Notre-Dame-des-Landes : le gouvernement va enfin trancher

« Il y aura un médiateur qui va permettre de mettre l’ensemble des choses sur la table, d’étudier l’ensemble des options, et ensuite nous prendrons une décision qui sera assumée, qui sera claire », a déclaré le chef du gouvernement Edouard Philippe sur France Inter. Le gouvernement s’est engagé ce jeudi à trancher enfin l’épineux dossier de l’aéroport nantais, emblématique pour les écologistes, auquel est opposé le nouveau ministre en charge de l’environnement Nicolas Hulot. 

Le projet prévoit le transfert de l’aéroport de Nantes Atlantique, au sud de l’agglomération, vers Notre-Dame-des-Landes, à 20 km au nord de la ville. Les partisans d’une nouvelle infrastructure estiment qu’elle est nécessaire au développement économique de la région, quand les opposants avancent qu’une modernisation de l’aéroport actuel pourrait absorber la prévisible augmentation du trafic, dont l’ampleur fait débat. Une réduction des nuisances sonores à Nantes est aussi mise en avant par les  « pro NDDL », les « anti » pointant la volonté de libérer de l’espace pour des projets d’aménagement urbain. Localement, le projet divise la population même si de nombreux élus le défendent, dont Bernard Retailleau, le président (LR) de la région Pays-de-laLoire. Le référendum départemental organisé le 26 juin 2016 a récolté 55% de oui. Mais la consultation portait seulement sur  « êtes-vous  pour ou contre Notre -Dame-des-Landes” et n’évoquait pas un agrandissement de l’actuel aéroport. De nombreuses autres études, et même une « commission du dialogue » organisée début 2013, ont échoué ces dernières années à faire naître un consensus. L’ex-ministre de l’Environnement, Ségolène Royal, était défavorable au projet et s’était opposée à Manuel Valls à ce sujet.

« Aujourd’hui, on ne lancerait pas tel un projet »

Emmanuel Macron

La  position du gouvernement annoncée dès le lendemain de l’arrivée de Nicolas Hulot à  son ministère reprend l’engagement pendant sa campagne du  président de la République  lors d’un entretien avec le WWF. Emmanuel Macron avait souhaité « une dernière fois, regarder les choses en termes économiques, environnementaux, d’empreinte carbone, de capacité à développer » et   déclaré vouloir nommer un médiateur dans les six mois suivant son élection. Il s’était alors montré ouvert à l’étude de la modernisation de l’actuel aéroport de Nantes. « Aujourd’hui, on ne lancerait pas un projet du type de Notre-Dame-des-Landes », avait-il constaté. Le candidat avait toutefois refusé “d’écarter” le résultat de la consultation publique de juin dernier, qui a débouché sur un avis favorable au projet mais dont le périmètre (la Loire Atlantique) a été contesté par les opposants. Il avait aussi exclu un recours à la force pour évacuer les plusieurs centaines d’occupants de la ZAD (zone à défendre), qui refusent de quitter le site:  « Je ne veux pas d’évacuation (…) il n’y aura pas de brutalité ». Les opposants à ce projet datant du début des années 70 n’ont jamais désarmé et une partie d’entre eux  agriculteurs et militants anticapitalistes  sont installés sur place.

Le sort du projet serait-il scellé ?

Nicolas Hulot

Si un médiateur  remet à plat les enjeux au regard des dernières données économiques (prévisions de trafic, coûts, empreinte carbone, etc.), le sort du projet pourrait déjà être scellé, compte tenu de l’opposition de Nicolas Hulot, le nouveau ministre de la Transition écologique, qui compte aussi les transports dans son périmètre d’action. « Vous n’imaginez pas une seconde qu’avec Nicolas Hulot entré au gouvernement, Notre-Dame-des-Landes puisse se faire », a fait remarquer jeudi matin Pascal Canfin, directeur du WWF France et ancien ministre du Développement. Hulot, ex-envoyé spécial pour la planète de François Hollande, avait reconnu en janvier 2016 s’être trouvé « en porte à faux » avec le président socialiste à ce sujet : « Ce n’était vraiment pas un bon signal à donner en amont de la conférence de Paris sur le climat », avait-il dit. « Il va falloir se développer dans le domaine de l’efficacité énergétique, des énergies renouvelables, de la mobilité et des transports et se désinvestir de tout ce qui encourage l’utilisation des énergies fossiles, tout ce qui consomme des terres nourricières”, expliquait-il.

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  1. C’était une consultation et non un référendum donc son résultat n’impliquait pas que le gouvernement applique le résultat de la consultation à la différence du résultat d’un référendum comme par exemple en 2005 sur Maastricht où, plus de 50% des votants s’étaient exprimés contre le traité et donc le gouvernement avait* dû respecter le choix du peuple et indiquer au Conseil de l’Europe le refus de signer ce traité ce qui nous a évité d’entrer dans une phase de catastrophes économiques, politiques et humaines …
    * avait dû .. (c’est de l’ironie) pour aurait dû.

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