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Château de Gien: la chasse et Giscard au musée

Giscard d’Estaing au “château”, le nom familier donné à l’Elysée, c’était il y a 36 ans. VGE au château de Gien c’était samedi pour l’inauguration du musée revisité, inauguré par l’ancien Président de la République. Un château rénové et ouvert depuis le 22 avril après quatre ans de travaux et neuf millions d’euros dont huit de gros oeuvre et un pour la scénographie.

Dans la salle des trophées avec le maire de Gien Christian Bouleau.

Grand  chasseur devant l’éternel, VGE du haut de ses 91 ans a pris un plaisir affiché à parcourir les salles du château-musée cornaqué par la conservatrice, Françoise Reginster. Costume gris, mocassins, cravate bleue et jaune, l’ancien Président de la République, un peu voûté, mais toujours mince, n’a rien perdu de sa verve et de son humour, il a même captivé son auditoire dans un discours deux fois plus long que prévu, multipliant le anecdotes et les références historiques, notamment sur Anne de Baujeu. Les  invités ont été bluffés par la vivacité d’esprit d’un nonagénaire qui continue d’assouvir sa passion, qu’on lui tant été contestée durant son septennat. 

Dans la salle des trophées avec Jean-Noël Cardoux.

Curieux de tout, Valéry Giscard D’Estaing a été accueilli et entouré d’une “meute”  d’élus et de représentants de l’État au premier rang desquels Hugues Saury, le président du département, la collectivité qui a financé la rénovation d’un château “de la chasse et de la nature en Val de Loire”. Ancré à l’entrée du Val de Loire le château de Gien cible les touristes, en particulier ceux de la région parisienne, et cette campagne de chasse aux visiteurs est déjà un succès puisqu’il a reçu déjà onze mille visiteurs depuis sa réouverture en avril. 

“Il a bien été lavé?”

Sous la conduite de la conservatrice.

“Je trouve Gien et le château superbe quand je regarde les pierres, les fenêtres, les portes”,  a dit VGE admiratif  à l’issue d’une longue visite en s’exprimant dans la cour d’entrée gardée par une magnifique sculpture de cervidé. Entouré notamment des trois parlementaires, Jean-

Noël Cardoux, grand spécialistes des nemrods en tant que président du groupe chasse et pêche au Sénat, Jean-Pierre Sueur déjà en campagne

Confidences avec Jean-Pierre Sueur.

pour septembre et Claude de Ganay, fraîchement réélu député de la circonscription.  Le conseiller départemental du Loiret , Jean-Pierre Gabelle lui a même offert un tee shirt de 1975 floqué “allez Giscard”. Et ce dernier de lui demander malicieusement s’il “a bien été lavé”.! 

Grand fauve de la politique

Judicieusement le sous-préfet de Montargis, Paul Laville, a rappelé que VGE n’avait pas seulement tiré des ours en URSS et en Roumanie du temps de Ceausescu ce qui lui a été beaucoup reproché, mais qu’il avait bien avant participé activement dans sa toute jeunesse à la Libération de Paris et l’offensive en Allemagne où il a été le premier dans la division de de Lattre de Tassigny à entrer dans Constance.

Grand fauve de la politique en son temps, VGE, ne souhaite plus répondre aux questions de la presse notamment sur son lointain successeur Emmanuel Macron à qui on l’a comparé à ses débuts.

La chasse acceptée par les populations

Une assiette de la faïencerie en cadeau.

Au cœur de son discours il a évoqué “la chasse contestée par les écologistes, pas tous, mais la chasse est accepté par la population dès lors qu’elle respecte les dates d’ouvertures”, et a t-il plaidé, “dès lors que l’on assiste à la repopulation de certaine espèces dont le sanglier…“. Pour VGE, il y a “corrélation entre la protection de la vie, la nature et la chasse“. L’ancien Président a aussi regretté ” la disparition de la chasse au perdreau, un animal disparu depuis 1976, “tué par un produit chimique américain“.

Il s’est ensuite attaché à évoquer le “tourisme un enjeu en Val de Loire“, en conseillant aux responsables régionaux de ne pas “trop rechercher les retombées économiques directes mais les retombées d’abord du tourisme culturel”, et il a conclu, “les gens viennent écouter l’histoire, admirer les monuments…Grâce à ce superbe château remarquablement restauré, Gien s’insère dans le somptueux bassin de la Loire“.

Ch.B

Interview

A Chambord le duc d’Edimbourg n’avait rien tué

Que représente la chasse pour vous?

Un discours plein d’anecdotes.

“C’est un sport que j’ai pratiqué toute ma vie et c’est l’occasion presque unique dans les temps modernes de vivre avec la nature. j’ai chassé beaucoup en France, et en Afrique au moins une fois par an. Cela permet de parcourir de grands espaces de chercher des animaux, les trouver, les suivre et ainsi de suite…”

A quoi sert un musée comme celui de Gien?

“Déjà à mettre les collections quelque part car lorsque vous tuez un animal vous gardez son trophée, c’est d’ailleurs un métier (taxidermiste) qui se pratique dans le Loiret, dans le Cher…. Que faire de ces trophées? Beaucoup de gens les gardent chez eux. Cela fait des petites collections. En Amérique c’est très amusant, ils chassent moins mais ils mettent beaucoup plus en valeur les trophées.  Ils les accrochent au mur, ils ouvrent la bouche des animaux. les beaux trophées ont une valeur décorative élevée. des beaux trophées bien symétriques, ce sont des beaux objets.”

Quel a été votre plus beau trophée, votre plus beau souvenir de chasse?

“Deux plus beaux souvenirs. L’un qui date de très loin car je ne chasse plus l’éléphant lorsque j’ai vu que l’espèce était en voie d’extinction.  Avant cela j’avais tiré un très grand éléphant au bout de la République centrafricaine, entre le Zaïre et le Soudan, dans une grande forêt et j’avais trouvé là un gigantesque éléphant.dont j’ai rapporté en France les défenses. L’autre je l’ai beaucoup cherché, c’est un animal courageux qui est le grand Koudou, qui a des cornes très longues Sur celui que j’ai tiré elles faisaient 1,43 mètre de long. je l’ai chassé l’an dernier en Namibie.”

Vous comprenez les controverses sur la chasse d’aujourd’hui?

“C’est tout à fait normal. D’abord il y a des controverses sur tout et l’humanité est devenue querelleuse, alors chaque fois que quelqu’un a une opinion, elle lui est contestée. La chasse  a été très populaire en France. Sous l’ancien régime c’était un privilège de la noblesse qui en usait et abusait. On chassait dans les cultures à cheval et on détruisait les cultures d’une population souvent assez pauvre.. Sous l’ancien régime la chasse était devenue très impopulaire.  Puis il y a eu la nuit du 4 août 1789, l’abolition des privilèges et le privilège le plus important c’était la chasse, dans l’opinion populaire de l’époque alors on a donné le droit de chasse aux propriétaire des terrains…

Faut-il maintenir les chasses présidentielles à Chambord où vous êtes allé souvent?

Je ne parle pas des chasses où je ne vais plus. J’ai succédé au président Pompidou qui aimait la chasse mais l’organisation y était assez moyenne. Alors j’ai voulu que ce soit des chasses sportives, que les animaux soient le plus naturel possible. On avait bien remonté le niveau. j’ai invité à Chambord les têtes couronnées de l’époque celles qui chassaient, pas les non chasseurs, ce qui était une erreur d’ailleurs. On a fait de belles chasses et j’ai beaucoup d’histoires trop longues, mais je me souviens de deux qui sont venus à Chambord, le duc d’Édimbourg, l’époux de la reine Élisabeth et le roi d’Espagne. Le duc d’Édimbourg qui entre nous n’avait rien tué, mais c’était un grand plaisir pour lui, car il n’y a pas de chasse au sanglier en Angleterre. La législation anglaise du XVIe interdit de garder les sangliers,  donc ils n’en tirent jamais,  pour lui ce fut un plaisir pittoresque.

 

 

 

Commentaires

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  1. Il manque à Giscard un trophée : le “Chiracus Goliathus”, qui lui a été fort infidèle.
    Lui-même s’est beaucoup fait tirer dessus par un certain palmipède.
    Et c’est auprès de l’ours soviétique, notamment Léonid Brejnev, qu’il s’est toujours préoccupé d’apprivoiser.
    Quant au tee-shirt de Jean-Pierre Gabelle, il doit plutôt dater de 1974 et de l’enthousiasmante campagne présidentielle menée par Giscard et Michel Poniatowski.

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