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Blois : l’archéologie préventive, le croche-pied du projet Saint-Vincent

Malgré le rachat, à l’automne dernier, du collège Saint-Charles voué à la destruction pour la construction du parking du futur centre-commercial de centre-ville, puis le dépôt du permis de construire en décembre, de nouvelles péripéties viennent entraver le déroulé du projet, vieux serpent de mer blésois. L’horizon 2020 pour l’ouverture semble s’éloigner. Ce qui escagasse le maire de Blois.

L’actuel chevet Saint-Vincent, et le collège Saint-Charles, à Blois.

Pas sûr que Marc Gricourt aille ce week-end fêter les « JNA », journées nationales de l’archéologie… Malgré toutes les précautions prises dans le montage du projet Saint-Vincent (nommé désormais Carré Saint-Vincent), le projet de zone commerciale de centre-ville, projet phare du maire de Blois, a de nouveau du plomb dans l’aile, et cela à cause de l’archéologie.

Selon nos confrères de la Nouvelle République, le maire de Blois hausserait même le ton, agacé par les services de l’État qui « lancent une alerte sur la constructibilité du site Saint-Charles ». Sur ce site, actuellement, un collège privé de 250 élèves, racheté à l’enseignement catholique diocésain pour la modique somme de 2,3 M€, en septembre dernier. Il doit être détruit pour y installer le parking du futur centre commercial de centre-ville. « Or aujourd’hui, nous apprenons que Saint-Charles recélerait des vestiges intéressants sur le plan archéologique », explique Marc Gricourt dans la NR, « À un moment, c’est bon ! » ajoute-t-il visiblement furieux qu’on lui mette encore des bâtons dans les guibolles, allant même jusqu’à évoquer un « dysfonctionnement des services de l’État ». Par ces « services de l’État », il faut entendre l’ABF (Architecte des Bâtiments de France) et la DRAC (Direction régionale des affaires culturelles). Le maire de Blois, est pourtant en pourparlers depuis le début du projet avec eux, tout en craignant comme la peste qu’il ne soit finalement retoqué. Il a également demandé au préfet de lancer une « mission afin d’éviter de passer devant la commission des sites pour gagner du temps ».

Maudits vestiges du passé, qui ne veulent pas passer…

Entre le chevet de l’église et l’orangerie, la rue du Pont-du-Gast avec, dans la ligne de mire, le château royal de Blois et l’aile François Ier

Or – et ça n’étonnera personne – sous le collège Saint-Charles et à proximité, des « vestiges médiévaux : chapiteaux, colonnes, cours, situés derrière la maison dite du gardien du Jeu de paume, bordant la rue du Pont du Gast », indique sur son mur Facebook l’architecte d’intérieur et urbaniste Nicolas Viault, (co-président de l’association Blois – Patrimoine – Paysage – Environnement – Cadre de vie). La proximité du site avec l’ancienne terrasse du Jeu de paume n’arrange pas les choses : va-t-on construire un parking sur les vestiges de cette salle de jeu royale, à 100 mètres des loges Renaissance du château de Blois ? Si la construction de ce parking s’avérait impossible à cet endroit-là, il faudrait le déplacer de l’autre côté du site, à l’emplacement de l’actuel parking Monsabré – bordé de platanes – et près de la Poste (vouée elle aussi à disparaître). Une modification du permis de construire, des surcoûts en perspectives, et surtout du temps perdu.

 

 

 

Et du temps, Marc Gricourt ne souhaite plus en perdre, persuadé du bien fondé de ce futur centre commercial sur lequel il mise beaucoup pour la « redynamisation du centre-ville », et dont il promet l’ouverture « à l’horizon 2020 », année d’élections… municipales. Et cela malgré les vents contraires, et les avertissements de toutes sortes. Lors d’un récent colloque sur le commerce des centres-villes à la CCI de Loir-et-Cher, Pascal Madry, directeur de l’Institut pour la ville et le commerce a prévenu : « sur 80 centres commerciaux de centres-villes qui ont ouverts depuis une quinzaine d’années, seuls deux fonctionnent. Tous les autres sont des plantages ».

Saisir le futur député

Des arguments que le maire de Blois dit « entendre ». Mais de quelle oreille ? Sur son propre Facebook, le premier magistrat blésois indique dans une diatribe dont il a le talent (lire ci-dessous) qu’il saisira le futur député sorti des urnes dimanche prochain 18 juin. Lui enverra-t-il une lettre ? En mai dernier, dans une folie scripturaire passagère, Marc Gricourt avait écrit au nouveau Président de la République, puis, le lendemain, au président de la SNCF Guillaume Pépy. Magcentre a demandé à son cabinet s’il avait eu des réponses. Pour l’heure, nos demandes sont restées lettres mortes… L’appel du 18 juin au futur député (probablement le MoDem-LREM Marc Fesneau) trouvera-t-il une oreille attentive, pour porter les doléances de l’élu local jusqu’à Paris ? Un cierge à l’église Saint-Vincent ne serait peut-être pas de trop…

F.Sabourin.

 Verbatim Marc Gricourt :

« Le Président Macron veut redonner à notre pays le chemin du développement, de l’initiative, donc de l’activité et de l’emploi… je ne peux que partager cela. Mais force est de constater que dans notre pays beaucoup trop de freins administratifs remettent en question tout cela. 5 ans de travail partagé pour découvrir que l’on nous interdirait de construire sur le site Saint-Charles ! Toutes les précautions ont été prises par La ville et La SEM d’aménagement. Comme quoi dans ce domaine des réformes sont nécessaires pour cesser de donner à certains services les pleins pouvoirs de décision. Les prescripteurs ne sont en outre pas les payeurs. De qui se moque-t-on? Du contribuable blésois ! Très prochainement je saisirai le futur Député de ce sujet pour son soutien sur un projet essentiel à la dynamique et l’attractivité de notre agglomération ».

 

Commentaires

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  1. François réveille toi!
    Le Maire de Blois accepte mal que des fouilles archéologiques soient entreprises au pied de ton château!
    Curieux non cette absence d’à propos au cœur d’une cité royale où des vestiges risquent de disparaître enfouis à tout jamais ….derrière un parking de centre commercial
    Le rôle du maire de Blois : protéger un patrimoine , le restaurer, le mettre en valeur … pour assurer au mieux la transmission aux générations futures …bref c’est ce qu’on peut attendre nous les citoyens civilisés de Blois .
    Donnons nous le temps de réfléchir .

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