Chaumont-sur-Loire : les fleurs ont pris le pouvoir face à la dureté du monde

Le Festival International des Jardins de Chaumont-sur-Loire fait la part belle aux fleurs. Ambigües, thérapeutiques, parfumées, mystérieuses, ensorceleuses, éphémères, elles se posent là, luttant contre l’image de dureté d’un monde en mouvement, insaisissable. Commissaire de l’exposition, Chantal Colleu-Dumond offre aux visiteurs qui oseront Chaumont des images et des impressions fortes, mêlant la passion du jardin, l’art contemporain et le patrimoine avec une créativité sans cesse renouvelée.

Monochrome blanc. (Italie).

Si, selon le poète mystique allemand du XVIIe siècle Angelus Silesius, « la rose est sans pourquoi ; elle fleurit parce qu’elle fleurit. N’a souci d’elle-même, ne cherche pas si on la voit », il n’en est pas de même pour Chantal Colleu-Dumond et toute l’équipe du Festival international du Domaine de Chaumont-sur-Loire. À commencer par les dix jardiniers permanents, renforcés l’été par dix supplémentaires, sous la conduite de Daniel Driancourt, chef jardinier de l’ensemble du Domaine. Ils sont les véritables metteurs en scène des idées germées dans l’esprit des 25 créateurs retenus (sur environ 300 candidatures venues du monde entier) et des quatre ou cinq « cartes vertes » attribuées par Chantal Colleu-Dumond, intraitable sur la qualité.

“On ne voit jamais deux fois le même jardin”

L’Agora (France).

On compare désormais les jardins de Chaumont-sur-Loire au festival de Cannes pour le cinéma : un lieu mondialement connu, admiré, envié et s’il est un jour copié, pas prêt d’être égalé. L’endroit est rare : la vue sur Loire depuis le château, au nord, est à peu près la même que celle vue par Catherine de Médicis elle-même quand elle y séjournait au milieu de ce XVIe siècle si violent, si sanglant à bien des égards.
Power flower, le pouvoir des fleurs : « certains jardins évoquent les années 70, d’autres l’univers du conte, d’autres enfin des situations inattendues », justifie Chantal Colleu-Dumond alors que nous approchons du premier jardin, « De l’autre côté du miroir », qui, grâce à la réflexion de ces derniets, démultiplie le champ de vision et capte d’entrée le visiteur, car rien ne laisse entrevoir la scénographie de l’extérieur… « On ne voit jamais deux fois le même jardin », poursuit-elle, « vous pouvez passer plusieurs fois en une même journée, en fonction de la lumière, vous ne verrez pas la même chose, de même si vous revenez plusieurs fois naturellement ».

Une Promenade des iris bleus

L’année dernière, 240.000 visiteurs sont venus déambuler dans le Festival des jardins, 160.000 dans le château, où le mobilier et les expositions d’art contemporain offrent aussi de belles rencontres et surprises. « Un large public de connaisseurs vient ici, et des néophytes. Les chasseurs de tendances viennent aussi à Chaumont, des nez de parfumeurs, des designers, des paysagistes, des amoureux du jardin aussi, tout simplement », ajoute notre hôte du jour.

Le Pouvoir des sorcières, La Fleur du mal, Les Coulisses de l’attraction, Tête-à-tête, À la recherche du lupin blanc, L’Homme qui aimait les fleurs, Les Belles aux bois dormantes… 21 jardins sélectionnés par les 17 membres du jury sous la conduite de la présidente de l’année, la réalisatrice et auteur Coline Serreau.  Sans oublier les 4 « cartes vertes » sélectionnées par Chantal Colleu-Dumond (équivalent des « cartes blanches »), et les nouveautés dans les prés du Goualoup : une Promenade des iris bleus (12 variétés différentes !), la création d’une nouvelle clématite par Arnaud Travers, etc. Et toujours le jardin anglais aux dominantes bleues, roses et blanches ; le jardin permanent du créateur chinois Che Bing Chiu : Ermitage sur Loire. Le spectacle est partout et permanent. On vous aura prévenu : les fleurs ont pris le pouvoir…

F.Sabourin.

 Domaine de Chaumont-sur-Loire, Festival International des Jardins, jusqu’au 5 novembre : 41150 Chaumont-sur-Loire. 02.54.20.99.22. contact@domaine-chaumont.fr ; www.domaine-chaumont.fr

À venir : les nocturnes pendant tout l’été (illuminations jusqu’à minuit). La Journée Germaine de Staël à Chaumont-sur-Loire, le 15 juillet, en présence de Coline Serreau, président du jury du Festival des Jardins.

 

 

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