CCI du Loiret : La qualité de vie au travail, c’est bon pour la santé

La CCI du Loiret, dans le cadre de ses Perf Lab « entreprises en santé », recevait vendredi 23 juin dernier la Québécoise Marie-Claude Pelletier, chef d’entreprise experte en qualité de vie au travail, créatrice du réseau international Global Watch.

Marie-Claude Pelletier.

« C’est comme dans un avion : vous avez remarqué combien il est étonnant qu’on demande toujours aux gens de mettre sur eux même le masque à oxygène en cas de problème puis seulement après aux enfants ou personnes en difficultés. Si vous arrivez à le mettre sur vous, vous pourrez le mettre sur d’autres. Dans une entreprise, c’est la même chose : si un dirigeant est en bonne santé, il sera à même de protéger celle de ses salariés ». Marie-Claude Pelletier aime les discours imagés qui percutent. Son accent québécois l’y aide bien. Cette dirigeante d’entreprise et experte en prévention et qualité de vie au travail a été invitée dans le cadre du Perf Lab, une démarche initiée par la CCI du Loiret pour accompagner un groupe d’entreprises désireuses de déployer une démarche sur la santé et la qualité de vie au travail. 150 cadres et dirigeants avaient répondu présents vendredi 23 juin au siège de la CCI place du Martroi.

Problèmes personnels, problèmes au boulot

« Au Canada, nous constatons que la moitié des arrêts de travail génèrent 70 % des coûts. 17 % de la masse salariale est perdue dans l’absentéisme et 85 % des emplois créés dans le domaine des services, où le présentéisme est pourtant primordial », ajoute-t-elle. Avec sa méthode certifiée norme AFNOR pour la « santé qualité de vie au travail », pas question pour autant que le dirigeant d’entreprise se transforme en thérapeute : « Mais il est tout à fait capable de détecter les signaux de mal être de ses salariés. À partir de là, il s’interroge sur les ressources à mettre à disposition pour eux, afin qu’ils se soignent le mieux possible et soient mieux dans leur peau ; et du coup mieux au travail ». Marie-Claude Pelletier insiste : « la question qu’ils doivent se poser c’est : quelles sont les raisons qui ont poussé mes salariés à prendre des arrêts de travail ? », en constatant qu’un tiers des raisons sont personnelles, un tiers liées à des problèmes de travail, un tiers… des deux conjuguées.

À la laiterie Saint-Denis-de-L’Hôtel (LSDH), 480 salariés sur le site dont les deux tiers à la production, on a bien réfléchi au bien fondé d’une telle démarche. Dégustation de produits alternatifs au sel et au sucre ; création de groupe de sports en dehors du travail ; communication autour du bien manger, dans l’optique de modifier les habitudes de vie liées à l’alimentation et du sport, souvent causes de prise de poids et de maladies chroniques. Chez Orvade (groupe Véolia, incinération des déchets, centre de tri et traitement des déchets à risques infectieux), 70 salariés à Saran, a été mis en place un comité « SMET » (santé, mieux-être au travail) de laquelle est née la démarche « Bien dans ma tête, bien dans mes baskets, bien dans mon entreprise ». Paniers de fruits et légumes frais produits localement à prix négociés ; formation de 4 jours pour tous les managers de proximité sur le thème « manger autrement » ; réparation gratuite de vélos ; création d’un jardin collectif ; atelier d’initiation au yoga…

La France, en avance sur le sujet ?

« Dans les grandes entreprises, c’est plus facile de mettre de tels projets en route que dans les PME-TPE, où en effet le quotidien est plus serré, les obligations de résultats et les réalités opérationnelles plus pressantes. Mais la mise en commun des ressources peut se faire avec le réseau CCI », ajoute cette qui est à la tête d’un réseau international en la matière : Global-watch. L’exemple canadien développé depuis 2008 autour de quatre domaines d’intervention (saines habitudes de vie ; équilibre travail/vie privée ; environnement de travail ; pratiques de management) parviendra-t-il à irradier positivement les salariés et dirigeants français, champions du monde de mal-être au travail, de souffrances chroniques, et de consommation d’anxiolytiques associés aux addictions ? Marie-Claude Pelletier surprend par sa réponse : « En France, vous êtes même avancés grâce notamment à vos obligations règlementaires, en matière d’ergonomie par exemple ». Pour une fois que les « normes » ne seraient finalement pas vues une contrainte…

F.Sabourin.
 

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