À Blois, Christiane Taubira plaide pour le candidat Denys Robiliard

L’ex ministre garde des sceaux Christiane Taubira était à Blois lundi 29 mai après-midi pour une visite dans deux écoles élémentaires, à la rencontre des parents d’élèves et d’enseignants. Elle a ensuite tenue une réunion publique en soutien au député sortant Denys Robiliard (PS) dans une première circonscription de Loir-et-Cher âprement convoitée.

Denys Robiliard et Christiane Taubira.

Montrer qu’on n’a pas peur. Serrer les rangs. Tenter de sauver ce qui peut encore l’être. C’est probablement le sens à donner à la visite de Christiane Taubira en soutien au député sortant et candidat Denys Robiliard, lundi 29 mai dans l’après-midi et en début de soirée pour une réunion publique, devant un peu moins de 300 personnes espace Jorge-Semprun, dans les quartiers nord de Blois.

L’ex ministre de la Justice et garde des sceaux, emblématique femme de gauche, venait en soutien de l’assidu député PS de la 1ère circonscription de Loir-et-Cher (de Blois jusqu’en Vallée du Cher). Ancré lui aussi à gauche, le rapporteur d’une loi sur la santé mentale est aussi un homme « botté » pour arpenter le terrain – boueux – de sa circonscription, comme récemment lors du festival de musiques du monde Mix’Terre qui n’a jamais aussi bien porté son nom. À l’école Jules-Ferry puis au centre Mirabeau, Christiane Taubira, « qui s’intéresse à tous les sujets » dira en aparté le candidat Robiliard, a rencontré des parents d’élèves et des enseignants, pour évoquer notamment le dispositif « plus de maîtres que de classes » et entendre leurs inquiétudes concernant l’éducation prioritaire. « C’est important de venir sur le terrain », a-t-elle déclaré à l’issue de ces rencontres, et d’une déambulation dans le quartier Kennedy, « il faut des parlementaires qui aillent sur le terrain, pour mieux le défendre ensuite lors des débats des lois au Parlement ». « Elle s’est exprimé de façon très naturelle », a avoué l’avocat député Robiliard, le teint hâlé par des heures de ratissage des marchés de la circonscription.

“Devons-nous donner la totalité des pouvoirs au Président ?”

Christiane Taubira.

Il n’est pas le seul, à ratisser les marchés : la concurrence est rude dans cette 1ère circonscription de Loir-et-Cher, où le candidat venu de la circonscription voisine Marc Fesneau (maire MoDem de Marchenoir, majorité présidentielle) aimerait bien donner une majorité au tout frais Président Macron. Une première circonscription où rode le Front national (Michel Chassier) qui lui aussi aimerait bien concrétiser les bons scores de la Présidentielle. Sans oublier l’autre parachutée qui vient de plus loin, Rama Yade et sa France qui ose, déjà peut-être dans le coup d’après (municipales à Blois, 2020). Kenza Belliard complète, pour la France insoumise, un tableau loin d’être peint d’avance pour le député socialiste sortant, encore un peu groggy par le score de Benoît Hamon. « La défaite la plus lourde depuis Épinay » avouera même le président d’Agglopolys Christophe Degruelle.

De quoi est-elle annonciatrice ? « Aujourd’hui, Emmanuel Macron veut une majorité pour lui tout seul. Son parti est un parti pour un seul homme, et un projet individuel, avec un parti construit autour de lui. Devons-nous donner la totalité des pouvoirs au président par ce vote ? » interroge Denys Robiliard, faisant l’impasse au passage sur 2012, année faste où le PS avait lui aussi les pleins pouvoirs, plus le Sénat, de nombreuses municipalités, des Conseils départementaux et la quasi-totalité des Régions… Mais ça, c’était hier, quand la ministre qui portait devant les députés de l’Assemblée nationale la loi sur le mariage pour tous s’appelait… Christiane Taubira.

F.Sabourin.

Discours introductifs : plus c’est long, plus c’est ?

Les Blésois militants socialistes, sympathisants ou simples curieux étaient venus pour écouter Christiane Taubira : ils ne l’auront pas entendue longtemps, tant l’introduction fut longue par le maire de Blois Marc Gricourt, le président d’Agglopolys Christophe Degruelle, une enseignante et responsable associative (Christelle Leclerc) et Denys Robiliard. Ils ont fait durer le plaisir dans des discours très  “politique du XXe siècle”. Ça a tapé dur – c’est de bonne guerre – sur les autres candidats aux législatives des 11 et 18 juin prochains, et même sur le Président fraîchement élu. « Et il y a les trois candidats de droite », dira le maire de Blois Marc Gricourt. « Le candidat LR-UDI, bien implanté et connu dans la Vallée du Cher où il est élu local. Mais au-delà… ». Puis ce fut au tour de Rama Yade d’être habillée pour l’hiver : « Je l’ai reçue à l’hôtel de ville, à sa demande, pendant une heure. Un entretien cordial, respectueux. Je l’accepterai volontiers sur ma liste en 2020… ». Enfin, Marc Fesneau candidat de la majorité présidentielle (La République en marche) a eu droit à un « parachuté d’une autre circonscription. Respectable, brillant et travailleur, c’est malgré tout le candidat de la droite. Il a toujours été dans les alliances avec la droite, je n’oublie pas, en tant que vice-président de la Région, qu’il s’est engagé sur la liste de Guillaume Peltier, la droite dure, pour les régionales de 2015, en 3e position. Sur son affiche, il est photographié avec Emmanuel Macron : est-ce son suppléant ? Ou aimerait-il qu’il le soit ? » a-t-il ironisé, dans un style légèrement cassant bien connu, vieilles ficelles de gauche comme de droite. Celles-là même que les électeurs français ont décidé de ne pas qualifier pour le second tour de la Présidentielle. Mais il faut parfois du temps et de la répétition pour que la pédagogie soit comprise et intégrée…






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