Orléans : chaud conseil municipal

Validation des comptes 2016 ; muséum d’Orléans pour la biodiversité et l’environnement ; restauration scolaire ; vidéo-verbalisation et indemnités du maire ont animé les débats de ce conseil municipal post-élections législatives, par 35° dehors, mais plus frais dedans (climatisation oblige).

Le projet MOBE, scénographie intérieure.

Traditionnellement à cette période de l’année, le compte administratif de l’année précédente est soumis à l’approbation du conseil municipal. 212 M€ de dépenses tous budgets confondus, dont 195,5 M€ consacrés aux projets et actions de la mairie d’Orléans (150,9 M€ de fonctionnement et 44,6 M€ d’investissements). Les “camemberts” ci-dessous permet de voir le détail. La dette par habitant est de 923 €, la capacité de désendettement est de 3,6 ans. Comparée aux villes de même strate, Orléans reste une ville « peu endettée » précise le rapporteur du budget Michel Martin. Un équilibre toujours difficile à assurer, au regard de la baisse continue des dotations de fonctionnement et participations de l’État : -12,7 % soit -4,9 M€. L’apport de recettes nouvelles, comme l’extension du stationnement payant rapporte 1,5 M€, permet de compenser cette baisse mais trop faiblement.

Les réactions à cette présentation sont venues notamment de Michel Ricoud, saluant « la bonne gestion », tout en faisant remarquer « que 10.000 familles vivent encore en dessous du seuil de pauvreté à Orléans ». Corine Leveuleu-Teixeira (PS) a pointé la diminution, depuis un an, du budget du CCAS (-1 M€) : « or on constate que l’activité baisse : moins de familles accueillies, baisse des dossiers de RSA, baisse du portage des repas, etc. » Florent Montillot, avec sa faconde habituelle,  s’est élevé contre cette « antienne, de conseils municipaux en conseils municipaux, c’est toujours le même refrain : le social c’est le CCAS, le reste, circulez, il n’y a rien à voir. C’est une vision très étriquée du social, or il faut avoir une vision globale : sur l’emploi, sur les investissements, sur l’éducation des enfants ! ».

Le conseil au fil de l’eau :

Le projet de MOBE façade extérieure.

Un petit tour de MOBE ? Choisie parmi 80 candidats, l’Agence d’architectes Joly et Loiret est chargée de l’architecture et la scénographie du futur MOBE, Musée d’Orléans pour la biodiversité et l’environnement. Une façade ouverte sur la ville, une sorte de « double peau climatique » (cf infographie ci-contre) est le parti architectural proposé. Côté calendrier, les études architecturales et muséographique se font jusqu’à  fin 2017. Au cours de l’été 2018 commenceront les travaux, pour une réouverture du muséum à l’automne 2019.

Une nouvelle délégation de service public pour la restauration scolaire. Plusieurs partenariats avec des acteurs locaux ont été menés par la Ville d’Orléans dans une logique d’optimisation de la restauration collective. C’est même une première en France : Orléans et le Département du Loiret s’accordent via une convention de coopération pour la satisfaction de leurs besoins communs dans la production de repas en liaison froide, assurée par la cuisine centrale de la Ville. Amélioration de la qualité, circuit de proximité, structuration des filières agricoles locales, mutualisation des services, optimisation des coûts et prise en compte du développement durable sont les objectifs principaux mis en avant. Depuis décembre dernier, une consultation pour la restauration scolaire s’est déroulée et le délégataire de service public retenu est la société SOGERES. À partir du 1er septembre, elle aura la charge de produire 20.000 repas par jour soit 3 millions de repas par an.

Mise en place de la vidéo-verbalisation. Il s’agirait d’un nouveau moyen d’action venant en complément des actions de terrains, en matière de lutte contre les rodéos urbains et mariages exubérants. Depuis le début de l’année, 25 véhicules ont été confisqués dont certains détruits. La video-verbalisation pourra permettre à un policier du CSO (centre de sécurité orléanais) de pouvoir constater à distance un délit routier, via une des 218 caméras de vidéo-surveillance. 25 infractions vidéo-verbalisables ont été définies. À la suite d’une constatation – par un agent de police – sera rédigé un procès verbal électronique, envoyé à Rennes (centre national) qui l’envoie ensuite au propriétaire de la carte grise. On est au milieu du gué au niveau de la procédure. La CNIL sera ensuite avisée de celle-ci.  « Il s’agit clairement de taper au portefeuille », a expliqué Olivier Geffroy adjoint en charge de la sécurité. Face aux débats et doutes de l’opposition sur l’efficacité, l’élu de la majorité poursuit : « Je ne vois pas pourquoi nous nous priverions d’un moyen supplémentaire au travail de terrain de la police pour contrer ce phénomène qui empoisonne la vie des riverains, un sujet du quotidien des Orléanais ».  

Les indemnités du maire : sur ce sujet, pour lequel l’opposition ne remet pas en cause les responsabilités et la charge qui est celle d’un maire d’une ville comme Orléans, les discussions ont tournées autour de « l’opportunité de prendre une telle décision maintenant, à l’heure d’une grande défiance de nos concitoyens envers les politiques. La politique ne doit pas être un métier », comme a déclaré Corinne Leveleux-Teixeira (PS), avant également d’ajouter : « mais alors je ne sais pas ce que c’est : un sacerdoce ? Une vocation ? ». Le matin même Olivier Carré avait invité les journalistes à une conférence de presse sur le sujet (lire ici). Écrêté lorsqu’il était encore député-maire, l’indemnité d’Olivier Carré serait tombée à seulement 958 € sans ce réajustement (5.599,80 € bruts, en attendant la rallonge jeudi prochain de la présidence d’Orléans-Métropole). Il eut été regrettable en effet qu’il rejoigne l’une des 10.000 familles orléanaises en dessous du seuil de pauvreté citées par Michel Ricoud un peu plus haut…

F.Sabourin.

Commentaires

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  1. Un mandat est une “fonction”. Ce n’est pas un métier qui suppose une activité à vie et pour s’enrichir le plus possible (le principe du travail). Un élu ne perçoit en principe que ce qui est nécessaire pour garantir son statut, sa probité, son indépendance. Il est normal qu’un l’air de grande ville soit indemnisé confortablement. Mais les sommes dont on parle, plus de 10000 euros nets cela fait beaucoup. Il faudrait justifier cette somme sachant qu’il se s’agit que d’une indemnité et non pas d’un salaire donc pas de comparaison possible. Un élu est la pour servir, ce qui induit nécessairement une réflexion sur la notion d’enrichissement.

  2. En voyant le projet de façade du Mobe, je me dis que l’on va reproduire l’erreur de la Médiathèque d’Orléans ou de la Bibliothèque François Mitterrand. Trop de lumière, façade compliquée à nettoyer, d’où des coûts de fonctionnement énormes.

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