Le monde de rugby amateur français avait rendez-vous à Bourges

Pas si loin de Marcoussis, le centre national de rugby,  pas si loin des anciens bureaux de la Chaussée-d’Antin, l’Ovalie était en villégiature estivale en Berry pour son congrès fédéral. Premier grand rassemblement après l’élection de Bernard Laporte à la présidence de la FFR.


Dans le hall du conservatoire de musique de la rue Henri-Sellier, à Bourges, on s’active. « Nous avons plus d’une centaine de bénévoles sur le coup », explique Serge Richard,  le président du comité territorial du Cher tandis qu’affluent les  représentants des clubs pour ce congrès de la Fédération Française de rugby berruyer. Serge Simon est bien là. Une encablure derrière, ou une encablure devant, c’est selon, apparaît Bernard Laporte. Là ou est l’un, l’autre n’est pas loin. Il n’y a bien que lors de l’intervention en milieu scolaire, jeudi matin que la paire vice-président et président aura été dissociée. En plus, là, les ¾ d’heure de retard auront eu raison de la patience des confrères locaux …

Le président du Comité centre Val de loire Prigent avec Bernard Laporte

Pour trois jours, le ban et l’arrière ban du rugby amateur a posé ses valises dans la capitale des Bitturiges.  Annoncé à Bourges dès le printemps de l’année dernière, le congrès a bien failli ne pas venir en Berry. Un coup de gueule de l’ex-patron du rugby de la région Centre-Val de Loire, Patrice Doctrinal, et la promesse faite a fini par être tenue. Faut dire que le coup de gueule est une notion spécifique, en terme de moyen de négociation, dans le sport roi. Une vertu très spécifique même. Dans le monde de l’ovalie, si on se met  des  bourre-pifs, c’est désormais pour perpétuer la légende. Enfin de temps en temps  ça arrive quand même à destination. Comme le disait en son temps l’International, capitaine de l’équipe de France dans les années 70,  Walter Spanguero «  si y avait pas eu mon nez, je le prenais en pleine tronche … » De fait, pour ce début d’été surchauffé, du point de vue météorologique, les six à sept cents  délégués, comptage selon les inscriptions à la soirée Bodéga à la halle aux blés, et non après vérifications des pouvoirs, avaient un programme chargé. Normal pour le premier congrès après élections mais surtout après changement de ligne  « éditoriale ». Pierre Camoux, double président sortant, sorti de son fauteuil, c’est l’ancien ministre des sports, ancien joueur, demi de mêlée et cornac de tortue de béglaise, ancien entraîneur de l’équipe de France, ancien manager du RC Toulon de Mourad Boudjelad, Bernard Laporte, qui est devenu nouveau prés de l’ovalie, du terrain, des règlements, des finances, des biens et des hommes. Le mode de fonctionnement du rugby est aussi démocratique que celui de la Douma de Poutine. ? L’uniformité n’est pas une constante obligatoire mais il vaut mieux s’y tenir…

Réunions, travaux, commissions et excursions

Tout a commencé mercredi en fin d’après-midi par une conférence sur le rugby féminin, l’un des chevaux de bataille de la fédé avec le rugby à effectif plus réduit 7 ou 5, mixte ou pas.  À la suite tout c’est enchaîné. C’est ça un congrès. Le jeudi, on arrive. On est pris en main. On reçoit sa sacoche spéciale Congrès avec, dedans, les infos touristiques, le document avec toutes les statistiques et les graphiques qui vont avec sur les évolutions du nombre de licenciés dans l’une ou l’autre des catégories. On a aussi un stylo et un calepin. Des plans pour aller manger. Important ce plan là puisque c’est celui où on trouve les endroits pour se désaltérer avec modération. Tout au fond, une bouteille de sirop Monin et le « carnet de style » de la maison du Berry. Perso, le parfum tiramisu je ne connaissais pas, et les photos du carnet sont plutôt sympas.

Le vendredi, tous à fond dans les commissions, les universités, la présentation de la candidature de France 23, pour accueillir une deuxième fois pour de vrai la coupe du monde, les assises du rugby féminin, et toutes ces sortes de choses. Le soir, entre présidents, entre dirigeants, on mange un morceau, on boit une bière et on se couche tôt, ou pas, en vue d’un samedi matin très matinal …
7h00-8h30, c’est la vérification des pouvoirs et là, c’est parti pour 4 heures d’assemblée générale. Pour le coup, l’AG a eu lieu au Palais d’Auron plus habitués aux concerts du Printemps de Bourges qu’aux litanies de discours, de bilans et autres officialités. On dresse vite fait un bilan et on s’en retourne dans ses foyers en attendant l’année prochaine, le prochain match au stade de France ou la prochaine réunion fédérale .

Vous me direz, mais que font les compagnons, les compagnes de ces messieurs-dames pendant qu’ils et elles refont le monde selon des critères d’un ballon rebondissant dans un sens et parfois un autre ? Et bien, ils et elles ont pris les navettes et ont visité Sancerre, la cathédrale de Bourges, les marais et tous ce qui est visitable dans le coin.

Quelques décisions concrètes, ou pas

Très concrètement la dernière réunion matinale a permis d’afficher les nouvelles directions que souhaite prendre les dirigeants du rugby amateur français. Une présentation aux clubs d’une la réforme statutaire visant à renforcer la démocratisation de FFR,  validée par le comité directeur du matin. Elle sera soumise au vote des clubs en Assemblée Générale Extraordinaire (8 juillet). Parmi les mesures de la réforme, figurent entres autres : le renforcement de la représentation des femmes au Comité Directeur (au minimum 10 femmes, soit au moins 25%). La mise en œuvre de la réforme territoriale, l’instauration du vote décentralisé électronique pour les Assemblées Générales électives, la limitation des procurations, pour un vote plus démocratique, l’abandon des procurations pour les AG électives, la limitation à une procuration par club pour les autres AG, la limitation à deux mandats maximum pour le président de la FFR, l’introduction de la notion de consultation des clubs sur les grandes décisions stratégiques de la FFR, etc…

Par ailleurs, Alexandre Martinez, le trésorier général de la FFR, a présenté le budget prévisionnel sur les prochaines saisons : « Le budget est un outil au service du projet sur lequel le président Bernard Laporte a été élu. Celui de 2017-18 prévoit une redistribution vers le rugby amateur de près de 8 M€ supplémentaires par rapport à la saison dernière. Sur l’ensemble de la mandature, ce seront au total près 60 M€ reversés au monde amateur. Les aides prévues sont financées par l’augmentation des recettes, grâce notamment à une meilleure captation de la richesse produite par le XV de France ». Le budget 2017-18, validé par l’Assemblée Générale, traduit ainsi l’engagement d’une meilleure redistribution des richesses vers le rugby amateur, à travers des mesures concrètes à hauteur de 8 millions d’aides supplémentaires. Une aide se porte essentiellement sur la réduction du coût des licences (3.7 M€) et l’augmentation de la caisse de blocage pour les divisions fédérales (1.2 M€).

Fabrice Simoes.

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