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Onzain, festival des Douves : Laurent Wagschal joue Beethoven

Il participe à une vaste entreprise : l’intégrale des sonates pour piano de Beethoven sur trois saisons, trois concerts par saison avec des interprètes différents. La vingtaine de fidèles (pourquoi si peu ?) qui se sont déplacés ont eu le privilège rare de retrouver Laurent Wagschal  déjà entendu ici dans un autre répertoire, qui proposait quatre sonates puisées dans différentes époques de la création du maître.

Démarche intéressante permettant d’observer l’évolution de l’écriture et d’éviter en 2019 un indigeste dernier programme avec les op 106, 109, 110 et 111… Car s’il est vrai que Beethoven n’a jamais imaginé d’écrire un cycle, les moyens modernes de procéder permettent d’établir une sorte de trait d’union entre la salle de concert et le salon.    

Le piano de ce jour est bien adapté pour l’op.2 n°1 en fa mineur pour clavecin ou piano-forte dédié à Haydn, publié en mars 1796, joué chez le Prince Lichnowski devant le dédicataire. Écrite en quatre mouvements, le premier Allegro très développé, le troisième un menuet de forme classique. Beethoven tenait beaucoup à sa première sonate : en 1823, au cours d’un entretien avec Schindler, il la place en tête d’une série incluant entre autres la Pathétique op.13 ! Les critiques de l’époque sont fort élogieuses, à l’exception de celle de Haydn, encourageante mais plus mesurée.    

La 14e Sonate op.27 n°2 (mars 1802) fut dénommée Clair de lune par le poète Rellstab qui connut Beethoven et écrivit les paroles de nombreux Lieder de Schubert. L’Allgemeine Musikalische Zeitung parle de « fantaisie d’une unité parfaite ». L’auteur aimait modérément sa Sonate. Un jour, il dit à Czerny, son élève : « J’ai écrit moi-même de meilleures choses, ainsi la Sonate en fa dièse op. 78 ».

Transition facilitée par le programme, puisque c’est précisément la 24e Sonate en fa dièse majeur (1809) que Laurent joue maintenant. L’Allegro ma non troppo initial se distingue par son lyrisme, tandis que l’Allegro vivace est un délicieux caprice avec son thème claironnant. Honte à Vincent d’Indy qui jugeait cette sonate « insipide ».

En conclusion d’un récital particulièrement dense, Laurent Wagschal se lance dans l’Op.110, 31e Sonate en la bémol majeur écrite en 1821 et parue sans dédicace après bien des tergiversations… Elle conte à sa manière la fin des souffrances physiques et morales du compositeur. Le second mouvement  est en réalité un Scherzo inspiré par un air populaire de Silésie : « Je suis un bon vivant ». Dans le Finale, Beethoven réussit l’exploit de développer deux thèmes fugués. C’est la fugue qui, redonnant la vie, impose sa conclusion.

Laurent Wagschal est incontestablement un des meilleurs pianistes de sa génération. Le retrouver en concert constitue toujours un bonheur rare. Les absents ont eu grand tort !

Roger Bouchard.

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