Elections legislatives - Les resultats en temps reel

Cap sur les Législatives

Pour Emmanuel Macron le plus dur commence : à peine élu le nouveau président doit s’assurer d’une majorité. Or, au premier abord, le nouveau parti qu’il a fondé il y a un peu moins d’un an semble bien mal armé pour remporter le nombre de sièges -289 sur 577- requis à l’Assemblée nationale avec sa formation rebaptisée hier La République en Marche.

Jusqu’ici, jamais sous la cinquième République les électeurs n’ont refusé d’apporter ce soutien au Président qu’ils s’étaient choisis. Sans se cacher que leurs candidats auront de rudes combats à mener sur le terrain, le Président et ses soutiens espèrent beaucoup de cet usage. Il n’empêche que, selon un sondage Ipsos Sopra Steria, 61% des Français interrogés ne souhaitent pas qu’Emmanuel Macron  dispose d’une majorité au Palais-Bourbon. Mais, la campagne qui n’est pas encore commencée peut faire évoluer l’opinion.

Troisième tour de la présidentielle

Les législatives vont apporter  son sens politique à l’ensemble de cette période électorale qui a vu les Français renverser la table politique. Iront-ils jusqu’au bout, jusqu’à  pousser la logique majoritaire ? Dans une tribune donnée à notre confrère Le Figaro, Jérôme Jaffré, directeur du Centre d’études et de connaissance sur l’opinion publique (Cecop)  diagnostique trois hypothèses pour Manuel Macron : « Soit il réussit à obtenir une majorité absolue mais sur une base électorale étroite permettant de gouverner mais accentuant le fossé entre les gouvernés et les gouvernants, soit il subit une majorité contre lui, soit il n’obtient pas de majorité claire mais son parti constitue le premier groupé élu. Il lui faudra alors agréger des groupes charnières qui viendraient jouer le jeu. Cela donnerait à ce jeune président un parfum de IVème République ».

Jeudi à midi la République en Marche dévoilera la liste de ses candidats. Excepté les représentants du MoDem, les candidats devront se rattacher administrativement et donc financièrement à la République en Marche pour les législatives tout en restant, s’ils le souhaitent, encartés dans leur parti d’origine. 50% viendront de la société civile et devront trouver, eux-mêmes les fonds nécessaires pour leur campagne.

PS, LR, FN, Les Insoumis espèrent une revanche

Manuel Valls

Au PS très mal en point, Manuel Valls a mis ce matin de l’huile sur le feu en annonçant être « candidat de la majorité » dans sa  circonscription  d’Evry (Essonne) précisant que pour lui « ce parti socialiste est mort, il est derrière nous, il doit se dépasser ». Christophe Castaner, porte-parole d’Emmanuel Macron pendant sa campagne a aussitôt répliqué « M. Valls se trompe en annonçant qu’il sera à coup sûr candidat du parti, précisant que la commission nationale d’investiture doit encore se prononcer, d’autant que la République en Marche « a déjà arrêté sur la circonscription de M. Valls une candidate ».  « Le mouvement aura donc à choisir » a prévenu Jean-Paul Delevoye, le monsieur Investiture de La République en Marche.

De son côté, le premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis a assuré qu’il était « impossible » à Manuel Valls d’être à la fois encarté au PS et de briguer l’investiture d’En Marche ! A la sortie du Conseil national qui s’est tenu ce mardi matin à Solférino, M. Cambadélis a par ailleurs précisé qu’il y aurait un candidat PS dans chacune des 577 circonscriptions. « Si ceux qui visent une double appartenance veulent  s’affirmer contre le gouvernement alors qu’il n’est pas encore constitué, qu’ils restent au Parti Socialiste. S’ils veulent faire autre chose, qu’ils le disent, mais ça ne représente que 5% du PS. Si certains veulent partir ou se singulariser qu’ils le fassent et nous laissent travailler ». Toutefois l’exclusion de Manuel Valls n’a pas été décidée.

” Pour ceux qui choisissent Macron ce sera l’exclusion “

A droite l’objectif est clair : remporter à l’Assemblée la majorité qui lui a échappé et imposer une cohabitation au nouveau gouvernement. Pour cela il lui faut serrer les rangs et éviter la fuite des cerveaux. Il y a plus évident. Depuis sa mairie de Bordeaux, Alain Juppé a fait savoir qu’il ne souhaitait pas « d’opposition frontale » au gouvernement Macron. A Paris, outre les juppéistes Edouard Philippe et Fabienne Keller déjà en discussion avec l’équipe du nouveau titulaire de l’Elysée, Christian Estrosi, président démissionnaire de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, Jean-Pierre Raffarin ou encore Bruno Le Maire ont mis sur la table le sujet des relations avec Macron et un souhait de rapprochement. Le sénateur François Baroin, par ailleurs président de l’Association des maires de France qui pilotera la campagne des législatives pour LR a mis en garde : « pour ceux qui choisissent Macron ce sera l’exclusion ».

L’heure des règlements de compte

Jeune et raide, dixit sa tante.

L’ambiance est loin d’être au beau fixe au FN où Marine Le Pen rêvait de s’imposer comme « la principale opposante ». L’heure serait plus aux règlements de compte. Des fissures se creusent. Le départ de  Marion Maréchal-Le Pen de la vie politique a même été évoqué. Les uns font le constat que le parti n’a jamais atteint un tel nombre de voix, d’autres estiment que la progression aurait pu être meilleure. Les premiers s’accrochent à la proposition décriée de la sortie de l’euro, les seconds la récusent et souhaitent partir à la conquête de l’électorat de la droite

Chez les Insoumis, Jean-Luc Mélenchon  déclare haut et fort qu’il veut, lui aussi, s’arroger le rôle de premier opposant. Le tribun ira-t-il jusqu’à prendre la tête de ses troupes dans cette nouvelle bataille en se présentant dans une circonscription ?  Son équipe ne  semble pas le souhaiter.

Il incombe donc au président de la République nouvellement  élu de trouver le ton juste. Il lui faut entre autre éviter que  ceux qui ont choisi  de punir Fillon et d’écarter Marine Le Pen  retournent à la maison  mais continuent à lui faire confiance et à lui donner sa chance. La voie est étroite et incertaine. 

F.C.

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