L’Orchestre d’Orléans sur le fil d’or de la flûte

Ce samedi, au Théâtre d’Orléans, pour les neuf-cents spectateurs de la salle Touchard suspendus dans un silence d’une intensité à donner le frisson, la musique  ne semble plus tenir qu’à un fil d’or , celui de l’art du flûtiste Frédéric Chatoux. Sourcier de l’onde musicale, cet artiste solaire et maître du clair-obscur, interprète Mozart en première partie, avec   l’air de Pamina de “La Flûte enchantée”, les Andante et Rondo pour flûte et orchestre,  et l’air de Tamino écrit  pour deux flûtes.

Pour cette pièce donnée en rappel, Frédéric Chatoux tient à inviter, en “hommage”, à Naomie Gros, flûte solo de l’Orchestre d’Orléans, à venir le rejoindre en front de scène. L’instant est d’une fluidité, d’une grâce et d’une énergie délicieuses.

Frédéric Chatou / Naomie Gros

Souriante et virtuose osmose

En seconde partie, Frédéric Chatoux  réapparaît dans la Fantaisie su des thèmes de “La Traviata”, de Verdi. Une fois encore ce musicien nous ravit avec un son qui miroite et frémit allant du pur minimalisme à l’abandon élégant du chant partagé. Une ligne d’horizon à l’aube ou au crépuscule est le son de ce musicien qui enchante et saisit avec une  virtuosité stupéfiante toujours emplie d’âme. En ultime rappel, Frédéric Chatoux donne des airs de “Carmen” , puis seul,  en lisière l’orchestre, dans une quasi pénombre “Syrinx”, de Claude Debussy. L’instant est d’une profondeur émouvante.

D’une haute densité est, en outre, ce magnifique concert de l’ensemble orléanais  où sont aussi données la Symphonie en sol mineur “La Poule”, de Joseph Haydn et la Symphonie n°5 en si bémol majeur, de Schubert. Cordes cuivres et bois, en souriante communion avec leur chef, tous suscitant l’admiration du soliste invité, offrent avec une saisissante assurance, tour à tour flamboyante et délicatement amoureuse de la nuance, deux pièces dont l’interprétation force le respect et enthousiasme.

D’événements en événements jolis

Ce samedi il s’agit ainsi de l’un des plus jolis moments de la saison tant le dialogue entre l’orchestre le chef et le soliste rayonnent à plaisir et à l’intime. A souligner, par ailleurs,  ces jolis événements  qu’apprécie le public venu en nombre. Le “focus” sur la flûte proposé peu avant le concert dans le hall du théâtre par Naomie Gros et , à l’issue des rappels,  la toute première signature par Frédéric Chatoux, auteur accompagné de son éditeur, Jean-Bruno Alexandre, de “Qui parle ?” son premier roman publié par les éditions Abordables. Sur scène, peu avant la dédicace et invitant le public à s’y rendre , Marius Stieghorst s’en fait une fête.  S’avouant quant à lui ému et heureux , le soliste lève un peu de voile sur  cette première œuvre , cheminement  par lequel il tend aussi à dire “que l’imaginaire et l’art nous permettent de vivre avec une sensibilité qui blesse”. 
Sensible composition. 

Jean-Dominique Burtin.

Nouveau concert, dimanche 14 mai, 16 heures, Théâtre d’Orléans.
Avec focus sur la flûte par Naomie Gros peu avant le concert et dédicace de Frédéric Chatoux à l’issue de ce dernier. www.orchestre-orleans.com

Frédéric Chatoux dédicace son livre au public orléanais

Naomie Gros présente un traverso, flûte en bois de l musique baroque

 

 

 

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