Loir-et-Cher, les électeurs ont chanté : O sole mio

Forte abstention aussi en Loir-et-Cher pour le premier tour des législatives : 115.022 électeurs (46,89 %) ont préféré un beau dimanche au soleil à  l’ombre rafraîchissante des bureaux de vote. Résultat : difficile de lire clairement si les choix effectués le sont par réelle conviction. Dans la 1ère circonscription, cette abstention a probablement favorisé la qualification pour le second tour du candidat FN Michel Chassier. Dans les deux autres, un candidat LREM (Emmanuel Macron) sera opposé à un candidat de la droite et du centre.

Les Loir-et-Chériens ont préféré l’été de la saint Barnabé dimanche 11 juin. Même si la baignade de Mont-Près-Chambord n’était pas encore ouverte (elle le sera le 17 juin !)…

Les électeurs Loir-et-Chériens en ont marre de voter. Comment leur en vouloir, depuis le 21 novembre dernier – et, dans le discours, depuis plus d’un an – ils sont appelés aux urnes afin d’y glisser un bulletin de vote. « L’éternité c’est très long… surtout vers la fin », ironisait Woody Allen. L’élection Présidentielle, castratrice mère gloutonne de toutes les attentions, désirs et enjeux, a tout raflé sur son passage, et l’élection des députés, intervenant en queue de comète semble aujourd’hui considéré de moindre importance par les électeurs.

“l’à-quoi-bonnisme” devient-elle une valeur sûre ?

D’ordinaire, le Loir-et-Cher est plutôt un département civique : on y vote généralement un peu plus que la moyenne nationale. C’était encore le cas ce dimanche 11 juin puisqu’avec 53,11 % de votants, le département fait mieux que le résultat à l’échelle nationale : 51,29 %. Mais cela reste moins élevé qu’en 2012 où 60,97 % d’électeurs s’étaient déplacés ; 2007 avec 63,5 % ; et 2002 avec 66,74 %. Autres temps, autres mœurs, incomparables scrutins, où les candidats n’étaient pas les mêmes, la génération différente, et le contexte, surtout, différent aussi.

Ceci étant dit, les députés sortants – dont deux se représentaient (Robiliard, Leroy) et le troisième était suppléant (Martin-Lalande) – ont quand même du souci à se faire : les électeurs boudent leurs fonctions, doutent de leur efficacité, et veulent du changement avec de nouvelles têtes sur l’air du « on verra bien ». Patrice Martin-Lalande (député L.R. sortant de la 2e circonscription et suppléant du candidat Guillaume Peltier), Maurice Leroy (UDI, sortant et candidat dans la 3e) et Denys Robiliard (PS, sortant sorti de la 1ère) doivent s’interroger sur le signal envoyé par les électeurs ou plutôt par les non-électeurs, tentés par « l’a-quoi-bonnisme » qui s’installe comme une valeur sûre dans le paysage électoral loir-et-chérien.

Les jeunes s’abstiennent

Les candidats de La République en Marche du Président Emmanuel Macron ne sont pas mieux lotis, ne pouvant pas vraiment se targuer d’un vote d’adhésion sur leur personne, mais plutôt d’un beau surf sur une vague qualifiée de « macroniste » suite à l’effet de souffle présidentiel. Rarement une majorité sous la Ve République aura été si mal assise. De quoi tomber de sa chaise.

Le plus inquiétant, sans doute, demeure le très faible taux de participation des jeunes : 64 % des 18-34 ans ne se sont pas rendus aux urnes dimanche 11 juin. Même si LREM a séduit, au niveau national, une majorité d’électeurs de 18 à 70 ans, c’est parmi les 35-49 ans qu’elle obtient son plus mauvais score : 29 %. La France insoumise capte 18 % des 18-24 ans et 21 % des 25-34 ans (au niveau national).

Emmanuel Macron et son gouvernement vont donc probablement bénéficier, nationalement, d’une confortable majorité, reste qu’en Loir-et-Cher le match va être serré, voire très serré comme dans la 2e circonscription, où J-L Brault de LREM affrontera dimanche prochain le L.R Guillaume Peltier : on sait que pour le cœur, il n’est pas bon de boire des cafés trop forts…

F.Sabourin.






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