Législatives en Loir-et-Cher : la veillée d’armes

Qui gagnera les trois circonscriptions de Loir-et-Cher, si âprement disputées, dans un contexte électoral totalement inédit depuis la victoire d’Emmanuel Macron le 7 mai dernier ? Deux députés sortants – Denys Robiliard (PS), dans la 1ère, et Maurice Leroy (UDI), dans la 3e – risquent d’être valsés par la vague LREM. Dans la 2e circonscription, un jeu de poker voit s’affronter Guillaume Peltier (L.R), Jean-Luc Brault (LREM), et Mathilde Paris (FN). Veillée d’armes à l’aube du premier tour dimanche prochain, 11 juin.

Dans la 1ère circonscription, le député sortant Denys Robiliard (PS) ne fera-t-il qu’un mandat ? Malgré une campagne de terrain très active, de Blois à la Vallée du Cher, il pourrait bien être débordé de tous côtés. D’abord par la vague LREM : Marc Fesneau (MoDem), candidat officiellement investi dans la circonscription, pourrait bénéficier de la manne Macron, bien que la présence de Rama Yade (La France qui Ose) parachutée mais bien connue et identifiée viendra probablement lui rafler quelques voix. Sur la gauche de Denys Robiliard, l’insoumise Kenza Belliard (France insoumise) et Camélia Khabèche (PC) bénéficieront peut-être du bon score de J-L Mélenchon lors de la Présidentielle (17,1 %). Michel Chassier (conseiller municipal et régional), éternel candidat FN, viendra peut-être arbitrer le scrutin, fort des 21,69 % de suffrages pour Marine Le Pen au premier tour, et 34,09 % au second tour. Reste l’inconnu de la droite locale : Damien Hénault (L.R) assisté de Franck Prêtre son suppléant pourront-ils s’appuyer sur le score de François Fillon le 23 avril dernier (20,52 %) ? Il est clair, en outre, que les 11 candidats dans cette 1ère circonscription ne vont pas arranger la dispersion des voix, la grande inconnue restant le taux de participation attendu comme faible.

En Sologne : la chasse aux voix

Guillaume Peltier.

Dans la 2e circonscription (Romorantin-Sologne), quoiqu’il se passe au soir du second tour des législatives dans la circonscription solognote, il y aura une tête nouvelle. Qui du maire de Neung-sur-Beuvron et conseiller régional L.R Guillaume Peltier, flanqué d’un suppléant de luxe en la personne du député sortant Patrice Martin-Lalande (69 ans, dont 24 passés à l’Assemblée nationale) ; de la jeune Mathilde Paris (32 ans) conseillère municipale à Blois et conseillère régionale FN ou de Jean-Luc Brault (maire de Contres, président de l’intercommunalité Val de Cher-Controis) candidat LREM, ou encore le PS adjoint au maire de Romorantin Didier Guérin, pour filer au Palais Bourbon ? Bien malin qui peut le dire à l’heure actuelle.

Jean-Luc Brault, (LREM).

Guillaume Peltier joue gros, très gros : il a déjà tenté trois fois de se faire élire député (une fois dans la 6e circonscription de la Marne en 2002 ; deux fois dans la 1ère d’Indre-et-Loire en 2007 et 2012). Le terrain est plutôt favorable au FN, les derniers scrutins l’ont monté (Présidentielle : 28,3 % pour Marine Le Pen au 1er tour, 6,19 pour Nicolas Dupont-Aignan. Second tour : Macron 55,91 %, MLP 44,09 %). La France insoumise (15,4 % au 1er tour) avec Yvon Chéry grappillera probablement des voix au maire-adjoint de Jeanny Lorgeoux le socialiste Didier Guérin. Sera-ce suffisant pour faire basculer le scrutin ? Une triangulaire reste possible (Peltier, Paris, Brault) mais là encore, rien n’est sûr… sauf l’incertain.

En Vendômois : “le roi Momo”, emporté par la vague Macron ?

Au meeting de Nicolas Sarkozy à Vendôme, le 8 septembre dernier.

Dans la 3e circonscription (Vendômois, Perche), Maurice Leroy sera-t-il emporté par la vague LREM, et la candidate Marlène Martin (adjointe à la mairie de Villiers-sur-Loir) qui elle aussi surfe sur la vague ? Difficile à croire que « Momo », l’enfant du Poislay, « un village où l’on se Poislay bien » répète-t-il jusqu’à l’usure depuis 1997… année de sa première élection au Palais-Bourbon. Depuis le temps qu’il laboure le terrain dans tous les sens, de thés dansant en assemblées générales associatives et visites d’amicales de collectionneurs de trombones à coulisses, on a du mal à l’imaginer perdant, d’autant plus qu’il a déjà choisi de laisser son fauteuil de président du Conseil départemental à Nicolas Perruchot. Mais là aussi il y a du monde au portillon. Jean-Yves Narquin, maire de Villedieu-le-Château, pas des plus présents sur la circonscription, espère bien lui aussi « surfer » sur la vague bleue Marine (25,38 % au 1er tour de la Présidentielle, en tête). Trois candidats de gauche se disputent aussi la circonscription au nom de la gauche, dont Patrick Callu (PC), Cécile Rivière (France insoumise) et le candidat écologiste Christian Guellier (EELV).

F.Sabourin.

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