil, comme à l’Empire Polo club d’Indio, et même si ça pèle un peu plus la nuit en Berry, les festivaliers s’en donnent à cœur joie en région du milieu de l’Hexagone. Les spectacles s’enchaînent et les foules ne se déchaînent pas plus que nécessaire. Bon enfant et moins m’as-tu vu, le Printemps, non ?

Jain.

Après un week-end rempli comme il se doit pour la venue d’un Renaud en phase de récup de soi-même, après des salles garnies comme il se doit, après des places de parking chèrement gagnées à la sueur des conducteurs patients, le Printemps s’ouvre toujours autant au petit peuple de badauds, de passants, de fans, et de moins fans, de gens qui arborent leur laisser-passer en tour de cou fièrement comme pour dire à tous ceux qu’ils croiseraient « Moi, j’suis un grand quelqu’un ». Serveurs, journaleux, ramasseurs de poubelles, chercheurs de musiciens, plus ou moins artistes, agents de qui, de quoi, tous sont des prolos du Printemps à tous les rangs, devant ou derrière les palanquèrent.

Alternatif, Métal, Rap, pour tous les goûts

Heliophonor.

Une fois les Mistrals gagnants distribués, le festival a donc démarré à son rythme, celui de trois mesures, celui de quatre temps, celui d’une lecture aléatoire d’une partition parfaitement réglée, régulée, riche et différente selon qu’on entre au 22 Est ou Ouest, qu’on se fige devant la scène où évoluent les étudiants des Grandes écoles. À ce sujet, écouter, et regarder, certains concerts, à l’image de celui de la fin de mercredi après-midi, pouvait permettre d’évacuer un potentiel stress face à des moments de la vie… Une batteur et ses compères d’Heliophonor (rock progressif, rock alternatif), un groupe issu du triptyque faculté ALLSH / IUT d’Aix en Provence / Faculté de droit de Marseille,  qui envoient autant d’énergie laissent envisager l’avenir autrement. Si ceux-là deviennent avocats, juges ou toutes ces sortes de choses, ça promet d’être rock’roll dans les salles de tribunal.

Placebo.

Plus sérieusement, en milieu de festival, c’était le temps des grosses cylindrées, avec Placebo, son leader androgyne Bryan Molko, nippé british, un air de fripes trouvées à Camden mais dégottées dans des boutiques de Regent Street, ses 20 ans d’existence bâtis au cordeau, joués au millimètre. Un concert techniquement parfait comme un CD sans bug, un vinyle sans rayure. Pas de hasard si ça marche. C’est propre comme un sou neuf. Vingt ans et pas une ride… Camille, elle, avait fait le plein à l’Auditorium, pour son retour.

Le site de la Halle au blé est devenu, cinq heures durant, ou a peu près, en ce mercredi de fin d’après-midi, l’endroit où le rap avait posé ses valises. Quelques unes avaient de relents de pas très net, net, d’autres étaient plus classiques. Complet qu’il était, bien avant l’ouverture des portes, le show Lorenzo, Chilla ( elle remplaçait au pied levé la découverte de Booba, Shay, pas plus excusée que ça pour autant), Aladin 135 et, à l’aune de Lorenzo, le quasiment classe Diziz la peste…

Pour finir, tandis que dans les 22, on enfilait toujours les groupes, les métalleux ne pouvaient pas manquer l’appel des chants gutturaux, des guitares saturées et des caisses claires survitaminées des Discrets, Infexted, ou encore de Wlaking dead Orchestra et Mithridatic. Dans la fraîcheur de la nuit berruyère, il valait mieux être préparé … Un son dans le bouzin et on recule de dix mètres si on n’est pas prêt. Alors on ne vous dit pas le tsunami perpétuel des secoueurs de tête! Si les paroles de Lorenzo étaient largement inaudibles pour de chastes oreilles, celles de Mithidatic l’étaient parce que… quand ça envoie le pâté, c’est le siège de Stalingrad version artillerie lourde.

Barbara, Vianney, Jain et Boulevard des airs pour une soirée de ministre

Vianney.

Au printemps, les jours et les nuits ne se ressemblent pas toujours. Pour le soleil de la journée si. Pour la fraîcheur de la nuit itou. Par contre côté concert, plus calme aura été ce jeudi. La visite de la future ex-ministre de la culture, paraît que l’on change en mai, était annoncée depuis belle lurette. Un peu plus de présence policière. Un peu plus de voitures officielles et de motards qui sont devant. Un peu de retard dans les démarrages des artistes, mais ça, la ministre n’y était pour rien, et le Printemps a avalé sa troisième séquence.

Complet, le spectacle Mes hommes, la création hommage à Barbara. Elle devait réunir Vincent Delerm, Dominique A, Albin de la Simone, et Tim Dup (qui avait déjà assuré la première partie de Renaud, mardi soir). Elle aura bénéficié d’un invité surprise avec un Julien Clerc venu déclaré sa « plus belle histoire d’amour » sur la scène du palais d’Auron.

Complet, le W. Laura Cahen, une sacrée voix, à voir, et surtout à écouter, dans un contexte plus favorable, Boulevard des airs, Vianney et Jain avaient aussi fait le plein d’un chapiteau dont une partie des gradins avait été supprimée. Passer le cap de minuit la nuit des bords d’Auron auraient même pu s’éterniser. Comme quoi, les ministres de la culture, ça sait choisir ses soirées, non ?

Fabrice Simoes.

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