Frédéric Chatoux, un flûtiste à la plume enchantée

Chaleureux et souriant, vibrant de vérité et de simplicité. Il possède la beauté de la phrase musicale et de la ligne littéraire avec un même souci de la juste et généreuse communion avec l’autre. Homme de l’art d’une grande humilité et homme de plume, romancier  au cœur empli d’audace et de passion, Frédéric Chatoux, rien de moins que la flûte solo super soliste de l’Orchestre de l’Opéra de Paris depuis l’an 2000, est le très attendu soliste invité, les samedi 13 et dimanche 14 mai, de  l’Orchestre symphonique d’Orléans .

Lors de ce nouveau concert, intitulé “Du classicisme au romantisme”, placé sous la direction de Marius Stieghorst, on  l’y écoutera, notamment, dans les Fantaisies sur des thèmes de « La Traviata», de Verdi, dans l’Andante pour flûte et orchestre, de Mozart, et sur l’air de « Pamina », de « La Flûte enchantée, de Mozart. Quel doux , conséquent et vif programme !

Ici, à n’en pas douter, le phrasé de cet interprète se fera d’une tendresse éloquente et d’une hauteur d’interprétation pétrie de virtuosité lapidaire  et d’une sensibilité aux accents conjuguant sérénité et fulgurance. Tout cela, sans nul doute,   au fil du souffle délicat d’un chant  suscitant l’harmonieuse et sensible empathie.

 – “Qui parle ?  “,  un premier roman accompli

Pédagogue, professeur de flûte certifié au Conservatoire Régional de Paris ainsi qu’au Pôle supérieur de Paris Boulogne, Frédéric Chatoux, également directeur de collection aux  éditions musicales Gérard Billaudot, vient tout juste de publier aux Editions Abordables (Paris), “Qui parle?” , son premier roman. 

Argument de cet ouvrage qui mêle avec virtuosité questionnement philosophique et univers fantastique:  “ Sol a un don. Il l’a découvert à huit ans, en lisant la carte d’anniversaire de son père. Il a compris qu’il pouvait voir davantage que les autres, dans l’écriture, dans les gestes, dans les yeux. Mais ce don lui fait rapidement peur et il l’enfouit au fond de lui.
Jusqu’au jour où la vie va contraindre Sol à affronter cette connaissance.
D’abord intrigué par la rencontre d’Ella, une lycéenne mystérieuse, Sol sera confronté à des secrets de famille insoupçonnés. Entre illusion et réalité, le jeune homme cherchera dès lors à savoir qui lui parle…”

“J’ai l’impression d’avoir toujours écrit” dit aujourd’hui  celui qui se souvient des grandes parties de cadavres exquis auxquelles se livraient  son père, amoureux de Breton et du surréalisme,  et son ami Albert Fanjeaud, personne à laquelle est du reste dédié cet ouvrage. En vérité, Frédéric Chatoux n’avait que dix ans lorsqu’il eut l’autorisation d’entrer dans la ronde de ces deux amis. “Ça a marché du tonnerre de bonsoir” se souvient-il avec bonheur.  Très vite, le jeune homme s’attache à tenir un journal “en essayant, malgré les fautes d’orthographe, de réfléchir à la vie et d’essayer de faire des phrases”. Suivront l’écriture de lettres aux amis, et la rédaction de “discours pour les anniversaires et même  les enterrements” ajoute-t-il en presque s’excusant.

– Entre écriture poétique et raisonnée

 Le point de départ de « Qui parle ? » se trouve en fait dans le début d’une correspondance adressée à Albert Fanjeaud, alors souffrant, personne à laquelle il propose d’envoyer le début d’une histoire. Elle s’écrira page à page, lettre après lettre, au petit pas du temps jusqu’à attendre les 500 pages d’une oeuvre rédigée en trois ans. Frédéric Chatoux: “Le tout début de cette histoire où le personnage principal est un mélange de mon fils  et de moi, je l’ai jeté. Sans cesse j’avais la crainte de ne pas arriver à la fin. Pour tout vous dire, je n’avais pas de plan mais bel et bien la dernière scène et une ligne de fuite.”

Au fil de la discussion, revenant sur l’élaboration de cette édition qui a demandé plusieurs années, l’’auteur qui apprécie Breton, Char et Eluard, s’avoue très inspiré par l’écriture automatique  mais souligne avoir tenu à “trouver une voie entre écriture poétique et raisonnée”.

– D’expériences en expériences

 Un beau jour; alors qu’il est en panne d’écriture un ami lui conseille, au cœur des montagnes cévenoles,  d’aller demander à l’eau de l’aider. Il la laissera le traverser. Ce fut une expérience magnifique se souvient il. Avec émerveillement. Car toute l’écriture reprit d’elle-même son cours, quitte même à l’effrayer.  D’autres fois,  il humait l’air des rues qui l’inspiraient et,  lorsqu’il dirigeait le conservatoire de Poissy,  il écrivait dans le métro et dans le RER, sur des cahiers de brouillon,   en prenant soin de noter chaque fois le jour , l’heure, le lieu, et,  même , le numéro du transport. Parfois même, à l’orchestre, lorsqu’il ne jouait pas et ne devait  que  compter les mesures,  il continuait de prendre des notes tant il s’était appliqué au devoir de finir son ouvrage, un devoir qu’il pensait aussi dû à son père. « Qui parle ? », Frédéric Chatoux a fini de l’écrire en 2013. « Je ne suis pas un écrivain, l’aventure est close » dit-il aujourd’hui. “Je n’ai voulu que faire très sérieusement une bonne confiture de framboise bien tamisée au torchon ou encore  un bon vin qui ne pique pas » poursuit-il.

– “L’Opéra est un creuset extraordinaire”

Que pense Frédéric Chatoux , artiste qui joue dans le monde entier avec de nombreux orchestres et qui se trouve à la tête d’une précieuse discographie, de l’Opéra de Paris, cette illustre référence ? « C’est une maison très forte avec laquelle j’éprouve parfois le besoin de prendre des libertés car je suis passionné par mile et une choses. Mais l’Opéra est un creuset extraordinaire, j’y côtoie des musiciens magnifiques. J’y ai appris en faisant. J’ai l’impression d’y apprendre ma vie. Et,  même si j’ai pensé en partir dix fois, jamais je n’ai pu m’y résoudre. »

– L’instrument, ce  prolongement de soi

Quelques mots à propos de Marius Stieghorst, chef de l’Orchestre  d’Orléans mais aussi assistant de Philippe Jordan à l’Opéra de Paris ? «  Marius Stieghorst m’a appelé  au moment où je n’avais plus envie de concert, où je n’avais plus envie d’être devant mais où j’éprouvais le besoin d’être anonyme. Marius a un talent fou, une sensibilité musicale, une belle fibre affective. Avec lui,  nous avons fait “L’Enlévement au sérail” et j’ai littéralement  adoré sa façon de diriger. En toute simplicité. A Orléans, je retrouverai aussi Naomie Gros, l’une de mes élèves. Tous les voyant étaient ainsi au vert pour que je puisse me dire que le public pourrait prendre plaisir à écouter un beau concert sans que personne n’y fasse  un numéro.”

Naomie Gros, flutiste

– L’odeur de l’étui, cette trousse de musique

Pour Frédéric Chatoux, ouvert sur la création contemporaine “qui tape au cœur tout de suite”, telle celle de  Bartok et de Biasola,  à quoi répond le choix de l’instrument ? Réponse: « C’est comme pour l’écriture, tout est question de rencontre. Cette fois c’était avec Monsieur Yves Vivet lorsque je n’avais que cinq six ans. C’était à Manosque où mes parents m’avaient inscrit pour suivre les cours d’une association musicale. Mon professeur , monsieur Vivet  m’a présenté des instruments que je trouvais tous plus beaux les uns que les autres.
Mais comme il faisait de la flûte,  alors j’ai choisi cette dernière. Lorsque j’ai eu la mienne, une Yamaha 281, je me souviens encore de l’odeur de la boite l
orsque je l’ai ouverte. Et dans les rues, portant mon instrument, j’étais fier comme Artaban. J’avais l’impression d’avoir un sabre de hussard.
Ecoutez comme c’est beau courais-je dire à mes parents lorsque je travaillais un morceau. Plus intimement, je pensais pouvoir aussi  atteindre et rejoindre  l’être aimée par une déclaration d’amour à l’instrument.  De la flûte,  enfin, j’aime sa relation au souffle, sa proximité avec le chant, la facilité du transport, son économie de moyen et sa simplicité, sa proximité avec les éléments , les quatre, à savoir l’eau, l’air, la terre, et le feu.”

Jean-Dominique Burtin

Samedi 13 mai à 20 h 30, dimanche 14 mai à 16 heures, Salle Touchard, Théâtre d’Orléans.

Peu avant le concert Naomie Gros animera, en direction des mélomanes,  un focus sur la flûte.
A l’issue du concert,  Frédéric Chatoux dédicacera son roman “Qui parle ?”.  

En savoir plus: www.orchestre-orleans.com

Frédéric Chatoux, Flûte Solo de l’Opéra de Paris

Frédéric Chatoux est né à Marseille en 1965. Dès l’âge de sept ans, il débute la flûte et a suivi l’enseignement de professeurs issus de l’Ecole de Joseph Rampal : Yves Vivet à Manosque, Jean Patéro à Marseille, Jean-Loup Grégoire au C.N.R. de Paris, Alain Marion au C.N.S.M. de Paris où il termine ses études en 1988 avec un 1er Prix de Flûte et un 1er Prix de Musique de Chambre décerné à l’unanimité.

Après le Conservatoire de Paris où il travaillait également avec Raymond Guiot et Jean Mouillère, il s’est perfectionné avec Aurèle Nicolet et a débuté son expérience de flûte solo au sein de l’Orchestre du Schleswig-Holstein Musik Festival dirigé par Léonard Bernstein.

Entré à l’Opéra National de Paris en 1992, il occupe depuis juin 2000 le poste de Flûte Solo super soliste de l’Orchestre où il a été dirigé par les plus grands chefs.

Il est aujourd’hui Professeur de flûte certifié au Conservatoire Régional de Paris (CRR) et au Pôle Supérieur de Paris-Boulogne
Il mène une carrière de Chambriste et de Soliste avec: l’Orchestre de Kharkov (Ukraine), l’Orchestre Symphonique de la Garde Républicaine, l’Orchestre de l’Académie de Minsk (Biélorussie), Wiener Kammer Orchester (Orchestre de chambre de Vienne Autriche), L’orchestre de Cannes PACA, Philarmonic Macedonian Orchestra, Taïpei Synphonic Orchestra (Taïwan)…et avec des

Il a enregistré 9 CD salués par la critique : « Monde de la musique » « Diapason » « Classica répertoire » « American record guide » «Opéra magazine».

Directeur de Collection aux Editions Gérard Billaudot, il travaille également à l’élargissement du répertoire de la Flûte.
Il a participé à des émissions : – sur France musique « le matin des musiciens » « le magazine » de Lionel Esparza, – à la télévision l’émission de Jean-François Ziegel « La boite à musique » en duo avec Emmanuel Ceysson.

Quelques échos de la presse :

« Un simple moment de bonheur, la pureté en musique » le Républicain Lorrain

« bravissimo à la flûte solo de Frédéric Chatoux » le Canard Enchaîné à propos de la Flûte Enchantée de Mozart à l’Opéra de Paris

« …son jeu coloré et la maîtrise de son instrument sont remarquables ! » Villa Musica (Allemagne)

« Délectable moment de musique avec la magnifique sensibilité de Frédéric Chatoux » Opéra Magazine

« Frédéric Chatoux conduit l’auditeur à un rare degré d’enchantement en visant à la perfection » Traversière magazine

« … le programme est merveilleusement servi par l’interprétation de Frédéric Chatoux, irréprochable instrumentiste qui trouve immédiatement le ton juste… C’est un plaisir ! » Classica repertoire

« …je peux l’écouter tout le temps ! » American record guide (USA)

« Frédéric Chatoux sait merveilleusement participer à cette communication avec la salle… la séduction est totale. La salle se lève et ovationne ! » sud ouest

« Fréderic Chatoux excellent ! » diapason (article consacré au « prélude à l’après midi d’un faune » dirigé par Philippe Jordan CD Opéra de Paris/Naïve)

« C’est en fait captivant d’entendre combien un interprète peut être à la fois si précis et si détendu. Il doit être un de ces êtres naturellement suprêmement doués à qui tout vient facilement »
American record guide (USA) sept/oct 2013 flûtiste

 

 

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